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Si l'Académie française n'existait pas, il faudrait l'inventer !

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Paganel, aristautarcique - 980920 lui écrire blog Publié le 18/08/2013 à 10:56 Demander à la modératrice de supprimer ce forum

http://www.academie-francaise.fr/dire-ne-pas-dire
Citation:
Nous avons aujourd’hui l’habitude de voir des écrans partout – sur les téléviseurs, les ordinateurs, les téléphones portables, les instruments de mesure, les livres électroniques, etc. Mais que pouvait bien évoquer ce mot pour les vénérables ancêtres qui ont établi la première édition, à la fin du XVIIe siècle ?

À l’époque, on l’orthographiait « escran » et on le définissait comme une « sorte de meuble dont on se sert l’hiver pour se parer de la chaleur du feu ». Suivaient, en italique, quelques expressions contenant ce mot : « Escran qui est monté sur un pied, & qui se hausse & se baisse. Escran qu’on tient à la main. Prenez un escran pour ne vous pas brusler le visage. Il se mit devant ma chaise pour me servir d’escran. »

C’est seulement dans la troisième édition du Dictionnaire, publiée en 1740, que disparaît de ce mot, comme de beaucoup d’autres, le « s » muet- « escole », « estang », « estoile », « beste » devenant « école », « étang », « étoile », « bête ». Mais la définition de l’écran ne varie guère. On la retrouve quasi identique dans les éditions suivantes. Et si, dans la huitième, achevée en 1935, l’article consacré à ce mot est bien plus détaillé, le vieux sens y demeure prépondérant. Les premiers paragraphes disent :

« ÉCRAN. n. m. Dispositif servant à se protéger contre la chaleur d’un foyer. Il est formé, soit d’une pièce d’étoffe enroulée autour d’une lourde tige, placée sur une cheminée et qui, lorsqu’on la déroule, est maintenue et tendue par une tringle à son extrémité inférieure ; soit d’un châssis de bois tendu d’étoffe et monté sur pieds qu’on place devant une cheminée, un poêle, un radiateur, etc. Il se dit aussi d’une sorte d’éventail que l’on tient à la main pour le même objet. Il désigne encore, en termes d’arts, le cercle de bois recouvert de toile que le verrier place devant son visage quand il travaille au fourneau.

Il se dit aussi d’une toile blanche ou d’un papier tendu sur un châssis dont les dessinateurs et les graveurs se servent pour amortir l’éclat du jour.

C’est seulement dans les dernières lignes que l’on s’approche du sens qui prédomine de nos jours lorsqu’on parle d’écran :

Il se dit, en termes d’optique, de tout tableau sur lequel on fait projeter l’image d’un objet.

Il se dit, spécialement en termes de cinématographie, de la toile blanche sur laquelle on projette les films. »
Paganel, aristautarcique - 980920 lui écrire blog Publié le 18/08/2013 à 11:04 supprimer cette contribution
Citation:
Balzac, Le Cabinet des antiques, 1838. Rastignac regarde le jeune vicomte d’Esgrignon, fraîchement débarqué à Paris, et sur lequel une grande dame semble avoir jeté son dévolu. « Mon cher, dit-il à son ami Marsay, il sera, uist ! sifflé comme un polichinelle par un cocher de fiacre. »

Cette phrase énigmatique nous entraîne dans un dédale de mots extrêmement curieux.

Qu’est-ce qu’un « polichinelle » ? Quelques dictionnaires le signalent : le polichinelle, c’est de l’eau-de-vie. Mais comment et pourquoi ?

L’origine de Polichinelle est bien connue : Polichinelle, c’est la marionnette « Pulcinella », qui en italien veut dire « bec de poulet », à cause de son nez crochu. Ses origines se perdent dans la nuit des temps : c’est le bouffon Maccus, romain et même pré-romain, une figure archaïque, méchante, volontiers obscène. De là, le polichinelle français, bouffon, joyeux, menteur, matamore. Dont le nom se retrouve dans diverses expressions populaires, comme « être un polichinelle », être un pantin, quelqu’un dont on tire les ficelles et qui change tout le temps d’avis. Ou « secret de polichinelle » (un secret que tout le monde connaît) ou encore « avoir un polichinelle dans le tiroir », être enceinte.

En Angleterre, sous les Stuarts, Pulcinella devient « Punchinello », et enfin « Punch », ou « Mister Punch », tantôt jovial et bon enfant, tantôt parfait scélérat qui séduit toutes les femmes, tue la sienne, et s’en prend même au vieil Old Nick, le diable. En 1841, un hebdomadaire satirique en prendra le nom. Car punch, c’est aussi, en anglais, un mot du vocabulaire de la boxe, qui signifie « coup de poing vigoureux ». On y reconnaît l’ancien français ponchon, coup de pique, de pointe ou de poing. D’où l’expression moderne « avoir du punch », en anglais et en français d’aujourd’hui, au sens d’avoir du tonus, une grande capacité réactive… (d’où peut-être « avoir la pêche », par assonance ?)

Et le punch, c’est aussi une boisson, qui ne doit rien à Pulcinella, mais tout au rhum de la Jamaïque mêlé de sucre de canne. Son nom viendrait de l’hindi pendj : « cinq », comme penta en grec, parce qu’il y entre cinq ingrédients : thé, sucre, eau-de-vie, cannelle et citron. Mais comme sa vigueur roborative ne fait aucun doute, on voit bien la confusion qui s’est produite avec punch, au sens de « coup de poing » (bien que le punch boisson se prononce « ponche » – c’est d’ailleurs ainsi que le mot fut longtemps orthographié). Et très probablement avec Mister Punch, la marionnette libidineuse.

Mais revenons à Balzac, et au « polichinelle » que « siffle » le cocher : d’où lui vient ce nom ? Est-ce parce qu’une forte consommation d’eau-de-vie donne au buveur des gestes de pantin ? Est-ce une forme populaire du « punch », boisson à la mode dans les cercles romantiques ? Mais comment et par quel mystère le « polichinelle » du cocher aurait-il retrouvé le pulcinella des origines, devenu en anglais punchinello puis Mister Punch ? Et ayant, dans cette métamorphose, rencontré le punch de la Jamaïque ?

La question est ouverte.
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