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Vegas_sur_Essonne - 2340257
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Contes

Bonne fête mamie




Il avait toujours rêvé d'une bonne grand-mère comme en ont bien des enfants...
une mémé bien souriante et attentionnée
une mamie un peu ratatinée mais douce au toucher
une un peu flétrie mais câline et caressante
une qui borde le lit le soir en racontant des histoires qui finissent bien
une qui chuchote 'à demain' comme une promesse de bonheur éternel
une qui fait des cadeaux même quand c'est pas le jour des cadeaux
une qui défend toujours contre des parents trop sévères
une qui supporte les facéties des petits monstres
une qui sait toute l'histoire de la famille et surement plein d'autres histoires qu'on ne dit pas

Alors, pour célébrer leur fête, il s'en était trouvé une, sans doute un peu trop vieille et un peu trop maigre; pourtant c'est elle qu'il voulait surprendre ce soir et il s'était glissé discrètement dans son lit avant elle.
Quand elle se coucha, il vit son cou blanc, un cou blanc de petite grand-mère et il ne put s'empêcher de hurler "Bonne fête grand-mère" en ouvrant sa large gueule aux crocs luisants et acérés sur des babines ruisselantes de bave...

Mais tout ça, c'était juste avant que ne surgissent le chasseur et le petit chaperon rouge !
Après, il ne se souvenait plus de rien.

Friday, February 27, 2009
11:28 PM

Oeuvre originale
Auteur : Claude

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Contes

Pouce mousse




Pouce regagna sa petite cabine en sifflotant; la journée avait été laborieuse et surtout sans pépins contrairement à l'habitude. C'était un matelot si maladroit, si gauche que beaucoup l'appelaient Babord, et ses maladresses légendaires avaient déjà fait couler beaucoup d'ancres !
Pour la corvée d'amarrage, il était le seul à faire des noeuds qui n'étaient même pas répertoriés dans le manuel d'instruction, et qu'il mettait des heures à dénouer.
Il aimait bien son capitaine qui ne lui rendait pas, peut-être à cause des noeuds, le Pacha comme disaient les autres; lui, l'aurait appelé la Cigogne car c'était un drôle de capitaine au long cou... il l'aimait bien et aurait voulu qu'ils soient plusieurs mais il n'avait jamais vu qu'un seul capitaine sur les bateaux, sans doute parce que ça coûte cher et qu'il n'y a qu'une cabine de capitaine.
Il réfléchissait à tout ça en retapant sa couchette quand Lacloche, le cuisinier sonna l'heure du dîner dans la coursive: ce soir comme tous les midi d'ailleurs il y aurait du poisson... il eut un haut-le-coeur, ce qui est honteux pour un marin, mais il avait toujours eu le poisson en horreur et des haut-le-coeur !
Non pas pour le goût ou l'odeur parce que le poisson n'a ni goût ni odeur, ou du moins en était-il impregné depuis sa naissance... mais à cause des arêtes qu'il prenait un satané plaisir à aligner sur toute la bordure de l'assiette avec une lenteur exaspérante ! "Pouce-Mousse !" les autres l'appelaient Pouce-Mousse dans ces moments-là ... "Presse-toi !" s'esclaffaient ils en se frottant les mains.
Il lui semblait que tout ce qui nage, porte des arêtes et frétille dans la profondeur des océans arrivait irrémédiablement dans son assiette, et il savait qu'un jour il lui pousserait une nageoire dans le dos. D'ailleurs il collectionnait les arêtes, enfin seulement les plus belles et les plus grosses, qu'il conservait religieusement dans un vieil album de timbres après les avoir essuyées; il y en avait de toutes mers et de toutes tailles, des grosses recourbées qu'il avait piégées facilement, et d'autres fines et sournoises qu'il avait fallu lui extirper au fond de la gorge, sous les risées.
Tous se moquaient de lui au point qu'on disait même qu'il avait servi sur le Titanic.... trop de glaçons; tous sauf son pote, Virgule qu'on appelait ainsi parce que son pied tordu ponctuait sa démarche d'un petit déhanché indigne d'un pied marin. Virgule était quartier-maître c'est à dire hiérarchiquement une couchette au dessus de Pouce, mais bien moins gradé que lui au classement des maladresses où Pouce régnait en amiral depuis longtemps.
Pourtant il lui enviait les deux jolis liserés rouges qui ornaient ses manches, ceux qui donnent soudain un regard plus mâle et plus volontaire, et qui font se retourner les filles les jours de sortie.
Pour le sourire de Rosine, ses jolies nattes blondes et son frais minois il n'avait pas à hésiter, il serait quartier-maître; pour l'heure il engloutit péniblement une bouchée de poisson alors que l'équipage miraculeusement épargné par les arêtes regagnait bruyamment ses quartiers. Ce soir comme tous les midi d'ailleurs, il héritait de la corvée de plonge, mais "la plonge ça fait partie du métier" disait-il, philosophe; et puis dans une heure il serait sur sa couchette où Rosine lui sourirait dans son petit cadre en altuglas finement orné d'éclats d'os de seiche et de coquillages.
Beaucoup plus tard, quand Pouce eut vidangé le bac à vaisselle, trouvé la plus grosse perle noire au monde et reçu les honneurs de la flotte au grand complet, il quitta sa petite cabine en sifflotant, pour rejoindre Rosine qui l'attendait au pied de la passerelle; il se retourna une dernière fois et leva le pouce, ratant du même coup la dernière marche qui le séparait du quai: Plouff ! Une nouvelle vie commençait pour lui.

Monday, February 09, 2009
1:48 PM

Oeuvre originale
Auteur : Claude

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Poèmes

Acrostiche à Saint Valentin




S e dire qu'on est heureux... même si ça se voit
A ujourd'hui plus qu'hier... y croire pour demain
I gnorer nos voisins... qui font tout comme nous !
N e penser qu'à l'instant... et à la nuit qui vient
T rinquer à Valentin... et à Modération
( plus tard... )
V ouloir le mieux pour elle... et aussi pour soi-même
A llumer les chandelles... séquence romantique
L enlacer follement... séquence acrobatique
E teindre les chandelles... p'tits bouts d'économie
N us comme au premier jour... fondre nos épidermes
T aper à la cloison... pour freiner les voisins
I l flotte cette nuit... un parfum de folie
N uit d'amour sur la terre... de mots doux et sincères

Friday, February 06, 2009
10:29 AM

Oeuvre originale
Auteur : Claude

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Contes

Course à la vie




Il avait été éjecté sans crier gare, comme tous ceux qui l'accompagnaient et il fut surprit par tant de candidats au départ; la compétition allait être rude et il serra les dents quand le troupeau prit sa course.
Ca bouchonnait comme d'habitude au passage du col en ce jour de l'Ascension, et le début de la grimpette avait allumé le feu dans plus d'un poumon.
Vingt minutes qu'ils courraient et déjà les traînards renonçaient, s'arrêtaient dans un repli du terrain pour échapper à la déferlante, en soufflant une dernière fois.

Heureusement la voie finit par s'évaser et il put prendre ses aises pour courir à son rythme; autour de lui, ça soufflait, crachait et ruisselait à tout va... il y en avait des grands, des gros, des squelettiques, des bizarres à tête allongée, sans doute des clones qui s'étaient glissés dans la masse.
On les avait prévenus que les soixante kilomètres ne seraient pas de tout repos, aussi se glissa t il dans un groupe qui lui semblait plus jeune et surtout plus gaillard.

On arrivait à une bifurcation, mais emporté par le groupe compact, il n'eut pas le loisir de consulter son GPS.
La température s'élevait graduellement et il lui sembla que ça lui redonnait un coup de fouet alors que le petit groupe perdait ses membres avec des grognements sinistres.
Ils dépassèrent des groupes au bord de l'asphyxie, des candidats isolés en pleine détresse et furent bientôt seuls en tête.

Il réalisa qu'il avait toutes ses chances quand, s'étant retourné il ne vit qu' une ombre derrière lui... c'était la sienne.
Par quel miracle avait-il pu tenir la distance et ..... il faillit rater le podium qui se présentait après une dernière courbe et, freinant désespérément, il se retrouva nez à nez, et même bouche à bouche avec une créature de rêve... Elle était potelée et sentait bon, bien plus que lui.
"On m'appelle Ovule" minauda t elle en battant des cils avec une pudeur feinte.
Le coeur au bord des lèvres, il réussit à balbutier "Moi, gamette 254861"; il avait toujours eu du mal à prononcer son vrai nom: Super-Mathieu-Zoïde.

Friday, January 30, 2009
8:06 AM

Oeuvre originale
Auteur : Claude

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Contes

Symphonie du vent




Souvent les jolis contes naissent par un calme matin de printemps, et ce matin là était tout à la fois calme, tranquille, doux et serein et c'est tout car son auteur n'avait pas assez de mots pour décrire une telle quiétude.
Ce matin était si calme qu'on se serait cru le soir et qu'on aurait presque pu entendre péter une vache du haut de son alpage, ce qui aurait amplement couvert le bruit des mouches velues et dévolues à voler autour d'elle.
Pour toutes ces raisons, Eole s'ennuyait à mourir bien qu'il fut dieu grec et qu'un dieu grec, comme Demain, ne meurt jamais; pas un soupçon de vent, pas la plus petite brise ni le moindre bulletin d'alerte météo en prévision, et Dieu sait s'il était à l'écoute de toutes les chaînes, même les montagneuses. Il y avait dans l'air, un je ne sais quoi... non, je ne sais vraiment pas quoi.
Au bord de la dépression, il lui vint soudain une idée lumineuse comme en ont tous les dieux qui s'ennuient et qui ont des idées lumineuses, et puisque le mercure stagnait pitoyablement dans son baromètre, il décida de réunir tous ses vents pour en faire un orchestre symphonique qui jouerait à sa gloire.
Comme il était perfectionniste de son métier, il releva ses manches à air et commença à ratrouper ses fidèles outils nécessaires au dosage des éléments:d'abord la grande échelle de Beaufort que lui avait toujours envié Vulcain le chef des pompiers;puis la girouette malicieuse et ses points cardinaux qui étaient au nombre de quatre à cette époque; il y ajouta une rose des vents... pas pour la vue mais pour l'odeur, car il était aussi un peu responsable des odeurs comme celles de terre brûlée du Connemara ou du sable chaud du beau légionnaire...
Et puis vint le moment délicat du recensement de ses troupes et l'attribution d'un rôle à chaque élément; il gonfla les joues, car s'il ne l'avait fait, qui d'autre aurait pu le faire... et il cria: "Dans la famille des cordes, je demande les alizés" réveillant les premiers sur sa liste alphabétique qui prirent place sans souffler mot; vinrent s' y joindre les zéphirs, puis les zéphyrs, avec un i grec, ainsi que la risée dont tout le monde se moqua, puis simoun et sirocco les cousins maghrebins qu'il avait choisis pour le fun. A ce propos, il avait écarté le foehn dont la tyrolienne convenait mal aux symphonies.

Pour les bois dont on fait justement les flutes, il convoqua tour à tour les bourrasques traversières, les rafales et les grains qui veillaient, auxquels il ajouta le Chocolatero bien moins connu mais bien plus exotique. Quant au chinook venu des Rocheuses, il apporterait son accent au cor anglais.

Vint le tour des cuivres dont on fait les cuivres, qu'il composa des aquilons-trompettes, mistrals à coulisses et moussons, et il faillit ajouter blizzard mais se ravisa, le trouvant d'un abord trop glacial pour faire un cuivre.

Restait à fourbir les percussions qu'il forma des vents d'autan, immortalisés par Clark Gable, auxquels il ajouta les cyclones-timbales et les typhons; il allait falloir les tenir ces gaillards ! pourtant il y ajouta la mousson pour sa constance et sa force.

Son orchestre finissait par avoir fière allure, en rangs impeccablement alignés sur l'équateur: il dut tempêter pour calmer une dispute entre la harpe-alizé et un zéphir à qui le rôle de premier violon avait donné la grosse tête, mais après les avoir menacés tous deux d'une corvée d'éolienne, le grand calme revint dans l'orchestre. La distribution des partitions jeta un froid dans le groupe, mais quand Eole eut expliqué que le quattro stagioni n'était rien d'autre que les quatre saisons de Vivaldi, un immense soupir s'éleva et ramena calme, tranquillité, douceur et sérénité et c'est tout en ce beau matin de printemps...
Les répétitions allaient pouvoir commencer, nonobstant la vache de l'alpage et ses flatulences, mais c'est une autre histoire, m'étant promis de placer un nonobstant en fin de compte.

Friday, January 23, 2009
11:03 AM

Oeuvre originale
Auteur : Claude

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Blog mis à jour le 25/11/2017 à 06:26:34



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