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Rêved'Orient - 2076403  Publié le 13/02/2008 à 20:51  On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte.
On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte. [Guillaume Apollinaire]
| Rêved'Orient - 2076403  Publié le 27/07/2008 à 19:45 
http://www.dailymotion.com/video/x2rrjx_darwich-sandre-au-havre_politics  | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 28/07/2008 à 13:36 
 | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 17:47 
décès du poète Mahmoud Darwich
Mahmoud Darwich (محمود درويش), né le 13 mars 1941 à Al-Birwah, en Galilée, en Palestine sous mandat britannique), est une des figures de proue de la poésie palestinienne. Il est décédé le 9 août 2008 dans un hôpital du Texas (États-Unis).[1] Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid Le nouveau), Al-fajr (L'aube), Shu'un filistiniyya شؤ- Affaires palestiniennes) et Al-Karmel (الكرمل) . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues. Dans les années 1960, Darwish a rejoint le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de 30 ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah. Sommaire
| Artus de Oguz - 1510753  Publié le 10/08/2008 à 17:50  adieu poète. | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 17:53  Quel tristesse, apres youcef shahine HOMMAGE Ô Hélène quelle pluie ! Mahmoud Darwish Traduit de l’arabe par : Noureddine Mhakkak. Mahmoud Darwish Le mardi, j’ai rencontré Hélène A quinze heures A l’heure de l’ennui infini, Mais le tintement de la pluie Avec une femme comme Hélène Est un chant de voyage Pluie, Quelle nostalgie…nostalgie du ciel Au ciel ! Pluie, Quel gémissement….gémissement des loups Pour leur espèce ! Il pleut sur le toit de la sécheresse, Sécheresse dorée dans les icônes des églises, A quelle distance la terre est-elle loin de moi ? Et l’amour de toi ? Dit l’étranger à la vendeuse de pain, Hélène, Dans une rue étroite comme ses chaussettes, -Pas plus d’un mot….et pluie ! Pluie affamée d’arbres… Pluie affamée de pierres… Et l’étranger qui poursuit : Hélène, Hélène ! Est-ce que l’odeur de pain Monte maintenant De toi, vers une fenêtre Dans un pays lointain … Pour répéter les paroles d’Homère ? Est-ce que l’eau jaillit de tes épaules Vers des arbres séchés dans un poème Et Hélène de lui répondre : Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! L’étranger lui dit alors : Me faut Narcisse pour que je puisse regarder L’eau, la tienne Regarder mon corps. Regarde Ô toi Hélène, Dans l’eau de nos rêves tu trouveras Les morts sur tes rivages qui chantent pour Ton nom : Hélène …Hélène ! Ne nous laisse pas Seuls comme la lune Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! Et l’étranger qui poursuit : J’ai déjà fait la guerre Sous tes ordres, Et tu n’es pas innocente de mon sang asiatique. Et tu ne seras jamais innocente D’un sang Caché dans les veines de tes roses .Hélène Qu’il étaient durs les grecs d’autan ! Et qu’il était morose, Ulysse, cet amoureux De voyages Qui cherchait sa légende Dans les pèlerinages ! J’ai révélé ce que je lui ai tue Et ce que j’ai dit je l’ai caché A Hélène. Mais elle sait ce que l’étranger ne peut dire … Et sait ce qu’il chuchote à l’odeur Qui se brise sous la pluie. Elle lui dit enfin : La guerre de Troie n’a eu lieu Jamais ! Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! In « Pourquoi as-tu laissé le cheval tout seul » First Published in 1995 Riad El –Rayyes BOOKS Ltd. | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:03  La poésie en Deuil
Considéré comme l'un des plus grands poètes arabes, il s'est éteint à 67 ans dans un hôpital aux Etats-Unis à la suite d'une intervention chirurgicale à coeur ouvert. Trois jours de deuil national ont été décrétés pour lui rendre hommage.  | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:14  Quand les hommes pleurent... relevé des textes écrits et dits par Mahmoud Darwich M. Ils ne m'ont pas reconnu dans les ombres qui absorbent ma déchirure sur le passeport. ils ne m'ont pas reconnu dans les ombres qui absorbent ma déchirure sur le passeport ils exposaient ma déchirure aux touristes collectionneurs de cartes postales ils ne m'ont pas reconnu ne laisse donc pas ma paume sans soleil car les arbres me connaissent toutes les chansons de la pluie me connaissent ne me laisse pas aussi pâle que la Lune. (VOIX DU POÈTE) Enfante-moi... enfante-moi (Lidinni), pour que je sache en quelle terre je mourrai (Amoutou) et en quelle terre je ressusciterai (Aeia). (Salamoun) Paix sur toi qui prépare le feu du matin (Sabahi), paix sur toi, paix sur toi (Anahali) N'est-il pas venu le temps de t'offrir quelque présent, le temps de revenir à toi ? (VOIX DU POÈTE) | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:15 
 | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:17  La puissance des mots pour une liberté infinie Ce maillage des contraires sans être un mariage ou une alliance définitive au sein de son univers, procure à sa poésie une infinie liberté dont la musicalité sans cesse renouvelée flirte constamment avec le tempo d’une rime inattendue offrant à la langue une puissance décuplée. Cette puissance du verbe qui atteint les tréfonds de l’être rassemble là où il passe, immanquablement les foules. M. Sambar raconte : "Quand Darwich intervient dans un endroit, il y a toujours foule. A Alger par exemple, il y a eu des bagarres et des blessés. A Beyrouth le stade de football qui a accueilli sa prestation a rassemblé 35.000 personnes. Au Soudan, encore c’était noir de monde et les gens montaient sur les arbres de manière à recouvrir complètement les branches Adieu Poete | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:21 
DÉPOSE ICI ET MAINTENANT Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes et donne à ta vie une autre chance de restaurer le récit. Toutes les amours ne sont pas trépas, ni la terre, migration chronique. Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras la brûlure du miel ancien. Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux d’une jeune fille qui t’aime ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi elle t’aime ou ne t’aime pas. Adossé à un escalier, tu pourrais te sentir un autre dans les dualités. Sors donc de ton moi vers un autre toi, de tes visions vers tes pas, et élève ton pont car le non-lieu est le piège et les moustiques sur la haie irritent ton dos, qui pourraient te rappeler la vie ! Vis, que la vie t’entraîne à la vie, pense un peu moins aux femmes et dépose ici et maintenant la tombe que tu portes ! M.Darwich  | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:30  Mahmoud Darwich NOUS MANQUAIT UN PRÉSENT Partons tels que nous sommes : Une dame libre Et son ami fidèle. Partons ensemble dans deux chemins. Partons tels que nous sommes, unis Et séparés. Rien ne nous fait mal, Ni le divorce des colombes Ni le vent autour de l’église … Ou le froid au creux des mains. Les amandiers n’ont pas assez fleuri. Souris et ils fleuriront encore Entre les papillons de tes fossettes. Sous peu nous aurons un autre présent. Retourne-toi, tu ne verras Qu’exil, derrière toi : Ta chambre à coucher, Le saule de la place, Le fleuve derrière les immeubles de verre Et le café de nos rendez-vous … tous, tous Prêts à se muer en exil. Soyons donc bons | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 10/08/2008 à 18:33 
Mahmoud Darwich "Je désire revoir le visage de ma mère et mon école et me mettre en rang comme un enfant, et laisser mes hymnes galoper sur le sol" Mahmoud Darwich | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 18/08/2008 à 17:56  Mahmoud Darwich L'œuvre de Darwich, essentiellement poétique, est une véritable défense et illustration d'une terre, d'un peuple, d'une culture en même temps qu'une entreprise hardie de génèse littéraire. Elle est hantée d'un bout à l'autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps: la Palestine. La solitude et le désarroi de l'exil exprimés côtoient l'acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d'une charge poétique intense. L'œuvre en prose de Darwich comprend un récit, Une mémoire pour l'oubli, qui restitue un jour de la vie d'un homme, le poète lui-même, pendant le siège de Beyrouth en 1982 par les troupes israéliennes.
(VOIX DU POÈTE) | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 24/10/2008 à 16:03  Il suffit parfois Il suffit parfois D’un aboiement nocturne Un souffle des frondaisons Pour que le cœur expire Il suffit parfois D’un geste de mépris D’une odeur dans la nuit Pour que l’âme se rende Il suffit parfois D’un souvenir fugace Un désir inconscient Pour que les yeux se leurrent Il suffit parfois Que je pense à celui Dont mon âme est enceinte Pour que la mort exulte. Il suffit parfois Qu’il me dise Je t’aime Que je lui appartienne Pour constater l’absence Il suffit parfois Que la nuit soit ancrée Que son ombre revienne Pour m’aider à mourir Djamel mazouz | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 24/10/2008 à 16:11  Le cœur en girouette Dans mon lit dort un matelot Fatigué de la mer et de ses trahisons Il dort les poings croisés sur son cœur Il dort le cœur tanguant au rythme du vent Dehors le ciel est resté gisement amer Dehors ce n’est plus l’océan ni la mer Dehors c’est un chantier en construction Des dalles et des employés de bâtiment Dont un travaille sans casque d’ailleurs Et Je me demande s’il est un peu voyeur Pour me voir dans le noir derrière ma fenêtre Dehors le ciel est resté gris de ces écorces rugueuses Mais le soleil ne désespère point et ne cesse de déchirer De toutes ses forces les couvertures couleur de cendres Et le sang parcourt mes artères Je suis une terre qui a besoin d’être labourée Je me laisse aller au rythme des saisons déraisonnées Inés Ammar
Tunisienne, née en 1979, Inès Ammar a poursuivi des études doctorales en littérature et civilisation françaises à Paris. Elle écrit des poèmes et des nouvelles en langue française. Ses hèmes favoris sont: le sentiment d'exil, la nostalgie de la terre natale, la liberté (de la femme) et... l'amour. "Inès Ammar s’affranchit des rimes et du rythme classiques, trop étroits pour ses images, trop étouffants pour livrer ses secrets et ses blessures. Par ses poèmes, elle nous tisse un fil d’Ariane et nous offre ce qu’elle a dans l’âme et sur le cœur, au travers de vers dont la profondeur n’a d’égal que la beauté. " (4ème de couverture de Des mots (et) des fils. | amazigh - 475546 Publié le 24/10/2008 à 16:20  RAISON DU CRI s'il n'y avait ce cri, en forme de pierre aiguë et son entêtement à bourgeonner s'il n'y avait cette colère, ses élancements génésiques et son soc constellant, s'il n'y avait l'outrage, ses limaces perforantes et ses insondables dépotoirs, l'évocation ne serait plus qu'une canonnade de nostalgies, qu'une bouffonnerie gluante, le pays ne serait plus qu'un souvenir-compost, qu'un guet-apens pour le larmier. Tahar Djaout
 | amazigh - 475546 Publié le 24/10/2008 à 19:05  Les mots m'ont pris par la main Je demeurai longtemps derrière un Vittel-menthe L'histoire quelque part poursuivait sa tourmente Ceux qui n'ont pas d'amour habitent les cafés La boule de nickel est leur conte de fées Si pauvre que l'on soit il y fait bon l'hiver On y traîne sans fin par la vertu d'un verre Moi j'aimais au Rocher boulevard Saint-Germain Trouver le noir et or usagé des sous-mains Garçon de quoi écrire Et sur la molesquine J'oubliais l'hôpital les démarches mesquines A raturer des vers sur papier quadrillé Tant que le réverbère au-dehors vînt briller Jaune et lilas de pluie au cœur du macadam J'épongeais à mon tour sur le buvard-réclame Mon rêve où l'encre des passants abandonna Les secrets de leur âme entre deux quinquinas J'aimais à Saint-Michel le Cluny pour l'équerre Qu'il offre ombre et rayons à nos matins précaires Sur le coin de la rue Bonaparte et du quai J'aimais ce haut Tabac où le soleil manquait Il y eut la saison de la Rotonde et celle D'un quelconque bistrot du côté de Courcelles Il y eut ce café du passage Jouffroy L'Excelsior Porte-Maillot Ce bar étroit Rue du Faubourg-Saint-Honoré mais bien plus tard J'entends siffler le percolateur dans un Biard C'est un lieu trop bruyant et nous nous en allons Place du Théâtre-Français dans ce salon Au fond d'un lac d'où l'on Voit passer par les glaces Entre les poissons-chats les voitures de place Or d'autres profondeurs étaient notre souci Nous étions trois ou quatre au bout du jour Assis A marier les sons pour rebâtir les choses Sans cesse procédant à des métamorphoses Et nous faisions surgir d'étranges animaux Car l'un de nous avait inventé pour les mots Le piège à loup de la vitesse Garçon de quoi écrire Et naissaient à nos pas L'antilope-plaisir les mouettes compas Les tamanoirs de la tristesse Images à l'envers comme on peint les plafonds Hybrides du sommeil inconnus à Buffon Êtres de déraison Chimères Vaste alphabet d'oiseaux tracé sur l'horizon De coraux sur le fond des mers Hiéroglyphes aux murs cyniques des prisons N'attendez pas de moi que je les énumère Chasse à courre aux taillis épais Ténèbre-mère Cargaison de rébus devant les victimaires Louves de la rosée Élans des lunaisons Floraisons à rebours où Mesmer mime Homère Sur le marbre où les mots entre nos mains s'aimèrent Voici le gibier mort voici la cargaison Voici le bestiaire et voici le blason Au soir on compte les têtes de venaison Nous nous grisons d'alcools amers O saisons Du langage ô conjugaison Des éphémères Nous traversons la toile et le toit des maisons Serait-ce la fin de ce vieux monde brumaire Les prodiges sont là qui frappent la cloison Et déjà nos cahiers s'en firent le sommaire Couverture illustrée où l'on voit Barbizon La mort du Grand Ferré Jason et la Toison Déjà le papier manque au temps mort du délire Garçon de quoi écrire Louis ARAGON
| amazigh - 475546 Publié le 24/10/2008 à 19:12  MA VIE Du tribut de mon sang j'ai irrigué les monts Mon empreinte s'imprime à jamais, Quand ils ont en juré l'anéantissement ; Qui s'impatiente de me voir mort, et qui calomnie mon nom, A chaque col devra m'affrontent, J'ai laissé mon bien à l'abandon, Je l'ai trouvé gisant dans l'immondice, J'ai porté le regard sur mon honneur, J'ai vu des bourreaux. Bien que la force ait fui mes membres, Ma voix demeure, qui retentira, Ils l'entendront ! L'on dit : La montagne s'est ébranlée ! Et tu n'y étais pas ! Chacun s'en va répétant, C'est aujourd'hui jour de l'an. Notre terre étincelle comme un phare. A Tizi le peuple afflue. A Bougie éclatent les salves de la victoire, L'on a brisé le joug de nos souffrances : Ma vie ! Ma vie ! Les montagnes sont ma vie ! Ah ! Etre présent au milieu de vous, Ne fût- ce que par la parole combattre ! Les calvaires dont je suis frappé Sont devenus mon unique empire, Mais puisque les Kabyles s'unissent, Ils dissiperont nos funestes tares, A quoi bon les vains verbiages : La berbérité fonde leur histoire ; Elle est la racine de leur vie, Il est temps que se purifie notre condition. Ma vie ! Ma vie ! Les montagnes sont ma vie ! A bon droit mon cœur s'afflige, Puisque je ne suis pas parmi vous. Son fardeau lui pèse, déborde, Excède ses forces, il n'en peut plus ! Il veut que l'entendent les malfaisants, Ceux-là qui mangeront du foin Quand notre blé purgé de l'ivraie. Que celui qui dit l'esseulé humilité, Vienne affermir son propos, S'il nous terrasse, c'est bien fait ! Les mots infâmes triomphent de la malédiction, Selon l'adage de nos ancêtres. Pourquoi irai-je me tourmenter, Pour quelques brimborions ? Les forces me reviendront, Portez mon salut aux enfants, Qu'ils chantent la terre de Berbérie : L'héritage de Mouloud Mammeri, Comme la foudre dans le ciel éclate : En sentez-vous les gouttes tomber ? Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie ! Lounes Matoub
 | amazigh - 475546 Publié le 24/10/2008 à 19:28  Pourquoi?? Lorsque tes yeux sur moi se posent, Ils lèvent le voile de mes rancœurs. Du temps que j’allais à tes côtés J’avais la vision de ma déchéance. Mon âme à ton empire abandonnée Je m’y engouffrais sans retenue. Je me vis trois fois sot au milieu de tous, Soumis à l’humeur de ma concupiscence : Pourquoi ceci, pourquoi ? Une fois par tes chaînes asservi Dans ta sombre fosse tu m’étouffas, Tu arrachas le soleil à mes yeux, Mais de son feu tu fis darder les tortures. De mes os la moelle liquéfiée, Tu en recueillis les gouttes de souffrance : Demeure mon osseuse carcasse glacée, Pour achever ton vœu, broie - la ! Pourquoi ceci, pourquoi ? Je convoite l’oubli dans l’ivresse Et je rafistole mes désirs révolus. Des années semblables pour moi incessantes, Je guette ma bonne fortune. Je vois tant de filles convoler… Dire que mes filles auraient leur âge. J’ai moi-même borné ma vie, Mes fers traînant au piquet. Pourquoi ceci, pourquoi ? Bien que tu m’aies laissé ainsi terrassé Je te veux, comme l’œil l’acétate de cuivre. Pour mon cœur l’espérance est bien vaincue, Le voici flétri à la semblance d’une loque. En moi ardente tel un châtiment fumigatoire, Tu m’embrases, me consumes, Me réduis en lambeaux de chair ; Je déchois corps et biens. Pourquoi ceci, pourquoi ? Si ton frère exhibe des champs de figuiers splendides, Hâte – toi, avec ardeur pince, recèpe tes plants ! S’il exhibe ses beaux édifices, hâte - toi ! A ton tour, bâtis de plus beaux palais ! Mais s’il te surpasse par la beauté de sa femme, Triste ami, toute réplique serait vaine… Pardonne alors le scandale de mon chant : Je le traîne depuis des temps antiques… Pourquoi ceci, pourquoi ? Lounes Matoub
| Rêved'Orient - 2076403  Publié le 24/10/2008 à 22:05  Que vaut-il mieux? S'asseoir dans une taverne, puis faire son examen de conscience, ou se prosterner dans une mosquée, l'âme close? Je ne me préoccupe pas de savoir si nous avons un Maître et ce qu'il fera de moi, le cas échéant. Kayyâam
Tout le monde sait que je n'ai jamais murmuré la moindre prière. Tout le monde sait aussi que je n'ai jamais essayé de dissimuler mes défauts. J'ignore s'il existe une Justice et une Miséricorde... Cependant, j'ai confiance, car j'ai toujours été sincère. khayyâam
| amazigh - 475546 Publié le 25/10/2008 à 13:54  Roman inachevé Comme il a vite entre les doigts passé Le sable de jeunesse Je suis comme un qui n'a fait que danser Surpris que le jour naisse J'ai gaspillé je ne sais trop comment La saison de ma force La vie est là qui trouve un autre amant Et d'avec moi divorce Rien n'est plus amer A qui t'en prends-tu Plus commun plus facile Que perdre son temps et le temps perdu Pourquoi t'en souvient-il Le hasard fait que j'y pense parfois Et toujours je m'étonne Ainsi je fus ainsi j'ai vécu moi Ce printemps monotone On n'en peut compter rien d'intéressant Malgré ses airs baroques Et je n'ai jamais été qu'un passant Embourbé dans l'époque De loin tout ça paraît aventureux Saoulant blasphématoire Les nouveaux venus en parlent entre eux On en fait des histoires Vous du moins dit-on vous aurez bien ri Entre les draps du drame Sûr cela valait d'y mettre le prix Fût-ce le corps et l'âme Vous aurez été libres de rêver Libres comme l'injure Mais vous regardez nos pieds entravés Avoir raison c'est dur Ils rêvent pourtant ces fils d'aujourd'hui Où toute chose est claire Et s'ils ont regret c'est de notre nuit Et de notre colère Ah le beau plaisir que lire aux bougies Des choses éternelles Ils voudraient troquer l'idéologie Pour l'irrationnel Ne voyez-vous pas malheureux enfants Que tout ce que nous fûmes Se dresse devant vous et vous défend Le seuil mauvais des brumes Ce que nous étions nous l'avons payé Plus qu'on ne l'imagine Et regardez ceux qui vous foudroyés Sans cœur dans leur poitrine Mais qu'espéraient-ils et qui ne vint pas Quels astres quelles fêtes De qui croyez-vous ces traces de pas Des hommes ou des bêtes Ils s'imaginaient d'autres horizons D'autres airs de musique Et vous vous plaigniez vous d'avoir raison Sur leur métaphysique Moi j'ai tout donné que vous sachiez mieux La route qu'il faut prendre Voilà que vous faites la moue aux cieux Et vous couvrez de cendres Moi j'ai tout donné mes illusions Et ma vie et mes hontes Pour vous épargner la dérision De n'être au bout du compte Que ce qu'à la fin nous aurons été A chérir notre mal Le papier jauni des lettres jetées Au grenier dans la malle Louis ARAGON
 | amazigh - 475546 Publié le 25/10/2008 à 19:12  Les yeux d'Elsa Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire A l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Ecarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu O paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa Louis ARAGON
 | Diane - Final Fantasy - 2025831  Publié le 25/10/2008 à 19:15  Quel grand poète, Aragon ! J'aimerais bien que l'on m'écrive un beau poème comme ça, moi | Le marocain - 2384358  Publié le 19/11/2008 à 14:32  Quatre ans Cela fera bientôt quatre ans on m’arracha à toi à mes camarades à mon peuple on me ligota bâillonna banda les yeux on interdit mes poèmes mon nom on m’exila dans un îlot de béton et de rouille on apposa un numéro sur le dos de mon absence on m’interdit les livres que j’aime les nouvelles la musique et pour te voir un quart d’heure par semaine à travers deux grilles séparées par un couloir ils étaient encore là buvant le sang de nos paroles un chronomètre à la place du cerveau Abdellatif lâbi ( poète marocain ) (Éditions de la Différence, 2006)
| Le marocain - 2384358  Publié le 19/11/2008 à 14:38  Des poèmes militants Le poète Samih Al Kassem invité de l’Association solidarité Maroc-Palestine
Samih Al Kassem le grand poète Palestinien Au Maroc | Professeur Paganel, rhapsode - 980920  Publié le 19/11/2008 à 14:40  C'est marrant, il a plus une tête de businessman que de poète Dans la posture, il a même quelque chose de Jimmy Swaggart. | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 19/11/2008 à 14:45  Bonjour le marocain, paga coucou
Citation: C'est marrant, il a plus une tête de businessman que de poète
possible, l'un n'empeche pas l'autre paga moi je ne trouve aucune photo de ce poète Samih Al Kassem?  | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 19/11/2008 à 15:24 
mes nuits d'hivers Psalmodiez les feux et cherchez la douceur Brumaire dans mes braises incandescentes Quand le ciel gris mangeoterai les dormantes Nuits de fines chutes d’une seule blancheur. Oubliez le jour noyé au coeur sans rancoeur De l’hiver, et bercez les ardeurs dominantes De l’amour dans mes cotonnades bouillantes Et sur mon lit attiedissez sa neige d’un coeur. Elle fondra sous chaque frôlement et baiser, Et en vous sa chaude fente stimulera l’âme Eprise par la candeur et la tiédeur des nuits, Et vos songes au seuil des voeux à baptiser Se feront avant la métempsycose de l’infâme Ère des orages et vous verrez l’astre qui fuit. inconnu | rosier belda - 2333031  Publié le 19/11/2008 à 17:44  Porte bonheur Fadoùa Mon tout petit moineau chérie Tu es là, tout le temps, à gazouiller Tout près, sur mon arbre préfère Ne reste pas là, toute seule au vent, Pinçant de cette fin d’automne glacial, Viens habité mon nid amicale, Les becquees pour tes oisillons sont assurées toit, servant, à mes hôtes choisis sur le volet Beaucoup d’amour dans ce nid surchauffé Où tu peux gazouilles à volonté Tout l’hiver au dessus de mon balcon fleuri, L’occasion pour toi et tes, éventuels, petits Ne t’approche pas trop du bord du nid, Le réceptacle n’est point garanti, Tu es trop jeune et fragile pour t’aventurer, Dans les aires pleins de faucons à l'affût Reste au refuge avec toute ma sollicitude Ton envolée avec tes petits et ton compagnon sera garanti. Parole donnée, pour mon tout petit moineau adorée. (dédié à ma toute, toute petite et douce amie Fadoùa d'affection)
| Rêved'Orient - 2076403  Publié le 19/11/2008 à 17:47 
Citation: (dédié à ma toute, toute petite et douce amie Fadoùa d'affection)
très beau poème dédie a fadoua, merci pour elle  | <<Première | <Précédente | 3 | 4 | 5 | Page 6  |
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