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Histoires de ma vie

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lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 04/11/2004 à 20:16 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Je vous conterai des histoires pour le partage
1022952 Publié le 04/11/2004 à 20:20 supprimer cette contribution

lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 04/11/2004 à 20:23 supprimer cette contribution
C'était la première...

Le Glandon


C'était le soir,
le foehn soufflait encore dans ma vallée - vous savez : ce vent chaud qui exacerbe les passions, qui énerve les sensibilités, ce vent qui souffle sur les frontières suisse et italienne
Le ciel était bien couvert, la pluie allait tomber, il faisait déjà un peu sombre.
Quand le foehn souffle, dans ma vallée, l'air est pur, les couleurs sont éclatantes, les montagnes découpées au cutter sur le ciel : c'est magique...
Il m'a dit : on va se promener au Glandon ?
Nous y sommes arrivés, vers 18h30, il pleuvait, les nuages étaient accrochés aux montagnes et la nuit tombait. Nous sommes partis à pied, sur la route, emmitoufflés dans nos anoraks, main dans la main.
La nuit tombait doucement et nous marchions, sur la route, au col du Glandon !
Promenade incongrue à cette heure, dans ce lieu, par ce temps !!!
Nous étions seuls, bien évidemment - si ce n'est l'amour revenu qui nous enveloppait de nouveau, après les grands tourments.

Promenade incongrue, moments étranges...
On voudrait arrêter le temps, oublier les tourments, garder le bonheur -
Nous sommes rentrés à la nuit noire, mouillés mais heureux.

Moments étranges, amour tempête
Ce soir je ne garderai que la tendresse....
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 04/11/2004 à 20:24 supprimer cette contribution
puis la deuxième...

sur le glacier

Le sac était lourd pour monter au refuge, l'après midi : les crampons, les vêtements chauds, la bouffe pour le lendemain, etc etc.
Mais je partais 2 jours avec lui : 2 jours clandestins, 2 jours rien que pour moi.

Le refuge surplombait toute la haute vallée de l'Isère : assis sur la terrasse, on attendait que descende le soir et que sonne la cloche du repas. J'étais serrée contre lui, je sentais sa chaleur contre mon bras et je n'avais besoin de rien d'autre : pas de mots, pas de gestes, pas de caresses, juste la chaleur de son bras contre le mien !

Il commençait à faire frais, la cloche a sonné ; nous sommes entrés pour diner : grande convivialité avec les autres randonneurs et les gardiens du refuge.

Le lendemain, à 6h, nous partons, lampe allumée dans la nuit sur le long chemin qui mène au glacier : magie de la nuit, du silence, de Vénus qui brille dans le ciel encore noir...

Chemin rude, éboulis instables, efforts pénibles pour traverser les couloirs de caillasse... Puis la couleur bleue de la glace vive sous les crampons, impression étrange de marcher sur la glace sans glisser... c'était la première fois pour moi.

Le vent et le brouillard givrants nous ont enveloppés : le gel se collait sur nos habits et nos cheveux ; comment allons nous faire pour revenir dans le brouillard ?

Nous nous sommes arrêtés au pied du dernier éboulis : il restait 100m mais nous n'irions pas plus loin !
La rondelle de saucisson dégustée ici, dans le brouillard et le froid a été un mets exquis : c'est fou comme l'amour enjolive les choses les plus simples, ou était-ce le fait d'être plus près des dieux qui nous rendait aussi légers ?

La redescente fut longue, fatiguante mais tellement agréable entre les rochers, les prairies, les fleurs, les ruisseaux, les chamois et les bouquetins !

Le lendemain, j'avais une tendinopathie sévère mais qu'importe : les dieux nous avaient fait un clin d'oeil depuis leur paradis...
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 04/11/2004 à 20:25 supprimer cette contribution
aquarelle...
1022952 Publié le 04/11/2004 à 20:51 supprimer cette contribution

C'est très beau Lanserlia
1239408 Publié le 05/11/2004 à 10:50 supprimer cette contribution
Quel plaisir de retrouver par vos paroles les paysages visités ... par le passée ... mais visitées.
Merci.
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 06/11/2004 à 00:06 supprimer cette contribution
Madisa
931642 Publié le 06/11/2004 à 00:22 supprimer cette contribution
Lanserlia c'est beau, c'est la montagne, c'est vraiment beau
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 06/11/2004 à 00:29 supprimer cette contribution
Un jeudi "d'enfer" à Valmeinier

C'était un mardi de février, au bureau. Il neigeait sur les montagnes.
Il est venu me voir :
- "La météo annonce une belle journée, jeudi. Avec ce qui tombe, on va se régaler, au ski ! qu'en penses-tu ?"

Ce que j'en pensais ?
J'en avais des fourmis sous les pieds, à l'idée de glisser dans la "pof" (neige poudreuse...) !
Le temps de demander un jour de congé, de mettre le matériel dans la voiture, d'enfiler l'anorak et nous voila à pied d'oeuvre sur les pistes, jeudi matin à 9h.

La "pof" était au rendez-vous ! un tapis crissant de douceur et de blancheur. Un manteau blanc immaculé sur lequel les skis glissaient en soulevant des arc-en-ciel.

Le soleil riait de notre bonheur et nous on riait de gratitude pour son rayonnement divin !
Les montagnes étincelaient sur un ciel de cristal et nous allions d'une pente douce à une combe abrupte, d'un adret ensoleillé à un ubac ombragé où la neige bleutée scintillait de mille feux dans l'air froid de l'hiver.
Il y eut bien un passage un peu scabreux dans les noisetiers, la traversée imprévue et délicate d'un ruisseau... mais toujours ce plaisir intense et ce sentiment profond de liberté.

En fin de journée, les muscles étaient noués par l'effort, les genoux douloureux, le corps épuisé, mais nous avions vécu une journée de vrai bonheur, de vraie vie...
1118017 Publié le 11/11/2004 à 03:52 supprimer cette contribution

Lanserlia

Moi aussi, je vais raconter une histoire.

Il y a quelque temps, je découvrai la création d'un forum, et j'ai bien essayé d'en lire les histoires qu'il se proposait de faire partager, seulement ces histoires là, je voulais les lire une autre fois, quand
je serai quand mes yeux quand chais pas écrire des histoires, mais je connais une personne qui
s'appelle comme toi, et qui m'a touchée ce soir, avec un style d'une rare beauté

Elle ne raconte pas, elle amène délicatement tous nos sens à vivre, sans la violer, une intimité bouleversante de bonheur simple et profond, et nou suivons émerveillés son regard magique qui éclaire tout ce qu'il touche.
Il y a une telle noblesse dans ce qui est écrit, comme dans ce qui l'écrit.
Si ça se trouve, cette Affectionnaute qui s'appelle comme toi, elle ne sait meme pas
qu'elle écrit divinement!!!

En tous cas et


lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 11/11/2004 à 13:31 supprimer cette contribution
Inédite, tes mots me procurent une grande émotion -

J'ai d'autres histoires à raconter mais il me manque un peu l'inspiration en ce moment
mais ça reviendra !

bisous sincères à vous tous, Claudia, Aquarelle, Prom, et tous les autres qui écrivent aussi des paroles belles et justes.

bonne journée à vous tous
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 18/11/2004 à 22:31 supprimer cette contribution
Le marais

Le docteur m'avait dit de faire une randonnée pour voir un peu comment mon satané tendon allait se comporter
Mais pas de haute montagne, juste une promenade "tranquille"

Nous avons donc décidé d'aller musarder dans le marais de Lavours

Situé au nord du lac du Bourget, c'est un site protégé ou la nature garde ses droits, tout plat donc, idéal pour le test du tendon !
Il faisait gris, humide, le ciel était bas et l'air froid mais qu'importe ! j'avais enfilé mon anorak rouge et mes chaussures de montagne.

Sous le crachin, nous sommes partis sur le sentier sur pilotis qui musarde entre les roseaux, les mares, les canaux, les prairies humides et toutes ces graminées et ces arbustes qui peuplent ces endroits sauvages.
Normalement, il aurait du y avoir des canards, des renards, des rapaces, des serpents... mais nous étions seuls, dans la bruine et le froid - impression d'être dans un pays magique : retour à Avallon ?
Des sangliers qui peuplent les lieux, nous n'avons vu que les bauges et les empreintes de pattes dans la boue.
Nous étions seuls, nous avions froid mais c'était bien.
A un détour du chemin sur pilotis, 4 belles "Highlands cattle", magnifiquement encornées sont venues nous saluer : ce sont des vaches écossaises, habituées au rude climat des Highlands et acclimatées dans le marais pour l'entretenir. Elles ont de longs poils roux ou blonds et une magnifique coiffure à la Beattle !
Nous avons cheminé ainsi, durant l'après midi, seuls au monde, au milieu du silence du marais et de la forêt environnante.
La boucle sur pilotis s'est terminée et nous avons rejoint la civilisation, humides, frigorifiés, le nez rouge et les doigts gourds mais c'était encore une belle escapade.
Encore une journée où l'on peut dire :
le bonheur existe : je l'ai rencontré
994513 Publié le 18/11/2004 à 22:45 supprimer cette contribution
Lanserlia,

Une belle balade, comme si on y était. Bravo
1022952 Publié le 18/11/2004 à 22:59 supprimer cette contribution
C'est vrai "on s'y croirait"
Tu écris vraiment bien, petite soeur.


lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 18/11/2004 à 23:03 supprimer cette contribution
Aquarelle, Papou
zêtes gentils car je n'ai pas beaucoup d'inspiration en ce moment.

Je vous souhaite une bonne nuit à vous tous qui veillez-
908884 Publié le 18/11/2004 à 23:09 supprimer cette contribution
Citation:
le bonheur existe : je l'ai rencontré

nous aussi lorsqu'on lit tes randonnées Lanserlia
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 21/11/2004 à 20:38 supprimer cette contribution
Si j'apporte du plaisir à quelques personnes ici, alors j'en suis très heureuse
pti ange et tous
bonne soirée à vous tous, à bientot
1022952 Publié le 21/11/2004 à 20:43 supprimer cette contribution
Lanserlia, nous attendons d'autres histoires.
petite soeur
1050988 Publié le 21/11/2004 à 21:22 supprimer cette contribution
908884 Publié le 21/11/2004 à 22:25 supprimer cette contribution
d'autres encore
1118017 Publié le 24/11/2004 à 23:59 supprimer cette contribution

Oui, Lanserlia, tu nous apportes beaucoup de plaisir
1118017 Publié le 28/11/2004 à 23:36 supprimer cette contribution

Escapade,civilisation...Lanserlia,où
que tu sois

Et que ton tendon nous revienne en
forme
1022952 Publié le 29/11/2004 à 09:04 supprimer cette contribution
Chut! Lanserlia nous mijote encore une des ses histoires à nous tenir en haleine !

Ma savoyarde
à toutes
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 28/12/2004 à 19:30 supprimer cette contribution

Le refuge de la Femma

C’était un mardi au bureau. Un mardi, encore une fois !
Il est entré, avec son sourire en coin et son regard pétillant que je connais si bien !
« Jeudi, la météo annonce grand beau temps… »

Nul besoin d’en dire plus : j’avais « capté » le message… J’ai demandé mon jour de congé et nous nous sommes retrouvés, jeudi matin, au début d’une belle journée prometteuse…

Nous avons remonté la vallée de la Maurienne, puis une partie de la Haute Maurienne, jusqu’à Termignon. Là, nous abandonnons la route nationale qui continue vers les stations de ski et l’Italie pour nous enfoncer dans le vallon de Bellecombe.

La route serpente à flan de montagne, à l’ombre. Des plaques de neige apparaissent et l’inquiétude avec : nous avons au moins 10 kilomètres à faire encore ; pourrons-nous atteindre le parking si la neige recouvre la route ?

Chacun de nous reste silencieux sur ses pensées et attentif à la route : quelques glissades, quelques dérapages, même un patinage qui nous oblige à reculer et reprendre de l’élan sur une portion de goudron pour passer en force une petite congère… Et puis la route contourne un vallon, quitte l’ubac pour continuer sur le versant au soleil : presque plus de neige, on respire !

Voilà le parking, immense, plein de vide, de soleil, de solitude, de promesse de belle journée ! Le parc de la Vanoise dans toute sa grandiose splendeur nous attend. Nous sommes seuls au monde : personne, pas un oiseau, pas un bruit, pas un humain. Nous sommes presque toujours seuls, dans nos virées…

Le parking se situe à 2307 m d’altitude. A gauche, une grande barrière rocheuse ; à droite, un vallon dominé par le grand Roc Noir et un col cher à mon cœur : le col de Lanserlia ; en face de nous, la petite route qui s’enfonce dans la vallée, en direction du vallon de la Rocheure et du refuge de la Femma, but de notre promenade. Tout autour de nous, la neige recouvre à peine l’herbe rase et les cailloux. Nous avons bien fait de ne pas prendre les skis de randonnée…

Il fait beau mais l’air est vif à cette altitude.
10 heures : les chaussures de montagne aux pieds, les gants aux mains, le sac sur le dos, départ vers la Femma.
Le médecin m’avait dit de refaire une promenade en montagne, histoire de voir comment allait se comporter mon fichu tendon ! mais quelque chose de « tranquille », pour ne pas trop solliciter le rebelle Achille !
Donc, Il avait choisi cette destination car peu de dénivelée, itinéraire en grande partie sur une route, donc pas de risques. Cette route dessert les chalets d’alpage ; interdite à la circulation, elle est goudronnée au début, se transforme en piste forestière ensuite et s’enfonce loin dans le vallon de la Rocheure.

En été, c’est un itinéraire agréable, peu accidenté et accessible aux personnes n’ayant pas un niveau sportif élevé.
Mais nous ne sommes pas en été ! nous sommes fin novembre, la neige recouvre en grande partie cette route et il fait frisquet ! !
Elle forme des dunes, la neige, au hasard des tourbillons du vent ; elle est poudreuse car il fait froid ici, la nuit surtout, et marcher dedans n’est pas aisé. Imaginez que vous marchez sur la dune du Pilat ou sur le sable meuble d’une plage et vous aurez une idée de ce que cela donne…


lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 28/12/2004 à 19:32 supprimer cette contribution
bonsoir à tous - je suis contente de revenir parmi vous !
la suite la prochaine fois.....

1022952 Publié le 29/12/2004 à 08:26 supprimer cette contribution
Le col de Lanserlia : à nous aussi cela dit quelque chose !
Ne nous fait pas attendre trop longtemps la suite de ta randonnée, petite soeur.

lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 29/12/2004 à 19:05 supprimer cette contribution
le refuge de la Femma (2)

Au bout d’une bonne demi-heure, nous passons devant le refuge du Plan du Lac, à 2364 m d’altitude, très animé l’été mais fermé et plongé dans son sommeil hivernal maintenant, comme les marmottes !

La route continue en piste, descend. Voilà la chapelle Saint Barthélémy (2284 m) ; carrefour de grandes randonnées : en face, le GR5 qui s’en va vers le refuge d’Entre-Deux-Eaux et Tignes, ou le refuge Félix-Faure et Pralognan, entre 2 massifs de « caillasse » avec, au fond, la Grande Casse.

Nous, nous irons à droite, dans le vallon de la Rocheure. Une pancarte indique : « refuge de la Femma : 2 heures ». Cela fait 1 h ½ qu’on marche, nous ne sommes pas encore arrivés….

Le spectacle est grandiose. Les montagnes nous entourent et nous dominent de toute leur majesté, de tout leur orgueil, de toute leur énorme splendeur.
Le silence nous enveloppe. Nul besoin de parler, juste écouter le silence, s’en imprégner, alléger nos esprits fatigués par le bruit « d’en bas ». Ici, on respire le silence, on s’approche des Dieux.
L’immensité du paysage, le bleu du ciel, le souffle libre du vent rappellent l’humilité et la modestie à l’être humain. Il doit être plus facile de prier ici, dans ces chapelles isolées au détour d’un chemin, refuge du voyageur , du berger… chapelles aujourd’hui fermées ou en ruine, repères ô combien précieux à nos âmes tourmentées !

Nous voilà repartis, à l’ombre, sur la piste encombrée de neige et de congères, marche pas toujours facile mais ça descend ! Nous cheminons ainsi longtemps, jusqu’aux chalets de la Rocheure où la piste s’arrête et se transforme en chemin, après avoir traversé le ruisseau.

Des groupes de chamois dévalent les pentes, s’arrêtant pour brouter et regarder ces 2 humains maladroits sur leurs 2 sabots. Ils doivent bien rire de nous voir progresser l’échine courbée et les mains agrippées aux bâtons de ski, en équilibre sur les cailloux du chemin !

« sont-ils donc empotés, ces humains ! » me semble-t-il lire dans leur regard moqueur…

D’ailleurs, il ne se sauvent même pas à notre approche et nous toisent même d’un certain mépris goguenard !

Nous avons retrouvé le soleil en traversant le ruisseau. Il y a moins de neige mais par contre les ruisselets se sont transformés en de grandes coulées de glace vive qui nous obligent à quelques petits détours.
Le chemin remonte à travers les maigres herbages d’altitude.

Après 3 h ½ de cheminement, nous voilà au refuge : 2 chalets de bois, à 2323 m d’altitude, nichés contre la paroi, à l’abri du rocher de la Femma. Le refuge d’hiver est ouvert : nous nous installons sur la terrasse, devant un bol de thé bien chaud…

Ah ! le thé bien chaud sur la terrasse du refuge de la Femma !
Est-il possible de vous décrire l’indescriptible ?
Cette sensation de bonheur, de paix… le silence, troublé par le bruit assourdi du torrent en contrebas ! et le thé chaud qui chauffe les mains, qui réchauffe l’âme, le cœur et l’estomac…

Pas de bruit, pas de mots, pas de gestes. Juste les mains serrées sur le bol de thé chaud et le regard posé sur les montagnes inondées de soleil.

Et le casse-croûte ! Ah ! le casse-croûte, ici !
Ce moment de vie intense : la nourriture modeste au goût de paradis, de bonheur…
Saucisson bonheur, fromage émotion, pain éternité…

à suivre...
1118017 Publié le 29/12/2004 à 20:30 supprimer cette contribution

Suis contente contente contente...mais pas le temps de lire,juste 2 ou 3 lignes,je te retrouve Lanserlia.

Très belle annee à toi,à tous.
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 30/12/2004 à 20:39 supprimer cette contribution
Aquarelle, Inédite, je vous retrouve...
merci d'être là
lanserlia - 993217lui écrire blog Publié le 30/12/2004 à 20:43 supprimer cette contribution
le refuge de la Femma (3)

L’heure tourne, la nuit tombe vite en cette saison. Il nous faut bien revenir « sur terre » et penser au retour. Déjà le soleil se cache derrière la barrière rocheuse, en face de nous, donnant le signal du départ.
15 heures : il est temps. A l’aller, nous sommes descendus la plupart du temps et maintenant, logique oblige, il va falloir monter le chemin du retour…

Un dernier regard au refuge qui retrouve sa solitude hivernale et nous reprenons nos traces en sens inverse.
Revoilà nos chamois, à peu près aux mêmes endroits, ou se détachant sur la ligne de crête, toujours aussi peu affolés par notre présence…
L’ombre monte vite dans le vallon de la Rocheure : eux restent au soleil sur le versant sud.

La progression est aussi lente qu’à l’aller : les mêmes plaques de glace puis, une fois la piste retrouvée, les mêmes congères de neige poudreuse, en montée cette fois…

L’ombre remonte le long du versant, le crépuscule s’installe et, avec lui, la magie du soleil couchant.
Tout est dans l’ombre, dans le vallon. Par contre, les rochers étincellent, puis, petit à petit, deviennent rouges. Dans le ciel d’un bleu de vitrail, quelques traînées nuageuses flamboient vers l’ouest.

La grande fête du soir a commencé pour nous, rien que pour nous !

Plus l’ombre remonte le long des prés et des murailles, plus les rochers brûlent, le bleu du ciel se fonce, devient pur comme le diamant, les nuées flambent de mille nuances de rouge.
Un chamois se dessine sur la ligne de crête en face de nous ; où va-t-il ? communion de la nature et de l’animal aux sabots agiles…

La nuit nous rattrape et nous enveloppe. Le retour est pénible : la neige poudreuse, la montée, la fatigue… ne pas regarder trop loin devant, le chemin qu’il reste à faire, ne pas regarder la montre, le temps qu’il reste à marcher… Un pas devant l’autre, dans les traces, régulièrement, sans à-coups.

Revoilà la chapelle St Barthélémy : d’ici, il reste 1h½ de marche… Un pas devant l’autre…

Et le tendon ? s’il lâchait ici ? loin de tout, dans la nuit ? Ne pas y penser… Allez ! on continue, un pas, un autre…

Maintenant la nuit est tombée, le vent souffle faiblement mais il est glacé. Les montagnes se sont éteintes, les nuages aussi, les chamois ont disparu dans l’ombre.
Nous voilà vraiment seuls, la lampe frontale éclaire nos traces.

Soudain….
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