Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 19/02/2008 à 00:59  Comment peut-on avoir le droit de pondre des choses comme celle-ci et de se prétendre écrivain ?Citation: Jourdan essaya de réveiller sa femme. Tu dors ? -Oui. -Mais tu réponds ? -Non. -Tu as vu la nuit ? -Non. -Il fait un clair superbe. Elle resta sans répondre et fit aller un gros soupir, un claqué des lèvres et puis un mouvement d'épaules comme une qui se défait d'un fardeau. -Tu sais à quoi je pense ? -Non. -J'ai envie d'aller labourer entre les amandiers. -Oui. -La pièce, là, devant le portail. -Oui. -En direction de Fra-Josépine. -Oh ! oui , dit-elle. Elle bougea encore deux ou trois fois ses épaules et finalement elle se coucha en plein sur le ventre, le visage dans l'oreiller. Mais, je veux dire maintenant , dit Jourdan. Il se leva. Le parquet était froid, le pantalon de velours glacé. Il y avait des éclats de nuit partout dans la chambre. Dehors on voyait presque comme en plein jour le plateau et la forêt Grémone. Les étoiles s'éparpillaient partout.
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Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 02/03/2008 à 12:38  Ben c'est déjà plus sympathique à lire, non ? |
xiane - 381776  Publié le 02/03/2008 à 12:40  des ... vertèbres !! qui sortent d'un front ?? et les abus d'alitérations tu aimes ça aussi ? |
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 02/03/2008 à 12:46  Sauf erreur, un des nègres d'un feuilletoniste avait écrit un jour : "ses mains étaient froides comme celles d'un serpent", et on m'a même certifié l'existence d'un ouvrage comportant le texte : « Ses genoux plièrent sous lui comme les pneus d'une automobile qui se dégonflent en sifflant ». Roger Peyrefitte, qui se piquait pourtant de s'exprimer en bon français, laissa passer dans un de ses écrits la comparaison des fesses d'un adolescent à deux adorables mappemondes, ce qui est fort ennuyeux, vu que des mappemondes, c'est plat (au sens propre) Je te renvoie aussi à la critique des Poèmes saturniens par Barbey d'Aurevilly : le pauvre Verlaine l'a senti passer (pour une histoire de bleus bec de gaz, je crois, entre autres) En revanche, pour les vertèbres, le coulé de la phrase était si réussi que je nes ai pas même vues passer. Nous sommes ici aux limites de l'art rhétorique Reste que nous sommes déjà dans la sémantique, ce qui signifie que la forme ne nous a pas arrêtés. Chez AA, la forme est si indigeste qu'elle m'arrête. La réside l'essentiel de la différence. Forme et fond, c'est l'idéal. La forme sans fond peut rester acceptable. Ni forme ni fond, voilà le péché mortel en littérature. |
xiane - 381776  Publié le 02/03/2008 à 12:54  sais-tu de qui est l'extrait que j'ai cité ? ou bien attendons-nous l'avis d'autres personnes pour le révéler (bien le coup des mains du serpent ) |
Fanfan - 1806855 Publié le 02/03/2008 à 12:58  Comme le chantait Dave, j'irais bien refaire un tour du coté de chez Swan ... |
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 02/03/2008 à 12:59 
Citation: Comme le chantait Dave, j'irais bien refaire un tour du coté de chez Swan ...
Ce n'était pas Séchouane ? Une bien belle oasis, il est vrai |
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 02/03/2008 à 13:01 
Citation: sais-tu de qui est l'extrait que j'ai cité ?
Non, mais j'aimerais bien écrire des passages comme celui-là (même en gardant les vertèbres, histoire de me marrer). |
xiane - 381776  Publié le 02/03/2008 à 13:03  fanfan a gagné un caramel mouxxxxx c'est bien de proust |
Fanfan - 1806855 Publié le 02/03/2008 à 13:04 
Citation: Une bien belle oasis, il est vrai
oui ... mais c'est dans Banga qu'il y a de l'eau .. je sais .... je sors |
Fanfan - 1806855 Publié le 02/03/2008 à 13:06 
Citation: c'est bien de proust
et comme l'aurait dit Audiard, "il fallait s'le fader, l'artiste !" |
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 02/03/2008 à 13:09  La fait d'avoir un nom qui ressemble à une onomatopée aide-t-il à être connu ? Marx, Proust, Guth... |
Fanfan - 1806855 Publié le 02/03/2008 à 13:12  .... Dieu |
xiane - 381776  Publié le 02/03/2008 à 13:16  xiane ? |
Fanfan - 1806855 Publié le 02/03/2008 à 13:17  ... Prof |
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920  Publié le 02/03/2008 à 13:18  Marcel Prof ? Bof... |
Fanfan - 1806855 Publié le 02/03/2008 à 13:20 
Citation: Marcel Prof
ça y ressemble !! |
xiane - 381776  Publié le 03/03/2008 à 11:14  que pensez-vous de ça ? "Un nuage, pendant quelques minutes, cacha le soleil et la pièce parut vraiment ce qu’elle était, une salle à manger de campagne aux murs passés à la chaux, aux recoins pas très propres, aux objets d’une vulgarité triste." on en rajoute encore une ‘tite couche ? "Il y avait des huîtres sur la table, des palourdes, des crevettes et on sentait une chaude odeur de mouclade qui venait de la cuisine. Mais les fourchettes étaient en fer et la vaisselle ébréchée." |
alibrevillacannes - 709689 Publié le 03/03/2008 à 11:34  Ce que je pense, c'est qu'en ôtant une phrase d'un bouquin, on peut rendre tous les auteurs ridicules... ou géniaux ! |
xiane - 381776  Publié le 03/03/2008 à 11:48  les extraits que je viens de proposer sont typiques de l'écriture de cette personne ! il décrit toujours des univers gris, tristes, glauques, et tout ça avec 3 mots ! ou quasiment ! c'est un auteur que tu apprécies alib' |
nedcyl - 1470591 Publié le 03/03/2008 à 11:58  Les extraits ici proposés, bien que pas forcément à mon goût (en fait je les trouve même très chiants ), me paraissent, au contraire de celui mis par Paga sur l'autre fil, appartenir encore au domaine de la littérature. Même médiocre. Je ne pense pas que n'importe qui aurait pu les écrire, donc, oui, ce sont des artéfacts et pas de simples déjections cérébrales. Chaque mot d'un roman ne peut être génial. Il est vrai que le dialogue de Giono est particulièrement plat, mais c'est probablement un effet voulu: suggérer la vacuité. Bogla. |
alibrevillacannes - 709689 Publié le 03/03/2008 à 12:03  S.M ?
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nedcyl - 1470591 Publié le 03/03/2008 à 12:05  Plaît-il ? Bogla. |
1991180 Publié le 03/03/2008 à 12:05  Qu’on-t-ils à s’admonester ?! ... Régression de la mentalité au stade de l’enfance, qui se traduit par des attitudes, un parler, des occupations infantiles. ... ... Oui, Puérilisme! |
xiane - 381776  Publié le 03/03/2008 à 12:07 
Citation: S.M. ?
non j'aurais dit alors que j'adorais cet auteur ! celui-là, toi tu l'aimes alors que moi je le trouve trop "grisouille" ! mais en l'occurrence, le bouquin de lui que je suis en train de lire, j'aime bien |
xiane - 381776  Publié le 03/03/2008 à 12:08  coucou bogla alibreville pensait que je parlais de somerset maugham (S.M.), mon auteur fétiche |
nedcyl - 1470591 Publié le 03/03/2008 à 12:12  Aaaaaaaaah d'accord !! Pour moi SM signifiait Sado-Maso et le rapport m'échappait quelque peu. Merci de l'éclairage, Xianounette. Bogla.
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xiane - 381776  Publié le 03/03/2008 à 12:14  de rien bogla bon mon extrait ci-dessus concerne un repas de mariage !! |
alibrevillacannes - 709689 Publié le 03/03/2008 à 12:20  Simenon ?
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xiane - 381776  Publié le 03/03/2008 à 12:35 
tu viens de gagner un caramel mouxxxxx c'est extrait de "le voyageur de la Toussaint" de Georges Simenon vite !! indiquez moi le chemin du canal le plus proche, j'vais aller m'y noyer >>>>>>>>>>  |
alibrevillacannes - 709689 Publié le 04/03/2008 à 09:07  Et cette phrase, qu'en pensez-vous ? "Il y a confusion, cela m'est arrivé en 1910, Chez Julia, à Anvers, sur le port, et non pas rue Mazet, où il n'y avait qu'une seule femme sous presse, Madeleine les Ciseaux, une juive boiteuse comme la Vénus espagnole, et vindicative, et intéressée, qui expédiait ça en vitesse car étant seule, elle n'avait pas de temps à perdre entre deux coups de sonnette, et les peintres du quartier faisaient queue chez elle, c'est bien le cas de le dire, Madeleine les Ciseaux étant une ravaudeuse à la Goya ; mais Chez Julia à Anvers, en 1910, cela se passait à la bonne franquette, la maison étant achalandée, on n'y poussait pas à la consommation, on avait le temps, on bavardait avec les filles qui tricotaient comme en famille, il y avait de l'amitié et de la rigolade, on sortait même avec les filles, on allait se promener en ville et à la campagne, et je vais vous dire tout de go de quel genre de crédit je jouissais Chez Julia : j'y avais une chambre, une chambre mise à ma disposition par Madame grâce à l'intercession d'une fille, une chambre que l'on me louait par principe et que je ne payais pas car je n'avais pas le rond, une chambre, j'avais une chambre à crédit dans un bordel du port, mais j'y couchais seul car dans tous les pays du monde la charité, le bon coeur, la sensiblerie des filles, voire le béguin que l'une d'elles peut avoir pour vous ou l'intérêt romanesque qu'elle peut porter à un client s'arrête au déduit, aux bagatelles de la porte, si j'ose dire."
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