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Petits Pamphlets, 1

Impression :

(Détail)
J'ai vu une nana dégueuler son alcool par terre, presque aucune nourriture dans sa flaque de gerbe. Pitoyable, et tellement navrant.

Je n’ai pas connu personnellement, je veux dire dans le sang, les grands extrêmes de la goutte. Je ne sais pas ce que peux ressentir un poivrot dans son quotidien, je ne sais pas ce qu’est la sensation d’un besoin d’alcool. Boire pour compléter ses plaies, puis boire pour assouvir le corps. Boire pour le trip, c’est trop in et anticonformiste d’être bourré, puis boire, encore, pour assouvir le corps.
Ce sont des esclaves, peut être l’avez-vous appris par votre télé, des esclaves avilis, diminués, défigurés, avec un esprit alternatif ; je pense très sommairement, je ne pense plus, et je recommence l’affreuse combinaison. Des esclaves.

Cette fille n’était pas nécessairement dans l’extrémité, il peut même s’agir d’une pouffiasse n’ayant jamais bu une goutte et s’étant offert son baptême éthylique le ventre vide, ça n’a aucune importance. A chacun sa merde.

Voilà le thème de mon premier bordel, à chacun sa merde. Je n’ai pas de compassion, ni pour moi, ni pour autrui.

J’ai été confronté à l’alcool, d’abord par mon père, un éternel poivrot. Il n’a jamais arrêté, et je pense qu’il n’arrêtera jamais. Il boit dans la solitude, ce qui permet de préserver quelque peu l’équilibre familial. Aujourd’hui il boit seul, avant, il buvait en nocturne, en journée, qu’il y eu du monde ou non dans la baraque, il picolait.
Il transvasait le gros rouge d’une bouteille à l’autre, pour donner l’illusion d’une consommation amoindrie, puis un jour ma mère avait compris le manège quand elle découvrait d’autres bouteilles, présentes pour le transvasement. Ridicule, médiocre. J’adore mon père, mais merde, quel comportement stupide.

Il faut dire que l’alcoolisme n’est pas un statut très propice à la vivacité de l’esprit. Ma mère, quand elle est entrée en cure de désintoxication, prenait du valium. C’est un peu la même chose. Faites prendre à un gus du valium pendant une semaine et vous aurez devant vous la parfaite reproduction de l’alcoolique sobre.
Après, il est possible que le produit n’agisse pas de la même façon chez chaque individu, seulement deux personnes dans mon entourage ont, jusqu’ici, subit un traitement au valium. Et j’ai la religion de ne pas donner de certitudes, c’est une prétention que je refuse de m’infliger.

Pour en revenir à cette fille, petite prétentieuse qui se veux licencieuse par des mièvreries censées refléter la décadence, l’esprit rebelle ; bien que les souvenirs de mon cul, à eux seuls, soient une marque d’indépendance de la pensée autrement plus libérée que toutes les merdes qu’elles puissent toutes balancer, ces putains défoncées au tout-fabriqué.
C’est le genre petites racailles des beaux quartiers, le genre de pétasses que je déteste et qui me répugnent dans leur laideur ; bien qu’elles soient éprouvées par Le Mâle comme supra-canon. La rose au milieu des épines, le miel au milieu des abeilles, la bouse au milieu du champ ? La bouse bien au chaud dans le fion de sa vache laitière ? Les délices de l’injustice.

La naïveté va mieux aux femmes, elle leur va même à merveille, je crois la naïveté doublement féminine.
Les femmes sont des animaux médisants, sensibles à la souffrance, cloués à leurs dogmes. Je les trouves extrêmement hypocrites et lâches, le tout caché derrière de bonnes intentions qui, effectivement, sont belles et bien présentes. Les femmes sont cruelles et sans remords, trop catégoriques pour regretter un acte d’évidence.

En tout cas, ce que j’ai ressenti en voyant cette fille cracher sa tise, c’est un irrésistible penchant pour le cassage des os. Vous voyez, une rotule dessoudée à coup de barre de fer, un crachat en pleine gorge qui, je l’espère, serait avalé de travers à l’étouffer, des injures plus blessantes que profondes. Une humiliation non méritée, mais tellement bénéfique pour les nerfs de celui qui la prodiguerais, moi.

Mais la vérité, c’est que je suis un putain de pigeon, je médit comme un con dans ma pensée, parfois sur une feuille ou un clavier, mais j’ai toujours tendu ma main, pour des gens qui ont fini par m’injurier et quelques rares fois, pour des gens qui me méprisaient déjà.
Qu'on m'amène des arguments pour haïr, bien présentés sur un putain de plateau ; bien que j'estime avoir emmagasiné assez de fiel pour pouvoir injurier.

Tous ces gens qui n’ont pas souffert pour un sou, ou qui n’ont vécu que quelques petits traumas de premier ordre, qui se permettent de l’ouvrir, de se lamenter ou de railler sans pudeur aucune en prônant leur expérience du malheur ô combien infinie, me donnent une gerbe autrement plus compulsive qu’un trop plein d’alcool.
Etes-vous ainsi ? Jugez vous un traumatisme à son habit, à sa réputation ? Croyez vous, par exemple, qu’un viol sur enfant soit un choc suffisant pour gâcher une vie ?
C’est faux, la seule chose qui gâche la vie d’un chiard sauté, c’est les effets produits par les bons penseurs. La belle société, les beaux interdits, les affreux dérapages. Un viol est un viol, je ne veux pas tolérer d’autres cicatrices que les sutures. Un esprit sais aller de l’avant, ou bien il n’a plus qu’à crever. A chacun sa merde. Personne ne sait prendre les choses comme il faudrait, il faut toujours tout dramatiser, tout classer, tout juger. Mettre un nom sur tout, une vérité ; ça s’est mal, bouh ! Tu as eu peur hein ? Tu es sale et indécrassable !
A savoir que le viol n'est qu'un abus de diagnostic, car tout le monde est brutalisé, c’est une chose qui définit la vie, elle aussi.

Si être malsain est aussi insipide que ce que je vois alentour, si être malsain signifie déranger par la violence, par l’autodestruction, par la lassitude, la bohème, la perversité, le je m’enbranlisme total et le passé brutal, le brut dans le brut, alors je pense pouvoir me payer un ticket pour Dégueulasse-Paradise. De ça, au moins, je suis convaincu.

Un salaud supérieur au milieu des petites frappes qui relève l’ivrogne, qui se prive de dîner pour le crève la dalle, qui donne son parapluie à la paumée sous l’averse, le salaud qui se tape une après midi entière pour aider une handicapée à remmener ses sacs de courses énormes chez elle alors que son jeune fils joue à la console, un jeune bien comme il faut trop soucieux de lui-même pour lever son cul trop propre de son si confortable canapé !
Peuple à la con, qui fait la publicité de la bonne pensée mais qui jamais ne s’égratignerait pour sauver une putain de vie. Racolons tous ensemble, c’est ça, la parade humaine ?
L’hypocrisie à la française, à l’européenne, à la pays riches. A la mondiale ?

Voilà le thème de mon premier bordel, à chacun sa merde. Je n’ai pas de compassion, ni pour moi, ni pour autrui. Je suis un bienveillant qui se tait au milieu des gras égoïstes. Je n’ai pas de compassion, ni pour moi, ni pour eux.
Allez tous vous faire foutre.


Enregistré le 22 Juillet 2008 à 16:10
par hetaseur - 2363655lui écrire blog
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J'ai vu une nana dégueuler son alcool par terre, presque aucune nourriture dans sa flaque de gerbe. Pitoyable, et tellement navrant. Je n’ai pas connu personnellement, je veux dire dans le sang, les
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