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le suicide

Impression :

(Détail)
texte protegé "scala".

Le suicide


Il observe la fumée de sa cigarette qui tourbillonne avec précipitation. D’un bleu léger, elle disparaît sur le plafond blanc.
Il est rentré chez lui à pied. Au début vite, très vite, puis l’arme est tombée dans une rue qu’il ne connaissait pas. Il a soufflé lentement ; Il a tué.
Cela faisait quelque temps que toutes ses déductions le menaient à la mort, la sienne bien sur. C’était cela ou s’abandonner jusqu'à disparaître sous la crasse d’un trottoir, d’y être intégré par la poussière tombant continuellement sur la ville. Mais comment pouvait-il disparaître sans bruit ?
- Tais-toi ! t’as rien compris ou plutôt tu ne sais pas grand chose. Moi je vais te dire.
Ce qui est vrai, c’est que je ne pouvais me résoudre à crever lentement dans les rues. J’imaginais mal attendre des jours et des jours l’interruption définitive du seul programme qui m’était offert. Le suicide me semblait vraiment parfait. Tout couper, net, quel bonheur. Mais comment y parvenir. Je n’ai même pas essayé à vrai dire, l’imaginer était nettement suffisant pour réaliser que j’en étais incapable, et puis je haïssais ceux qui m’avais amené à cette situation. Ma situation, pas la votre, confortable au restaurant entre amis.
J’aime bien la science fiction pour ce qu’elle me dit de notre futur mais elle devient terrible quand elle parle du présent et c’est souvent le cas. Ce qui est certain, c’est que si on avait écrit dans les années soixante-dix qu’on aurait laissé mourir des gens dans un centre ville tandis qu’on leur passerait devant les bras chargés de sacs à moins 50% ont n'y aurait jamais cru : Dites vous bien qu’on s’habitue lentement a tout, et plus les décennies passent plus l’on s’adapte rapidement. C’est même une qualité, je l’ai entendu.
Non, me supprimer n’était pas la bonne solution. Il fallait que je réagisse. Avec le peu d’argent que je pouvais racler de mon découvert, je n’ai pas eu de mal à trouver une arme. Elle n’était pas pour moi mais pour ceux qui décide de nous, ceux qui délibèrent, concèdent, attribuent, aident.
Certains imbéciles pètent les plombs et sortent dans leurs quartiers pour tirer sur tout ce qui bouge, juste pour décharger leur panique. Quelle honte ! Peut être que personne n’est innocent tout comme personne n’est coupable, mais dans les deux cas certains le sont un peu plus. C’est ceux-la qui allaient payer, les plus responsables que je puisse toucher.
La mairie et son service social étaient responsables. Je suis descendu du bus, j’ai poussé la porte et monté directement à l’étage des aides exceptionnelles. Une femme protestait dans mon dos quand la porte du bureau a cédé. L’assistante sociale n’a pas eu le temps de sortir le son qui resta bloqué dans sa gorge éclatée sous ma première balle. Ça hurlait de partout, un surveillant a giclé rouge sur le carrelage gris, pour colorer ce local pourri. Je suis passé par le service juridique. Les portes et les couloirs vernis et sculptés joyeusement, rayonnaient aux alentours du bureau du maire. Il était là, derrière un grand meuble. Plusieurs balles se sont enfoncées dans le décor mais une atteignit la figure centrale.
J’ai menacé pour sortir du bâtiment. J’ai couru pour retourner chez moi. J’allais beaucoup mieux.
Allongé sur mon lit, j’allume une cigarette, c’est bon. Posée dans le cendrier, elle finit de se consumer. De ma fenêtre du sixième étage, je vois le petit carré de ciel bleu qui ferme la cour intérieure. Je ne peu plus rester dans mon appartement. J’enjambe la grille. J’ai enfin trouvé le courage.


Enregistré le 9 Aout 2008 à 00:35
par daniwild - 2359790lui écrire blog
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