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Le conte de Modou

Impression :

(Détail)
Au Rwanda, des femmes et des hommes oeuvrent pour rétablir une forme de justice. Ils en sont persuadés, en tout cas. Ce récit est celui d’un de ces enfants victime d’une guerre absurde, mais ce n’est pas une atroce histoire de meurtre et de ravage ; tout au contraire, c’est un beau conte porteur d’espoir. Il a été écrit à la demande de Pierre C. qui donne tout son temps, son énergie et son amour inépuisable aux enfants de la guerre, à Kigali. Pierre C. a demandé à « ses enfants » de raconter leur Noël et nous avons choisi l’histoire de Modou, parmi une dizaine d’histoires tout aussi bouleversantes.

Je suis Modou, je suis né près de Kigali, sur les montagnes. J’ai un grand frère, Abdou, il est beau et il est fort. Nos parents ont disparu, les gens disent que nous ne savons pas s’ils sont encore vivants, mais moi, je suis sûr qu’ils sont vivants, qu’ils vont revenir.
L’an dernier, Abdou a perdu une jambe… Il gardait les vaches dans les collines et tout à coup, ça a explosé sous lui. Il m’a raconté qu’il était devenu sourd, ça le paniquait, il n’entendait plus rien… Il était allongé par terre dans un grand silence, il pensait même qu’il était mort. Puis il a senti sa jambe qui lui faisait mal, il a beaucoup pleuré quand il s’est aperçu qu’elle avait disparu. Il ne se souvient pas de la suite, il a dormi longtemps.
Abdou est resté dans un centre et ils ont promis de lui installer une fausse jambe, ça s’appelle une prothèse, c’est drôle comme nom, une prothèse, on dirait le nom d’un animal ou d’un génie des collines. C’est madame Clémence qui a dit ça, elle lui a dit : « Mon petit Abdou, je vais t’amener avec moi en Belgique et nous t’installerons une belle prothèse."
Madame Clémence, elle est très vieille et elle dit toujours « mon petit Abdou », « mon petit Modou », elle a plein de rides et elle ne sent pas bon, elle sent comme un mort, je n’aime pas quand elle me serre contre elle, mais elle est gentille, elle nous parle toujours doucement, elle ne gronde jamais.
L’autre jour, quand elle a dit à Abdou : « mon petit Abdou, nous partons en Belgique le 15 décembre, et nous amenons Modou avec nous pour qu’il te tienne compagnie », et bien, quand elle a dit ça, elle avait les yeux tout mouillés, elle s’est retournée et elle s’est mouchée un grand coup, ça a fait comme une trompette. Abdou et moi, on a rigolé, mais rigolé !
On est arrivé à Bruxelles la nuit, j’étais près du hublot et Abdou m’écrasait l’épaule pour regarder au dehors… madame Clémence était tout énervée, elle parlait fort et disait « Mes petits enfants, regardez, c’est Bruxelles, voyez toutes ces lumières comme c’est bien beau, n’est-ce pas ? ." Moi, je voyais bien que c’était très grand, c’est tout, mais quand nous sommes partis dans la voiture de monsieur Simon, c’était bien, elle ne faisait pas de bruit sa voiture, et elle ne secouait pas non plus et dehors, c’était tout blanc, tout enneigé disait madame Clémence.
Les blancs sont quand même bizarres ; monsieur Simon c’est le frère de madame Clémence, et bien quand ils se sont retrouvés, ça a été juste :
- Bonsoir, tu as fait bon voyage ?
- Oui, très bien, mais c’était long. Regarde, lui c’est le petit Abdou et lui c’est son frère, le petit Modou.
Et il nous a posé plein de questions sans s’occuper de sa sœur, mais je ne comprenais rien à ce qu’il disait alors je souriais… Il n'avait pas l’air méchant monsieur Simon. Madame Clémen


Enregistré le 8 Janvier 2006 à 12:49
par ♥alibraufinistère - 709689lui écrire blog
(tous ses textes)

Oeuvre Originale

Auteur :
Modou
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