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samiamax - 2220701 Publié le 10/08/2008 à 02:35 
 Le poète palestinien Mahmoud Darwich s'est éteint dans un hôpital américain Samedi 09 août 2008, 22h43 Mahmoud Darwich, considéré comme l'un des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi aux États-Unis dans un hôpital de Houston, où il avait subi une intervention chirurgicale. "M. Darwich est décédé à 13H35 locales" (18H35 GMT), a indiqué sans autre précision à l'AFP Ann Brimberry, porte-parole du Memorial Hermann-Texas Medical Center à Houston (sud) où il avait été admis. Mahmoud Darwich se trouvait dans un état critique à la suite d'une intervention chirurgicale, avait expliqué plus tôt un autre responsable de cet établissement. Selon des proches du poète, ce dernier avait subi une opération à cœur ouvert mercredi dans ce même hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire à la suite de complications. Il avait déjà subi deux opérations du cœur en 1984 et 1998. A Amman, l'ambassadeur palestinien a indiqué à l'AFP que le président palestinien Mahmoud Abbas allait envoyer un avion aux Etats-Unis pour rapatrier la dépouille du poète. "Un avion présidentiel s'envolera pour Houston ce soir ou demain (dimanche) matin pour ramener la dépouille de Darwich à Amman sous 48 heures", a dit Atallah Kheiry, précisant que le corps serait ensuite acheminé à Ramallah, en Cisjordanie. Considéré comme l'un des plus grands poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd'hui dans l'Etat d'Israël. Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants forcés à l'exil. La famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël avec un statut précaire. Au début des années 1970, il choisit l'exil. Il part pour Moscou étudier l'économie politique puis Le Caire en 1971. A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l'organisation de libération de la Palestine (OLP), rejoignant l'organisation alors en guerre avec Israël. Après la guerre israélienne au Liban durant l'été 1982, qui a forcé la direction de l'OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l'exil: Le Caire, Tunis puis Paris. En 1993, il démissionne de l'OLP pour protester contre les accords d'Oslo, estimant qu'ils n'apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens. En 1995, après l'avènement de l'Autorité palestinienne, il rentre sur sa terre: la bande de Gaza puis Ramallah. En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d'Israël pour la première fois depuis son exil afin d'assister aux funérailles de l'écrivain arabe israélien Emile Habibi. En juillet 2007, lors d'un récital donné en Israël, il ironise sur la prise du contrôle du mouvement islamiste Hamas de la bande de Gaza. "Nous avons triomphé. Gaza a gagné son indépendance de la Cisjordanie. Un seul peuple a désormais deux Etats, deux prisons qui ne se saluent pas. Nous sommes des victimes habillées en bourreaux", dit-il avec amertume. Le poète critique également la "mentalité israélienne de ghetto" et la politique israélienne qui empêche la création d'un Etat palestinien viable. Au festival des musiques du monde à Arles (sud-est de la France) en juillet dernier, il confiait préférer les thèmes universels de l'amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de ses débuts et vouloir être lu "comme un poète", "pas comme une cause".
| 2071658 Publié le 10/08/2008 à 03:30  Les écrivains, les philosophes ont parfois un poids important sur l'histoire. | Gladys - 835521 Publié le 10/08/2008 à 04:39  Rita et le fusil entre Rita et mes yeux, un fusil et celui qui connaît Rita se prosterne adresse une prière à la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel moi, j’ai embrassé Rita quand elle était petite je me rappelle comment elle se colla contre moi et de sa plus belle tresse couvrit mon bras je me rappelle Rita ainsi qu’un moineau se rappelle son étang Ah Rita entre nous, mille oiseaux mille images d’innombrables rendez-vous criblés de balles le nom de Rita prenait dans ma bouche un goût de fête dans mon sang le corps de Rita était célébration de noces deux ans durant, elle a dormi sur mon bras nous prêtâmes serment autour du plus beau calice et nous brûlâmes dans le vin des lèvres et ressuscitâmes Ah Rita quoi a pu éloigner mes yeux des tiens hormis le sommeil et les nuages de miel avant que ce fusil ne s’interpose entre nous il était une fois O silence du crépuscule au matin, ma lune a émigré, loin dans les yeux couleur de miel la ville a balayé tous les aèdes, et Rita entre Rita et mes yeux, un fusil
| samiamax - 2220701 Publié le 10/08/2008 à 04:56 
Et je veux vivre... J’ai à faire à bord du navire. Non pour préserver l’oiseau de notre faim Ou du mal de mer, Mais pour voir de près le déluge. Et après ? Que feront les rescapés de la terre ancienne ? Reprendront-ils le récit ? Qu’est le commencement ? Qu’est l’épilogue ? Aucun mort n’est revenu nous dire La vérité… O mort attends-moi à l’extérieur de la terre, Attends-moi dans tes contrées, le temps que j’achève Une conversation passagère avec ce qui reste de ma vie À proximité de la tente. Attends que j’achève la lecture de Tarafa ibn al-‘Abd. Les existentialistes me séduisent Qui puisent dans chaque instant Liberté, justice et vin des dieux… Alors ô mort, attends que j’achève Les préparatifs des funérailles dans le printemps fragile où je suis né, Où j’interdirai aux orateurs De répéter ce qu’ils ont déjà dit De la patrie triste et de l’obstination des figuiers et des oliviers Face au temps et à ses armées. Mahmoud Darwich, Murale.
| samiamax - 2220701 Publié le 10/08/2008 à 05:11 
Lire le chant profond de Mahmoud Darwich, c’est comme lire sur la paume de la terre, que seul les âmes pures peuvent voir ses traits de la vie, ses traits de l’amour et ses traits de la mort : “Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes et donne à ta vie une autre chance de restaurer le récit. Toutes les amours ne sont pas trépas, ni la terre, migration chronique. Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras la brûlure du miel ancien. Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux d’une jeune fille qui t’aime ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi elle t’aime ou ne t’aime pas. Adossé à un escalier, tu pourrais te sentir un autre dans les dualités. Sors donc de ton moi vers un autre toi, de tes visions vers tes pas, et élève ton pont car le non-lieu est le piège et les moustiques sur la haie irritent ton dos, qui pourraient te rappeler la vie ! Vis, que la vie t’entraîne à la vie, pense un peu moins aux femmes et dépose ici et maintenant la tombe que tu portes !” Mahmoud Darwich
| Gladys - 835521 Publié le 10/08/2008 à 06:44  Rita | ImpossibleDream - 2296826 Publié le 10/08/2008 à 16:39  tout mes condoléances et mes respects pour ce grand poète | zara - 2221326 Publié le 10/08/2008 à 16:43  oui c'est vrai que c'une grande perte mais bon on y passera ts un jour | 2221511 Publié le 10/08/2008 à 17:42  tout mes condoléances et mes respects pour ce grand poète que j'adore<merci samia de lancer ce sujet que je suis entrain de lancer memem moi oulah > ..... vraiment une perte pour les pays arabe | 2029504 Publié le 10/08/2008 à 20:30  Assiège ceux qui t'assiègent ! Mahmoud Darwich traduit par Yves Gonzalez-Quijano Comme si c'était une guerre rien que pour faire la guerre, sans autre but que de permettre qu'elle se perpétue, puisque tout le monde sait que l'épée ne pourra, cette fois encore, réduire l'âme d'un peuple. Les Arabes ont proposé une paix globale à Israël, en ne conservant qu'un cinquième du territoire de notre patrie historique. Israël a répondu à cette offre généreuse en déclarant, le lendemain, une guerre totale. Une fois encore, nous montrerons que nous sommes les plus forts sur le plan moral puisque c'est la seule chose que nous pouvons encore prouver ; le rapport de forces continuera à s'imposer, en dépit de tous les arguments intellectuels ou juridiques, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que ceux qui ne peuvent répliquer, parce que la paix est leur seul choix stratégique, sont précisément dans l'impossibilité d'obtenir cette paix ! Dans la noirceur de chaque nuit, des crimes ; dans chaque rue, des cadavres ; sur chaque mur, du sang qui hurle. On refuse aux vivants les droits les plus élémentaires à seulement survivre, et les morts n'ont même pas le repos de la tombe? Pourtant, malgré tout, demeure la volonté d'un peuple qui n'a d'autre choix que de résister. Et au milieu des battements de notre coeur blessé, nous nous demandons combien de temps il faudra applaudir à un Christ qui monte à son Golgotha ? Est-ce parce que le conflit israélo-arabe ne concerne plus que les seuls Palestiniens que l'on constate, sur cette scène drapée de rouge et de noir, pareille impuissance ? Il faut craindre que le cri d'Arafat ne soit figé en icône car il est porteur d'une esthétique du martyre qui dispense toute une nation du besoin d'agir en ce Vendredi saint interminable. Parce que les larmes soulagent le coeur, parce qu'elles lavent le corps des morsures salées de la douleur, les téléspectateurs arabes ont guetté en sanglotant la retransmission en direct du héros tragique atteignant au couronnement de sa destinée, celle qui parachèverait le mythe : qu'il finisse en martyr, en martyr, en martyr. Non, les Palestiniens n'ont certes pas besoin de ressentir plus ce qui fait leur solitude, leur singularité, et ils ne souhaitent pas jouer davantage encore le rôle de victime expiatoire ! Ce qu'ils veulent, c'est exister hors de la métaphore, vivre là où ils sont nés, libérer ce morceau de terre qui est le leur, cette part d'humanité qui est la leur, de l'emprise des mythes et de la barbarie de l'occupation, du mirage d'une paix qui ne leur a promis que la destruction. Mais leur droit à vivre, leur droit à une existence ordinaire, sur cette frange plus mince qu'un rêve mais suffisamment large pour un cauchemar, est sous le siège d'une réalité israélienne bardée de modernité guerrière et de mythologie raciste. Sous le siège aussi d'un décret américain qui, en plaçant la destinée du monde entre les cornes d'un taureau pris d'un galop fou, a supprimé toute distance entre les Etats-Unis et Israël. Sous le siège du suivisme absolu des Etats arabes, tellement absolu qu'ils ne savent même plus quémander, ni flatter une opinion publique en colère contre tout. Et nous nous demandons combien de fois les Palestiniens devront être assiégés pour que les Arabes sentent qu'ils partagent le même destin, qu'ils sont eux aussi assiégés et prisonniers, mais sans offrir la moindre résistance ? Les télévisions nous dispensent d'explication dans chaque maison, c'est notre sang qui est versé, dans chaque conscience. Ceux qui ne se sentent pas palestiniens aujourd'hui, au plus profond de leur coeur, ne reconnaîtront plus ce qui fonde leur identité, non pas que les valeurs "oubliées", jour après jour, au cours d'un processus de paix inique aient été retrouvées, mais bien parce qu'à une logique étroite de pertes et de profits, au pessimisme de la pensée, s'est substituée la volonté d'affirmer l'unique sens de notre existence : la liberté. Les Palestiniens n'ont pas le choix : face au programme d'anéantissement que s'est donné l'occupation israélienne, largement dotée de subventions américaines, ils ont choisi de résister, de faire front, à tout prix, le dos au mur, les yeux tournés vers une lueur d'espoir, une lueur qui, inexplicablement, continue à apparaître grâce à leur courage. Et nous nous demandons si, parmi ceux qui président, là-haut, aux destinées du monde, on a changé d'avis ? L'homme de la rue a déjà sa réponse à cette fausse question. Mais il en est une autre, que l'on ne pose pas, et qui consiste à se demander si l'on peut encore croire qu'il y a, dans cette région, un peuple de trop, le peuple palestinien, pour la seule et unique raison que le sang qu'il verse est un appel à la liberté, dans un monde qui n'en veut pas car il ne recherche rien d'autre que la stabilité de la servitude, subie ou volontaire. La guerre totale que les Israéliens livrent sur la terre de Palestine, dans ce qui fait l'âme de la Palestine, suscite bien des interrogations, en premier lieu sur les relations arabo-israéliennes et arabo-américaines. C'est Israël qui s'est empressé d'annoncer qu'il menait cette guerre pour sa survie, que sa "guerre de fondation" n'était pas encore achevée ? Et quand donc le sera-t-elle ? Si cela veut dire quelque chose, c'est bien que la liquidation du mouvement national palestinien demeure à l'ordre du jour, y compris dans le contexte du processus de paix, que les Palestiniens sont toujours menacés dans leur existence. C'est Israël qui nous incite à reprendre le combat là où nous l'avons commencé, à reconsidérer, non sans ironie, notre conception actuelle du conflit ; c'est lui également qui a déclaré la guerre à la paix, telle qu'elle avait été conçue. Qu'y a-t-il donc pour menacer son existence et le pousser à la défendre avec une telle sauvagerie ? Serait-ce la guerre que les Arabes ne lui déclarent pas ou bien la paix qu'ils lui proposent ? Il faut que subsiste le mensonge pour que la société israélienne puisse continuer à faire bloc autour de ses mythes fondateurs, pour que l'on continue à défigurer la nature du combat entre une occupation qui touche à sa fin et une résistance qui s'approche de la victoire. L'occupation serait-elle une condition essentielle de l'existence d'Israël ?… Notre seul salut passe par la défense de notre existence, en tant que Palestiniens, en tant qu'êtres humains ; la défense des "frontières" de cette existence, quand bien même nous avons le dos au mur. Nous n'avons pas le choix, pas le choix !" | Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 10/08/2008 à 20:32 
Citation: Les Arabes ont proposé une paix globale à Israël, en ne conservant qu'un cinquième du territoire de notre patrie historique. Israël a répondu à cette offre généreuse en déclarant, le lendemain, une guerre totale.
Dates ? Liens ? Et quid des Arabes d'Israël, pas si rares que ça puisque l'arabe y fait partie des deux langues officielles ? | 2086398 Publié le 10/08/2008 à 20:35  que son ame repose en paix. | samiamax - 2220701 Publié le 11/08/2008 à 00:58  "Si tu n’es pierre, mon amour, sois lune" Si tu n’es pluie, mon amour Sois arbre Rassasié de fertilité, Sois arbre Si tu n’es arbre mon amour Sois pierre Saturée d’humidité, Sois pierre Si tu n’es pierre mon amour Sois lune Dans le songe de l’aimée, Sois lune. [Ainsi parla une femme à son fils lors de son enterrement] Par Mahmoud Darwich
| 2369574 Publié le 11/08/2008 à 02:02  vous connaissez peut etre pas comment son déces est parevenu le pauvre il ne s ait jamais réveillé de son opération si c étais passé ds un pays arabe alors on va critiquer les compétences de nos médecins et de notre systeme alors que sa s est arrivé aux etats uni heureusement.!!!!!!!!!!!! | 2071658 Publié le 11/08/2008 à 02:10  Il était très fragile du coeur et ce genre de décès arrive partout . Dans les pays, disons moins riches, ce n'est pas la compétence des praticiens qui est en cause mais le manque de moyens techniques, de médicaments et le fait que les patients arrivent en hosto. souvent très tard, ce n'est pas une affaire de compétence : en Afrique par exemple, un médecin de brousse sait faire beaucoup de choses avec peu de moyens : petite chirurgie, césarienne etc... que les généralistes français ne savent plus faire. | samiamax - 2220701 Publié le 11/08/2008 à 02:39  DISPOSITONS POÉTIQUES Les étoiles n’avaient qu’un rôle : M’apprendre à lire J’ai une langue dans le ciel Et sur terre, j’ai une langue Qui suis-je ? Qui suis-je ? Je ne veux pas répondre ici Une étoile pourrait tomber sur son image La forêt des châtaigniers, me porter de nuit Vers la voie lactée, et dire Tu vas demeurer là Le poème est en haut, et il peut M’enseigner ce qu’il désire Ouvrir la fenêtre par exemple Gérer ma maison entre les légendes Et il peut m’épouser. Un temps Et mon père est en bas Il porte un olivier vieux de mille ans Qui n’est ni d’Orient, ni d’Occident Il se reposer peut-être des conquérants Se penche légèrement sur moi Et me cueille des iris Le poème s’éloigne Il pénètre un port de marins qui aiment le vin Ils ne reviennent jamais à une femme Et ne gardent regrets, ni nostalgie Pour quoi que ce soit Je ne suis pas encore mort d’amour Mais une mère qui voit le regard de son fils Dans les œillets, craint qu’ils ne blessent le vase Puis elle pleure pour conjurer l’accident Et me soustraire aux périls Que je vive, ici là Le poème est dans l’entre-deux Et il peut, des seins d’une jeune fille, éclairer les nuits D’une pomme, éclairer deux corps Et par le cri d’un gardénia Restituer une patrie Le poème est entre mes mains, et il peut Gérer les légendes par le travail manuel Mais j’ai égaré mon âme Lorsque j’ai trouvé le poème Et je lui ai demandé Qui suis-je ? Qui suis-je ? Par le défunt Mahmoud Darwich, Décédé le Samedi 09 Août 2008, 22h43 Traduction de l’arabe par Elias Sanbar
| samiamax - 2220701 Publié le 11/08/2008 à 12:16  Ils m’aiment mort Ils m’aiment mort pour pouvoir dire : il fut des nôtres, et il fut à nous. J’ai entendu les mêmes pas. Vingt ans qu’ils résonnent sur le mur de la nuit. Qu’ils viennent, mais ne poussent pas la porte. Ils sont entrés, cette fois. Boirez-vous du vin ? J’ai dit. Et ils ont répondu : Nous boirons ! Quand ferez-vous feu sur moi ? J’ai demandé. Et ils ont répondu : Patiente. Et ils ont alignés les coupes, puis se sont mis à glorifier le peuple. J’ai demandé : Quand commencerez-vous mon assassinat ? Ils ont dit : Nous avons commencé… Pourquoi as-tu envoyé des chaussures à l’âme ? Pour qu’elle puisse aller sur la terre ferme, j’ai dit. Pourquoi as-tu composé un poème blanc alors que la terre est noire ? J’ai dit : Parce que trente mers se déversent dans mon cœur. Ils ont alors dit : Pourquoi aimes-tu le vin de France ? J’ai dit : Parce que je suis digne de la plus belle des femmes. Comment souhaites-tu ta mort ? Bleue comme des étoiles qui coulent dans des plafonds. Boirez-vous encore un peu de vin ? Ils ont dit : Nous boirons. J’ai dit : Je vous demanderai d’être lents, de me tuer petit à petit pour que je compose un dernier poème à l’élue de mon cœur. Mais ils ont ri et, dans la maison, n’ont dérobé que les mots que je dirai à l’élue de mon cœur… Mahmoud Darwich. 1986
| samiamax - 2220701 Publié le 11/08/2008 à 12:22  Sur cette terre Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l’hésitation d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, le commencement de l’amour, l’herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu’inspire le soulèvement aux conquérants. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l’heure de soleil en prison, des nuages qui imitent une volée de créatures, les acclamations d’un peuple pour ceux qui montent, souriants vers leur mort et la peur qu’inspirent les chansons aux tyrans. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame. Mahmoud Darwich. 1986 | 2071658 Publié le 11/08/2008 à 18:26  Samaniax : de très beaux poèmes vraiment, est-il édité en Français ? Quand je constate qu'il faut qu'un poète meurt pour que je le découvre je me dis que décidémment nos cultures sont très cloisonnées et donc nos esprits le sont par voie de consèquence . | samiamax - 2220701 Publié le 12/08/2008 à 17:04 
Citation: Samaniax : de très beaux poèmes vraiment, est-il édité en Français ?
Depuis que j’ai appris la mort de Mahmoud Darwich, par un message envoyé dans ma boîte de réception sur le site Affection, j’étais en deuil, le monde arabe est en deuil, le monde entier est en deuil. Après avoir écouté la plupart de ses poèmes, et entendu sa voix sur les vidéo qui chante l’exil, l’amour d’une terre, l’amour d’une femme, il chantait ses joies, ses grandes souffrances pour ce monde dérisoire, j’ai réalisé qu’un grand poète comme lui ne pourra pas mourir, et il n’est pas mort, il est encore vivant. J’ai passé ces dernières nuits à écouter ses poèmes, sa prose, sa voix, et j’ai trouvé que c’était un grand récitant inspiré et charismatique de ses propres poèmes, il disait remarquablement son œuvre, il savait dire les mots qui sont d’une grande beauté et d’une grande sensualité. J’ai entendu ses poèmes sur les vidéos et je me suis imaginée dans cette foule, et j’ai eu l’impression que je suis entrée dans un monde merveilleux dans une Nuit orientale. Je suis tombée amoureuse de sa poésie, car il donnait une voix vivante réelle à ses vers, il leur donnait le souffle de la mer et l’âme de la terre et le ciel. Découvrez avec moi ce grand poète à travers sa poésie, et vous comprendrez, que c’est une légende, c’était une voix divine qui nous parlait et qui restera dans nos cœurs. Les poème de Mahmoud Darwich sont chantés en récitant en Français par de Didier Sandre , et traduit de l'arabe par Elias Sanbar. | samiamax - 2220701 Publié le 12/08/2008 à 17:18  Identité Ce poème, écrit en 1964, est devenu comme un refrain magique enflammant les coeurs et déchaînant les sentiments de fierté et d'enthousiasme des Palestiniens. Mahmoud Darwich est souvent interpellé, lors de ses récitals, par un public qui le lui réclame et voit en lui plus un prophète qu'un poète tout simplement... Mais à chaque fois, il refuse, préférant lire ses nouveaux poèmes. Inscris ! Je suis Arabe Le numéro de ma carte : cinquante mille Nombre d'enfants : huit Et le neuvième... arrivera après l'été ! Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine Et j'ai huit bambins Leur galette de pain Les vêtements, leur cahier d'écolier Je les tire des rochers... Oh ! je n'irai pas quémander l'aumône à ta porte Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Sans nom de famille - je suis mon prénom « Patient infiniment » dans un pays où tous Vivent sur les braises de la Colère Mes racines... Avant la naissance du temps elles prirent pied Avant l'effusion de la durée Avant le cyprès et l'olivier ...avant l'éclosion de l'herbe Mon père... est d'une famille de laboureurs N'a rien avec messieurs les notables Mon grand-père était paysan - être Sans valeur - ni ascendance. Ma maison, une hutte de gardien En troncs et en roseaux Voilà qui je suis - cela te plaît-il ? Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom. Inscris ! Je suis Arabe Mes cheveux... couleur du charbon Mes yeux... couleur de café Signes particuliers : Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré Et ma paume est dure comme une pierre ...elle écorche celui qui la serre La nourriture que je préfère c'est L'huile d'olive et le thym Mon adresse : Je suis d'un village isolé... Où les rues n'ont plus de noms Et tous les hommes... à la carrière comme au champ Aiment bien le communisme Inscris ! Je suis Arabe Et te voilà furieux ! Inscris Que je suis Arabe Que tu as rafflé les vignes de mes pères Et la terre que je cultivais Moi et mes enfants ensemble Tu nous as tout pris hormis Pour la survie de mes petits-fils Les rochers que voici Mais votre gouvernement va les saisir aussi ...à ce que l'on dit ! DONC Inscris ! En tête du premier feuillet Que je n'ai pas de haine pour les hommes Que je n'assaille personne mais que Si j'ai faim Je mange la chair de mon Usurpateur Gare ! Gare ! Gare À ma fureur ! Vidéo, " Inscris ! Je suis arabe..." (lu en arabe par Mahmoud Darwich, sous-titré en français) | samiamax - 2220701 Publié le 12/08/2008 à 17:28  En 1988, il a été accusé avec un de ses poèmes de souhaiter voir partir les Juifs d'Israël. Mahmoud Darwich s'en défendra en expliquant qu'il voulait dire qu'ils devaient partir de la Bande de Gaza et de Cisjordanie. Le poète écrivit : "Alors quittez notre Terre Nos rivages, notre mer Notre blé, notre sel, notre blessure." Et comme il est palestinien, il aimait voir son peuple vivre dans la paix avec Israël. "Mais nous souffrons d'un mal incurable qui s'appelle l'espoir. Espoir de libération et d'indépendance. Espoir d'une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l'école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d'amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir. " "Celui qui m'a changé en exilé m'a changé en bombe... Palestine est devenue mille corps mouvants sillonnant les rues du monde, chantant le chant de la mort, car le nouveau Christ, descendu de sa croix, porta bâton et sortit de Palestine." Et “En juillet 2007, Darwish retourne en Israël lors d’un récital donné à Haïfa, devant une foule considérable composée notamment de la plupart des députés arabes de la Knesset (Parlement israélien). À cette occasion, il ironise amèrement sur la prise du contrôle du mouvement islamiste Hamas de la bande de Gaza: «Nous avons triomphé. Gaza a gagné son indépendance de la Cisjordanie. Un seul peuple a désormais deux États, deux prisons qui ne se saluent pas. Nous sommes des victimes habillés en bourreaux». Le poète critique également la «mentalité israélienne de ghetto» et la politique israélienne qui empêche la création d’un État palestinien viable.”
| samiamax - 2220701 Publié le 12/08/2008 à 17:42  Mahmoud Darwich, en 31 Janvier 2006 La "saison en poésie" organisé par la Scène Nationale du Havre, Le Volcan autour de Darwich, par France Culture. Le spectacle a vu le poète dire ses textes en compagnie de Didier Sandre qui en assurait divinement une lecture en français. écoutez le poème "le puits" de Mahmoud Darwich par Didier Sandre au Havre, Au Grand Volcan, le 31 janvier 2006, cliquez-ici. Un extrait le "puits" de Mahmoud DARWICH: J'ai choisi un jour nuageux Pour passer par le vieux puits Il est peut-être plein de ciel Il a peut-être débordé le sens Et la parabole du berger Je boirais une pomme de son eau Et je dirai aux mort Qui l'entourent Que la paix soit sur vous Qui demeurent autour du puits...
| zara - 2221326 Publié le 12/08/2008 à 19:25  le comble avc darwish est que il est l'un ds rares prsonnes non seulment a écrire de beaux poemes mais aussi a savoir les lires ncar c'est encore plus défficile de lire un poeme que de l'écrire et le défun avait un talant fou ,il été capable de te faire réver . paix a son ame . | samiamax - 2220701 Publié le 13/08/2008 à 08:39  Dans « La terre nous est étroite et autres poèmes », cette anthologie publiée dans la prestigieuse collection « Poésie », chez Gallimard, est une sélection « personnelle » de l'auteur de morceaux écrits entre 1966 et 1999, traduits par Elias Sanbar, « poète parallèle - ainsi Mahmoud Darwich, il publie ce poème en empruntant l'histoire de Joseph du récit coranique (et biblique)reprochant ses frères arabes. « Je suis Joseph, ô mon père », l'inquiétante prière teintée d'ironie de Joseph, l'homme aux songes de la Genèse, mis au ban par ses frères jaloux de l'amour excessif que lui voue le père : « Mes frères ne m'aiment pas et ne veulent pas de moi en leur sein. Ils m'agressent et me lapident de cailloux et de mots (...) Qu'ai-je donc fait, mon père ? Et pourquoi moi ? Tu m'as appelé Joseph, mais ils m'ont jeté dans le puits et accusé le loup (...) Ai-je porté préjudice à quiconque, lorsque j'ai dit : "J'ai vu onze astres et le soleil et la lune, et je les ai vus, devant moi, prosternés. » Il faut savoir aussi à cause de ce poème qui a été interprété par le célèbre musicien Marcel Khalifé a été traîné en justice pour blasphème et insulte aux valeurs religieuses, qui a été écrit par Mahmoud Darwich et citait un verset du Coran. Dans ce poème, Darwich partageait la peine de Joseph, rejeté voir haï par ses frères car trop honnête et bon. "Oh mon père, Je suis Joseph, et mes frères ni ne m'aiment ni ne me veulent parmi les leurs." Mais certains chefs religieux prennent sa défense comme Youssef al Qaradawi ce qui calma les tensions. Ecoutez ce poème, lu en arabe par Mahmoud Darwich, sous-titré en français, cliquez-ici. Vidéo " La terre nous est étroite".
| samiamax - 2220701 Publié le 13/08/2008 à 09:50  Dernier recueil de Mahmoud Darwich "Comme des fleurs d'amandier ou plus loin" Traduit de l'arabe par E. Sanbar - Paris, Actes Sud, Sept. 2007 Dans sa tentative de décrire les fleurs d'amandier, Mahmoud Darwich, se rend vite compte de son échec et conclut que si un auteur parvenait à le faire, la brume se rétracterait des collines et le peuple scanderait à l'unisson : « Ni patrie ni exil que les mots, mais passion du blanc pour la description des fleurs d'amandier. Ni neige ni coton. Qui sont-elles donc dans leur dédain des choses et des noms ? Si quelqu'un parvenait à une brève description des fleurs d'amandier, la brume se rétracterait des collines et un peuple dirait à l'unisson : Les voici, les paroles de notre hymne national ! » . Mahmoud Darwich poursuit dans ce recueil une recherche commencée il y a au moins dix ans, aux frontières de la poésie et de la prose. Mais au-delà de toute préoccupation technique, demeurent ses choix premiers : en poésie, toute idée, toute pensée doit passer par les sens ; toute poésie est d'abord orale, et par là musique ; et elle s'arme de fragilité humaine pour résister à la violence du monde. Poèmes extraits de son dernier recueil, « Comme des fleurs d’amandier ou plus loin », traduits de l’arabe par Elias Sanbar (Actes Sud, 2007), "une réponse par le simple à l’épique, à l’héroïque", dit-il, lus par lui et par Didier Sandre: Cliquer-ici pour écouter | samiamax - 2220701 Publié le 13/08/2008 à 10:26  Sécheresse (Poème écrit entre 1966 et 1999) Cette année est difficile, L'automne ne nous a rien promis, Nous n'avons pas attendu les messagers Et la sécheresse est telle qu'en elle-même : une terre souffrante Et un ciel doré. Que mon corps soit mon temple. ...À toi d'atteindre le pain de mon âme Pour te connaître toi-même. Et je suis sans limites, Si je le désire : Avec un épi, j'agrandis mon champ. Et j'élargis cet espace avec une tourterelle. Que mon corps soit mon pays. La sécheresse scrute le fleuve, regarde les palmiers, Mais elle ne remarque pas mon puits profond. Et par toi je suis infini... L'automne, le ciel est authentique. Imagine-toi, ne serait-ce qu'une fois, femme, Et tu verras ce que je vois. Mon corps est mon maître. La sécheresse est toujours là. Chaque fois Qu'une idée tarit, fleurit le chœur Des flatteurs : Que d'eau, que d'eau! Qu'ai-je besoin de la prophétie ? Alors que les anges Bons sont les hôtes du nuage des rêveurs ? Qu'ai-je besoin de ton livre, quand ce qui est en toi est en moi ? Mon corps éclot dans mon corps. Et la sécheresse fait ses adieux aux années maigres. Il faudra une trêve dans la ville, Des chèvres qui broutent l'herbe Dans les livres des Babyloniens ou des autres Pour que le ciel devienne authentique... Éclaire donc de ton vin mon obscurité et mon sang Et élis demeure avec moi dans mon corps ! Mahmoud Darwich - ("La terre nous est étroite " traduction d'Élias Sanbar* - Éditions Poésie-Gallimard, 2000)
| samiamax - 2220701 Publié le 13/08/2008 à 10:42  Poème de la terre Mon pays loin de moi, tel mon cœur Mon pays proche de moi, telle ma prison Pourquoi est-ce que je chante ici Alors que ma face est ailleurs ? Pourquoi ce chant mien Pour un enfant qui dort sur le safran Un poignard suspendu sur sa couche Pourquoi ce chant Alors que ma mère me tend sa poitrine et meurt devant moi d'une effluve d'ambre » Mahmoud Darwich, Poème de la terre. | Pépite 13 - 2203138  Publié le 13/08/2008 à 14:00  Merci Samia de m'avoir permis de découvrir cet Homme admirable de par ses Ecrits et pour ce qu'IL représentait ... Ses Textes sont d'une Beauté infinie..... Il est parti un 9 août...chez nous, c'est la "Saint Amour".... Je vous embrasse toutes et tous... | samiamax - 2220701 Publié le 13/08/2008 à 17:34  Merci pour toi Pépite , et tous ceux qui ont participé à ce forum, même si il ne sont pas nombreux, la poèsie est avant tout un art et c'est pas facile de dire les mots des vers et récités divinement comme faisait Mahmoud Darwich, qui pouvait extérioriser les maux avec ces poèmes. Je continuerais sur ce forum, à parler de sa poèsie et à faire découvrir tous ses poèmes pour les lecteurs. | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 13/08/2008 à 17:57  PAIX A SON AME
Je désire revoir le visage de ma mère et mon école et me mettre en rang comme un enfant, et laisser mes hymnes galoper sur le sol" Mahmoud Darwich  |
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