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POETE ET POESIE DU MONDE !!!!

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Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 13/02/2008 à 20:51 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
On peut être poète dans tous les domaines :
il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte.









On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte.
[Guillaume Apollinaire]
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920 lui écrire blog Publié le 27/07/2008 à 19:34 supprimer cette contribution
Citation:
Son talent lui permettait de développer différentes formes d'expression artistique et d'aborder tous genres de films: les films autobiographiques, les reconstitutions historiques ou encore la comédie musicale
Euh ? Voilà qui pourrait être dit tel quel à la mort d'une douzaine de réalisateurs ou de producteurs. Sarko connaissait-il si peu son sujet lorsqu'il a été interrogé ?
Citation:
Très attaché à son (pays) mais ouvert sur l'universel,
Cela dit, ça aussi, c'est vraiment passe-partout. Ca peut être dit de Wim Wenders, de Federico Fellini, de Frank Capra, de Stanley Kubrick et même d'Otto Preminger. C'est dire si ça ratisse large
Diane-F - Final Fantasy - 2025831 lui écrire blog Publié le 27/07/2008 à 19:38 supprimer cette contribution
Oui
Même de moi
Mais je crois qu'il a un petit condensé de phrases passe-partout
Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920 lui écrire blog Publié le 27/07/2008 à 19:44 supprimer cette contribution
Cela fait penser au cancre interrogé sur le Danube, vu par Goscinny :

« Il commence avec assurance par dire que le Danube est un fleuve et que, comme tous les fleuves, celui-ci possède naturellement une source et un embouchure. Il ajoute que son écoulement se fait la source vers l'embouchure, surtout au moment du dégel, et qu'il coule dans plusieurs villes, mais qu'on le trouve tout de même surtout à la campagne. Il est éventuellement navigable par des bateaux à fond plat, parce qu'on ne sait jamais, hein, regardez la Loire, bien que la Loire soit plutôt connue pour ses fameux châteaux dont les plus renommés font l'objet de nombreuses visites de touristes à la belle saison.

Sommé par le professur de désigner le Danube sur la carte muette, l'interrogé répond par un grand geste circulaire passant par la Norvège, l'Oural, l'Afrique du Nord et les Landes; à la suite de quoi le professeur renvoie l'élève à sa place et le note du même geste circulaire, mais en plus petit. »
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 27/07/2008 à 19:45 supprimer cette contribution


http://www.dailymotion.com/video/x2rrjx_darwich-sandre-au-havre_politics

Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 28/07/2008 à 13:36 supprimer cette contribution
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 17:47 supprimer cette contribution

décès du poète Mahmoud Darwich



Mahmoud Darwich (محمود درويش), né le 13 mars 1941 à Al-Birwah, en Galilée, en Palestine sous mandat britannique), est une des figures de proue de la poésie palestinienne. Il est décédé le 9 août 2008 dans un hôpital du Texas (États-Unis).[1]

Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid Le nouveau), Al-fajr (L'aube), Shu'un filistiniyya شؤ- Affaires palestiniennes) et Al-Karmel (الكرمل) . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues.

Dans les années 1960, Darwish a rejoint le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de 30 ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah.
Sommaire
Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 17:50 supprimer cette contribution
adieu poète.
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 17:53 supprimer cette contribution
Quel tristesse,

apres youcef shahine

HOMMAGE

Ô Hélène quelle pluie !

Mahmoud Darwish

Traduit de l’arabe par : Noureddine Mhakkak.

Mahmoud Darwish

Le mardi, j’ai rencontré Hélène
A quinze heures
A l’heure de l’ennui infini,
Mais le tintement de la pluie
Avec une femme comme Hélène
Est un chant de voyage

Pluie,
Quelle nostalgie…nostalgie du ciel
Au ciel !
Pluie,
Quel gémissement….gémissement des loups
Pour leur espèce !

Il pleut sur le toit de la sécheresse,
Sécheresse dorée dans les icônes des églises,
A quelle distance la terre est-elle loin de moi ?
Et l’amour de toi ?
Dit l’étranger à la vendeuse de pain, Hélène,
Dans une rue étroite comme ses chaussettes,
-Pas plus d’un mot….et pluie !
Pluie affamée d’arbres…
Pluie affamée de pierres…

Et l’étranger qui poursuit :
Hélène, Hélène ! Est-ce que l’odeur de pain
Monte maintenant
De toi, vers une fenêtre
Dans un pays lointain …
Pour répéter les paroles d’Homère ?
Est-ce que l’eau jaillit de tes épaules
Vers des arbres séchés dans un poème
Et Hélène de lui répondre :
Ô quelle pluie !
Ô quelle pluie !

L’étranger lui dit alors :
Me faut Narcisse pour que je puisse regarder
L’eau, la tienne
Regarder mon corps.
Regarde
Ô toi Hélène,
Dans l’eau de nos rêves tu trouveras
Les morts sur tes rivages qui chantent pour
Ton nom :
Hélène …Hélène ! Ne nous laisse pas
Seuls comme la lune

Ô quelle pluie !
Ô quelle pluie !

Et l’étranger qui poursuit :
J’ai déjà fait la guerre
Sous tes ordres,
Et tu n’es pas innocente de mon sang asiatique.
Et tu ne seras jamais innocente
D’un sang
Caché dans les veines de tes roses .Hélène
Qu’il étaient durs les grecs d’autan !
Et qu’il était morose, Ulysse, cet amoureux
De voyages
Qui cherchait sa légende
Dans les pèlerinages !

J’ai révélé ce que je lui ai tue
Et ce que j’ai dit je l’ai caché
A Hélène.
Mais elle sait ce que l’étranger ne peut dire …
Et sait ce qu’il chuchote à l’odeur
Qui se brise sous la pluie.
Elle lui dit enfin :
La guerre de Troie n’a eu lieu
Jamais !

Ô quelle pluie !
Ô quelle pluie !

In « Pourquoi as-tu laissé
le cheval tout seul »
First Published in 1995
Riad El –Rayyes BOOKS Ltd.
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:03 supprimer cette contribution
La poésie en Deuil



Considéré comme l'un des plus grands poètes arabes, il s'est éteint à 67 ans dans un hôpital aux Etats-Unis à la suite d'une intervention chirurgicale à coeur ouvert. Trois jours de deuil national ont été décrétés pour lui rendre hommage.
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:14 supprimer cette contribution
Quand les hommes pleurent...

relevé des textes écrits et dits par Mahmoud Darwich M.


Ils ne m'ont pas reconnu dans les ombres

qui absorbent ma déchirure sur le passeport.

ils ne m'ont pas reconnu dans les ombres

qui absorbent ma déchirure sur le passeport

ils exposaient ma déchirure aux touristes

collectionneurs de cartes postales

ils ne m'ont pas reconnu

ne laisse donc pas

ma paume sans soleil

car les arbres

me connaissent

toutes les chansons de la pluie me connaissent

ne me laisse pas aussi pâle que la Lune.



(VOIX DU POÈTE)


Enfante-moi... enfante-moi (Lidinni),

pour que je sache en quelle terre je mourrai (Amoutou)

et en quelle terre je ressusciterai (Aeia).

(Salamoun) Paix sur toi qui prépare le feu

du matin (Sabahi), paix sur toi, paix sur toi

(Anahali) N'est-il pas venu le temps de t'offrir

quelque présent, le temps de revenir à toi ?



(VOIX DU POÈTE)
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:15 supprimer cette contribution
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:17 supprimer cette contribution
La puissance des mots pour une liberté infinie

Ce maillage des contraires sans être un mariage ou une alliance définitive au sein de son univers, procure à sa poésie une infinie liberté dont la musicalité sans cesse renouvelée flirte constamment avec le tempo d’une rime inattendue offrant à la langue une puissance décuplée. Cette puissance du verbe qui atteint les tréfonds de l’être rassemble là où il passe, immanquablement les foules. M. Sambar raconte :
"Quand Darwich intervient dans un endroit, il y a toujours foule. A Alger par exemple, il y a eu des bagarres et des blessés. A Beyrouth le stade de football qui a accueilli sa prestation a rassemblé 35.000 personnes. Au Soudan, encore c’était noir de monde et les gens montaient sur les arbres de manière à recouvrir complètement les branches



Adieu Poete
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:21 supprimer cette contribution








DÉPOSE ICI ET MAINTENANT



Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes
et donne à ta vie une autre chance
de restaurer le récit.
Toutes les amours ne sont pas trépas,
ni la terre, migration chronique.
Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras
la brûlure du miel ancien.
Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux
d’une jeune fille qui t’aime
ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi
elle t’aime ou ne t’aime pas.
Adossé à un escalier, tu pourrais
te sentir un autre dans les dualités.
Sors donc de ton moi vers un autre toi,
de tes visions vers tes pas,
et élève ton pont
car le non-lieu est le piège
et les moustiques sur la haie irritent ton dos,
qui pourraient te rappeler la vie !
Vis, que la vie t’entraîne
à la vie,
pense un peu moins aux femmes
et dépose
ici
et maintenant
la tombe que tu portes !

M.Darwich
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:30 supprimer cette contribution
Mahmoud Darwich

NOUS MANQUAIT UN PRÉSENT

Partons tels que nous sommes :
Une dame libre
Et son ami fidèle.
Partons ensemble dans deux chemins.
Partons tels que nous sommes, unis
Et séparés.
Rien ne nous fait mal,
Ni le divorce des colombes
Ni le vent autour de l’église …
Ou le froid au creux des mains.
Les amandiers n’ont pas assez fleuri.
Souris et ils fleuriront encore
Entre les papillons de tes fossettes.

Sous peu nous aurons un autre présent.
Retourne-toi, tu ne verras
Qu’exil, derrière toi :
Ta chambre à coucher,
Le saule de la place,
Le fleuve derrière les immeubles de verre
Et le café de nos rendez-vous … tous, tous
Prêts à se muer en exil.
Soyons donc bons
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 10/08/2008 à 18:33 supprimer cette contribution





Mahmoud Darwich






"Je désire revoir le visage de ma mère
et mon école et me mettre en rang comme un enfant,
et laisser mes hymnes galoper sur le sol"
Mahmoud Darwich
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 18/08/2008 à 17:56 supprimer cette contribution
Mahmoud Darwich
L'œuvre de Darwich, essentiellement poétique, est une véritable défense et illustration d'une terre, d'un peuple, d'une culture en même temps qu'une entreprise hardie de génèse littéraire. Elle est hantée d'un bout à l'autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps: la Palestine. La solitude et le désarroi de l'exil exprimés côtoient l'acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d'une charge poétique intense.

L'œuvre en prose de Darwich comprend un récit, Une mémoire pour l'oubli, qui restitue un jour de la vie d'un homme, le poète lui-même, pendant le siège de Beyrouth en 1982 par les troupes israéliennes.





(VOIX DU POÈTE)
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 16:03 supprimer cette contribution
Il suffit parfois

Il suffit parfois

D’un aboiement nocturne

Un souffle des frondaisons

Pour que le cœur expire



Il suffit parfois

D’un geste de mépris

D’une odeur dans la nuit

Pour que l’âme se rende



Il suffit parfois

D’un souvenir fugace

Un désir inconscient

Pour que les yeux se leurrent



Il suffit parfois

Que je pense à celui

Dont mon âme est enceinte

Pour que la mort exulte.



Il suffit parfois

Qu’il me dise Je t’aime

Que je lui appartienne

Pour constater l’absence



Il suffit parfois

Que la nuit soit ancrée

Que son ombre revienne

Pour m’aider à mourir

Djamel mazouz
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 16:11 supprimer cette contribution



Le cœur en girouette

Dans mon lit dort un matelot

Fatigué de la mer et de ses trahisons

Il dort les poings croisés sur son cœur

Il dort le cœur tanguant au rythme du vent

Dehors le ciel est resté gisement amer

Dehors ce n’est plus l’océan ni la mer

Dehors c’est un chantier en construction

Des dalles et des employés de bâtiment

Dont un travaille sans casque d’ailleurs

Et Je me demande s’il est un peu voyeur

Pour me voir dans le noir derrière ma fenêtre

Dehors le ciel est resté gris de ces écorces rugueuses

Mais le soleil ne désespère point et ne cesse de déchirer

De toutes ses forces les couvertures couleur de cendres

Et le sang parcourt mes artères

Je suis une terre qui a besoin d’être labourée

Je me laisse aller au rythme des saisons déraisonnées

Inés Ammar




Tunisienne, née en 1979, Inès Ammar a poursuivi des études doctorales en littérature et civilisation françaises à Paris. Elle écrit des poèmes et des nouvelles en langue française.

Ses hèmes favoris sont: le sentiment d'exil, la nostalgie de la terre natale, la liberté (de la femme) et... l'amour.

"Inès Ammar s’affranchit des rimes et du rythme classiques, trop étroits pour ses images, trop étouffants pour livrer ses secrets et ses blessures.

Par ses poèmes, elle nous tisse un fil d’Ariane et nous offre ce qu’elle a dans l’âme et sur le cœur, au travers de vers dont la profondeur n’a d’égal que la beauté. " (4ème de couverture de Des mots (et) des fils.
amazigh - 475546lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 16:20 supprimer cette contribution
RAISON DU CRI

s'il n'y avait ce cri,
en forme de pierre aiguë
et son entêtement à bourgeonner

s'il n'y avait cette colère,
ses élancements génésiques
et son soc constellant,

s'il n'y avait l'outrage,
ses limaces perforantes
et ses insondables dépotoirs,

l'évocation ne serait plus
qu'une canonnade de nostalgies,
qu'une bouffonnerie gluante,

le pays ne serait plus
qu'un souvenir-compost,
qu'un guet-apens
pour le larmier.

Tahar Djaout

amazigh - 475546lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 19:05 supprimer cette contribution
Les mots m'ont pris par la main



Je demeurai longtemps derrière un Vittel-menthe

L'histoire quelque part poursuivait sa tourmente

Ceux qui n'ont pas d'amour habitent les cafés

La boule de nickel est leur conte de fées

Si pauvre que l'on soit il y fait bon l'hiver

On y traîne sans fin par la vertu d'un verre

Moi j'aimais au Rocher boulevard Saint-Germain

Trouver le noir et or usagé des sous-mains

Garçon de quoi écrire Et sur la molesquine

J'oubliais l'hôpital les démarches mesquines

A raturer des vers sur papier quadrillé

Tant que le réverbère au-dehors vînt briller

Jaune et lilas de pluie au cœur du macadam

J'épongeais à mon tour sur le buvard-réclame

Mon rêve où l'encre des passants abandonna

Les secrets de leur âme entre deux quinquinas

J'aimais à Saint-Michel le Cluny pour l'équerre

Qu'il offre ombre et rayons à nos matins précaires

Sur le coin de la rue Bonaparte et du quai

J'aimais ce haut Tabac où le soleil manquait

Il y eut la saison de la Rotonde et celle

D'un quelconque bistrot du côté de Courcelles

Il y eut ce café du passage Jouffroy

L'Excelsior Porte-Maillot Ce bar étroit

Rue du Faubourg-Saint-Honoré mais bien plus tard

J'entends siffler le percolateur dans un Biard

C'est un lieu trop bruyant et nous nous en allons

Place du Théâtre-Français dans ce salon

Au fond d'un lac d'où l'on

Voit passer par les glaces

Entre les poissons-chats les voitures de place

Or d'autres profondeurs étaient notre souci

Nous étions trois ou quatre au bout du jour

Assis

A marier les sons pour rebâtir les choses

Sans cesse procédant à des métamorphoses

Et nous faisions surgir d'étranges animaux

Car l'un de nous avait inventé pour les mots

Le piège à loup de la vitesse

Garçon de quoi écrire Et naissaient à nos pas

L'antilope-plaisir les mouettes compas

Les tamanoirs de la tristesse

Images à l'envers comme on peint les plafonds

Hybrides du sommeil inconnus à Buffon

Êtres de déraison Chimères

Vaste alphabet d'oiseaux tracé sur l'horizon

De coraux sur le fond des mers

Hiéroglyphes aux murs cyniques des prisons

N'attendez pas de moi que je les énumère

Chasse à courre aux taillis épais Ténèbre-mère

Cargaison de rébus devant les victimaires

Louves de la rosée Élans des lunaisons

Floraisons à rebours où Mesmer mime Homère

Sur le marbre où les mots entre nos mains s'aimèrent

Voici le gibier mort voici la cargaison

Voici le bestiaire et voici le blason

Au soir on compte les têtes de venaison

Nous nous grisons d'alcools amers

O saisons

Du langage ô conjugaison

Des éphémères

Nous traversons la toile et le toit des maisons

Serait-ce la fin de ce vieux monde brumaire

Les prodiges sont là qui frappent la cloison

Et déjà nos cahiers s'en firent le sommaire

Couverture illustrée où l'on voit Barbizon

La mort du Grand Ferré Jason et la Toison

Déjà le papier manque au temps mort du délire

Garçon de quoi écrire

Louis ARAGON


amazigh - 475546lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 19:12 supprimer cette contribution
MA VIE


Du tribut de mon sang j'ai irrigué les monts

Mon empreinte s'imprime à jamais,

Quand ils ont en juré l'anéantissement ;

Qui s'impatiente de me voir mort,

et qui calomnie mon nom,

A chaque col devra m'affrontent,

J'ai laissé mon bien à l'abandon,

Je l'ai trouvé gisant dans l'immondice,

J'ai porté le regard sur mon honneur,

J'ai vu des bourreaux. Bien que la force ait fui mes membres,

Ma voix demeure, qui retentira,

Ils l'entendront !

L'on dit : La montagne s'est ébranlée !

Et tu n'y étais pas !

Chacun s'en va répétant,

C'est aujourd'hui jour de l'an.

Notre terre étincelle comme un phare. A Tizi le peuple afflue.

A Bougie éclatent les salves de la victoire,

L'on a brisé le joug de nos souffrances :

Ma vie ! Ma vie !

Les montagnes sont ma vie !

Ah ! Etre présent au milieu de vous,

Ne fût- ce que par la parole combattre !

Les calvaires dont je suis frappé

Sont devenus mon unique empire,

Mais puisque les Kabyles s'unissent,

Ils dissiperont nos funestes tares,

A quoi bon les vains verbiages :

La berbérité fonde leur histoire ;

Elle est la racine de leur vie,

Il est temps que se purifie notre condition.

Ma vie ! Ma vie !

Les montagnes sont ma vie !

A bon droit mon cœur s'afflige,

Puisque je ne suis pas parmi vous.

Son fardeau lui pèse, déborde,

Excède ses forces, il n'en peut plus !

Il veut que l'entendent les malfaisants,

Ceux-là qui mangeront du foin

Quand notre blé purgé de l'ivraie.

Que celui qui dit l'esseulé humilité,

Vienne affermir son propos,

S'il nous terrasse, c'est bien fait !

Les mots infâmes triomphent de la malédiction,

Selon l'adage de nos ancêtres.

Pourquoi irai-je me tourmenter,

Pour quelques brimborions ?

Les forces me reviendront,

Portez mon salut aux enfants,

Qu'ils chantent la terre de Berbérie :

L'héritage de Mouloud Mammeri,

Comme la foudre dans le ciel éclate :

En sentez-vous les gouttes tomber ?

Ma vie ! ma vie !

Les montagnes sont ma vie !

Lounes Matoub

amazigh - 475546lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 19:28 supprimer cette contribution

Pourquoi??

Lorsque tes yeux sur moi se posent,
Ils lèvent le voile de mes rancœurs.
Du temps que j’allais à tes côtés
J’avais la vision de ma déchéance.
Mon âme à ton empire abandonnée
Je m’y engouffrais sans retenue.
Je me vis trois fois sot au milieu de tous,
Soumis à l’humeur de ma concupiscence :
Pourquoi ceci, pourquoi ?
Une fois par tes chaînes asservi
Dans ta sombre fosse tu m’étouffas,
Tu arrachas le soleil à mes yeux,
Mais de son feu tu fis darder les tortures.
De mes os la moelle liquéfiée,
Tu en recueillis les gouttes de souffrance :
Demeure mon osseuse carcasse glacée,
Pour achever ton vœu, broie - la !
Pourquoi ceci, pourquoi ?
Je convoite l’oubli dans l’ivresse
Et je rafistole mes désirs révolus.
Des années semblables pour moi incessantes,
Je guette ma bonne fortune.
Je vois tant de filles convoler…
Dire que mes filles auraient leur âge.
J’ai moi-même borné ma vie,
Mes fers traînant au piquet.
Pourquoi ceci, pourquoi ?
Bien que tu m’aies laissé ainsi terrassé
Je te veux, comme l’œil l’acétate de cuivre.
Pour mon cœur l’espérance est bien vaincue,
Le voici flétri à la semblance d’une loque.
En moi ardente tel un châtiment fumigatoire,
Tu m’embrases, me consumes,
Me réduis en lambeaux de chair ;
Je déchois corps et biens.
Pourquoi ceci, pourquoi ?
Si ton frère exhibe des champs de figuiers splendides,
Hâte – toi, avec ardeur pince, recèpe tes plants !
S’il exhibe ses beaux édifices, hâte - toi !
A ton tour, bâtis de plus beaux palais !
Mais s’il te surpasse par la beauté de sa femme,
Triste ami, toute réplique serait vaine…
Pardonne alors le scandale de mon chant :
Je le traîne depuis des temps antiques…
Pourquoi ceci, pourquoi ?

Lounes Matoub


Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 22:05 supprimer cette contribution
Que vaut-il mieux? S'asseoir dans une taverne, puis faire son examen de conscience,
ou se prosterner dans une mosquée, l'âme close?
Je ne me préoccupe pas de savoir si nous avons un Maître et ce qu'il fera de moi,
le cas échéant.


Kayyâam






Tout le monde sait que je n'ai jamais murmuré la moindre prière.
Tout le monde sait aussi que je n'ai jamais essayé de dissimuler mes défauts.
J'ignore s'il existe une Justice et une Miséricorde...
Cependant, j'ai confiance, car j'ai toujours été sincère.




khayyâam

amazigh - 475546lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 13:54 supprimer cette contribution
Roman inachevé


Comme il a vite entre les doigts passé

Le sable de jeunesse

Je suis comme un qui n'a fait que danser

Surpris que le jour naisse

J'ai gaspillé je ne sais trop comment

La saison de ma force

La vie est là qui trouve un autre amant

Et d'avec moi divorce

Rien n'est plus amer A qui t'en prends-tu

Plus commun plus facile

Que perdre son temps et le temps perdu

Pourquoi t'en souvient-il

Le hasard fait que j'y pense parfois

Et toujours je m'étonne

Ainsi je fus ainsi j'ai vécu moi

Ce printemps monotone

On n'en peut compter rien d'intéressant

Malgré ses airs baroques

Et je n'ai jamais été qu'un passant

Embourbé dans l'époque

De loin tout ça paraît aventureux

Saoulant blasphématoire

Les nouveaux venus en parlent entre eux

On en fait des histoires

Vous du moins dit-on vous aurez bien ri

Entre les draps du drame

Sûr cela valait d'y mettre le prix

Fût-ce le corps et l'âme

Vous aurez été libres de rêver

Libres comme l'injure

Mais vous regardez nos pieds entravés

Avoir raison c'est dur

Ils rêvent pourtant ces fils d'aujourd'hui

Où toute chose est claire

Et s'ils ont regret c'est de notre nuit

Et de notre colère

Ah le beau plaisir que lire aux bougies

Des choses éternelles

Ils voudraient troquer l'idéologie

Pour l'irrationnel

Ne voyez-vous pas malheureux enfants

Que tout ce que nous fûmes

Se dresse devant vous et vous défend

Le seuil mauvais des brumes

Ce que nous étions nous l'avons payé

Plus qu'on ne l'imagine

Et regardez ceux qui vous foudroyés

Sans cœur dans leur poitrine

Mais qu'espéraient-ils et qui ne vint pas

Quels astres quelles fêtes

De qui croyez-vous ces traces de pas

Des hommes ou des bêtes

Ils s'imaginaient d'autres horizons

D'autres airs de musique

Et vous vous plaigniez vous d'avoir raison

Sur leur métaphysique

Moi j'ai tout donné que vous sachiez mieux

La route qu'il faut prendre

Voilà que vous faites la moue aux cieux

Et vous couvrez de cendres

Moi j'ai tout donné mes illusions

Et ma vie et mes hontes

Pour vous épargner la dérision

De n'être au bout du compte

Que ce qu'à la fin nous aurons été

A chérir notre mal

Le papier jauni des lettres jetées

Au grenier dans la malle

Louis ARAGON

amazigh - 475546lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 19:12 supprimer cette contribution
Les yeux d'Elsa


Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir se mirer

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire



A l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L'été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés



Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur

Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie

Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure



Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé



Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche



Une bouche suffit au mois de Mai des mots

Pour toutes les chansons et pour tous les hélas

Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres

Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux



L'enfant accaparé par les belles images

Ecarquille les siens moins démesurément

Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens

On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages



Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où

Des insectes défont leurs amours violentes

Je suis pris au filet des étoiles filantes

Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août



J'ai retiré ce radium de la pechblende

Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu

O paradis cent fois retrouvé reperdu

Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes



Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa

Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent

Moi je voyais briller au-dessus de la mer

Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa

Louis ARAGON

Diane-F - Final Fantasy - 2025831 lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 19:15 supprimer cette contribution
Quel grand poète, Aragon !
J'aimerais bien que l'on m'écrive un beau poème comme ça, moi
Le marocain - 2384358lui écrire blog Publié le 19/11/2008 à 14:32 supprimer cette contribution
Quatre ans

Cela fera bientôt quatre ans
on m’arracha à toi
à mes camarades
à mon peuple
on me ligota
bâillonna
banda les yeux
on interdit mes poèmes
mon nom
on m’exila dans un îlot
de béton et de rouille
on apposa un numéro
sur le dos de mon absence
on m’interdit
les livres que j’aime
les nouvelles
la musique
et pour te voir
un quart d’heure par semaine
à travers deux grilles séparées par un couloir
ils étaient encore là
buvant le sang de nos paroles
un chronomètre
à la place du cerveau


Abdellatif lâbi ( poète marocain )
(Éditions de la Différence, 2006)

Le marocain - 2384358lui écrire blog Publié le 19/11/2008 à 14:38 supprimer cette contribution
Des poèmes militants

Le poète Samih Al Kassem invité de l’Association solidarité Maroc-Palestine


Samih Al Kassem le grand poète Palestinien Au Maroc

Professeur Paganel - ¡ snossǝp-snssǝp suǝs - 980920 lui écrire blog Publié le 19/11/2008 à 14:40 supprimer cette contribution

C'est marrant, il a plus une tête de businessman que de poète

Dans la posture, il a même quelque chose de Jimmy Swaggart.
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 19/11/2008 à 14:45 supprimer cette contribution
Bonjour le marocain, paga coucou
Citation:
C'est marrant, il a plus une tête de businessman que de poète

possible, l'un n'empeche pas l'autre paga


moi je ne trouve aucune photo de ce poète Samih Al Kassem?
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