La syphilis réapparaît
en France dans un contexte de recrudescence des maladies sexuellement transmissibles
(MST) aiguës, telle que la gonococcie. Une enquête,
coordonnée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), fait état
d’une augmentation préoccupante du nombre de cas de syphilis.
Fin novembre 2000, le dispensaire
antivénérien (DAV) de l’Hôpital Tarnier (Paris) alertait
l’InVS de la survenue d’un nombre inhabituel de cas de syphilis en l’espace
de six semaines. Une enquête épidémiologique a été
conduite pour confirmer les cas diagnostiqués et pour mettre en évidence
une éventuelle recrudescence de cette maladie en France.
Maladie devenue exceptionnelle
depuis une douzaine d’années, la syphilis est une MST due à une
bactérie (tréponème pâle) et dont les symptômes
varient selon le stade de l’infection. La syphilis primaire se manifeste généralement
par un chancre (ulcération de la peau et des muqueuses) - souvent indolore
- qui apparaît en moyenne 3 semaines après la contamination. En
l’absence de traitement, d’autres symptômes (éruptions cutanées,
fièvre, douleurs articulaires…) peuvent survenir (syphilis secondaire).
La maladie peut alors évoluer de façon ‘’silencieuse’’ (sans symptômes
évocateurs) pendant plusieurs années et entraîner, à
long terme, des complications sévères (manifestations neurologiques,
cardio-vasculaires). La syphilis est contagieuse à tous les stades de
son évolution.
Entre le 1er janvier
2000 et le 31 mai 2001, 78 cas (dont 77 hommes) de syphilis ont été
déclarés (32 en 2000 et 46 au 31 mai 2001) à l’InVS par
des cliniciens. Près de 87% des cas recensés ont été
diagnostiqués à Paris. L’âge moyen était de 36,4
ans. Parmi les cas répertoriés chez des hommes, 75% concernaient
des homosexuels. Pour l’ensemble des cas, 27% n’avaient aucun antécédent
de MST et 53% étaient infectés par le VIH. 7 personnes ont découvert
leur statut vis-à-vis du VIH au décours du diagnostic de syphilis.
Le stade de syphilis secondaire a été établi chez 49 personnes
(63%).
Une recrudescence similaire de
la syphilis a été observée dans d’autres pays d’Europe
(Belgique, Irlande, Pays-Bas, Royaume-Uni …). L’émergence actuelle de
la syphilis en France est cohérente avec la recrudescence d’autres MST
déjà mise en évidence (gonococcies) et la tendance au relâchement
de la prévention, notamment chez les homosexuels (résultats de
l’enquête Presse Gay 2000). Ce constat préoccupant a entraîné
la mise en place d’un réseau national de surveillance épidémiologique
de la syphilis.
L’InVS rappelle que la syphilis
- maladie contagieuse potentiellement grave et méconnue - réapparaît
actuellement. Dès lors que la maladie est diagnostiquée précocement,
un traitement antibiotique adapté permet de rompre la chaîne de
transmission de l’infection et d’éviter les complications.
Article original sur www.invs.sante.fr
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