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Les cahiers pratiques de l'AVSC #4

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Les cahiers pratiques de l'AVSC
No. 4 / septembre 1993

La vasectomie au Kenya: les premières étapes

Pamela Lynam, Joseph Dwyer, David Wilkinson et Evelyn Landry


[Auteurs] [Références] [Figure 1] [Tableau 1] [Remerciements]

RECAPITULATIF

La vasectomie est une méthode contraceptive simple, efficace, abordable et sans risque. Pourtant en Afrique subsaharienne, la vasectomie n'est guère connue. Les raisons en sont diverses. Ce document décrit les stratégies que l'Association pour la contraception chirurgicale volontaire a adoptées dans le but de définir la place de la vasectomie au Kenya. Ces stratégies sont les suivantes: effectuer une recherche sur les connaissances et les attitudes des Kényans à l'égard de la vasectomie dans les milieux urbains et ruraux; définir le profil des Kényans qui ont eu une vasectomie; effectuer les activités préalables à la mise en oeuvre des services de qualité, notamment la formation des chirurgiens; organiser un forum sur ces différentes initiatives et enfin réaliser une étude pilote en vue de connaître le niveau d'intérêt de la population vis à vis de la vasectomie. Les résultats de ces initiatives laissent à penser que la vasectomie a effectivement sa place au Kenya et, potentiellement, ailleurs en Afrique.


DONNEES GENERALES

La prévalence contraceptive en Afrique, quoique faible dans l'ensemble, augmente rapidement suite à plusieurs facteurs, les plus déterminants étant d'ordre socio-économique. Ceci est particulièrement vrai pour le Kenya où la population accorde beaucoup d'importance à l'éducation des enfants qui est en grande partie supportée par les parents. Bien que le Kenya ait accusé l'un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde, l'enquête démographique et de santé de 1989 a montré une baisse de ce taux de croissance, une bonne connaissance des méthodes de planification familiale aussi bien par les hommes que par les femmes, et un taux d'utilisation assez élevé des méthodes contraceptives comparativement à d'autres pays voisins (National Council for Population and Development et al., 1989). Le taux d'utilisation des contraceptifs a beaucoup progressé au Kenya: en 1984, 9% des femmes mariées en âge de procréer utilisaient une méthode moderne; en 1989, ce taux s'élevait à 18% (Kenya, 1984; National Council for Population and Development et al., 1989). La progression du taux d'utilisation de la contraception chirurgicale féminine a été encore plus importante contrairement aux prévisions qui annonçaient que cette méthode ne serait jamais acceptée en Afrique (Caldwell et Caldwell, 1987). En 1984, seulement 2% des femmes avaient bénéficié d'une contraception chirurgicale, alors qu'en 1989, ce chiffre s'élevait à 5%. A l'heure actuelle, la contraception chirurgicale féminine se place au second rang - après les contraceptifs oraux - des méthodes modernes les plus populaires. Les institutions soutenues par l'Association pour la contraception chirurgicale volontaire (AVSC) ont fourni la ligature des trompes à plus de 66.000 Kenyannes depuis 1985 (AVSC, 1992).

La vasectomie, par contre, n'est guère connue ni utilisée de façon très répandue au Kenya ou dans d'autres pays de l'Afrique subsaharienne. L'Enquête démographique et de santé de 1989 sur le Kenya a indiqué que seulement 35% des hommes et 20% des femmes interviewés avaient déjà entendu parler de la vasectomie, alors que 83% des hommes et 73% des femmes avaient déjà entendu parler de la contraception chirurgicale féminine, (National Council for Population and Development et al., 1989). En outre, la vasectomie a été un sujet quelque peu délicat sur le plan politique et le ministère de la Santé en avait interdit toute publicité.

En tant que méthode contraceptive, la vasectomie présente plusieurs avantages, particulièrement pour les personnes à faible revenu. C'est une méthode qui ne nécessite qu'une seule petite intervention; elle est peu coûteuse pour les clients aussi bien que pour les prestataires de services; elle est simple, efficace et sans risque. Malgré tous ces mérites, jusqu'à récemment, peu de prestataires de services ont offert la vasectomie en Afrique subsaharienne. Une étude des dossiers ayant pour but de définir le profil des Kenyans qui avaient bénéficié d'une vasectomie entre janvier 1976 et septembre 1988 a révélé que les interventions qui ont été rapportées se chiffraient à 185 (Parkar, 1990). Les statistiques sur les services de vasectomie dans les institutions soutenues par l'AVSC au Kenya ont indiqué qu'un total de 246 interventions de vasectomie ont été pratiquées entre 1987 et 1991 (AVSC, 1992).

Pour quelles raisons l'intérêt envers la vasectomie en tant que méthode contraceptive est-il apparemment si faible en Afrique subsaharienne? Les Africains sont-ils indifférents à la planification familiale? Sont-ils opposés aux méthodes contraceptives masculines? Le fait que la vasectomie comporte une intervention chirurgicale constitue-t-il un obstacle? L'intérêt envers la vasectomie serait-il plus grand si les hommes avaient plus d'informations sur cette méthode et si des services de bonne qualité étaient disponibles? Une enquête par sondage effectuée dans quatre régions du Kenya a révélé qu'il y avait en effet une certaine résistance à l'égard de la vasectomie, même chez ceux qui étaient favorables à la ligature des trompes (Bertrand et al., 1989). Ces résultats suggèrent-ils que la vasectomie est inacceptable au Kenya ou que l'acceptabilité ne constitue un problème que lors de la première étape d'introduction, c'est-à-dire lorsque la méthode est nouvelle pour les personnes interviewées?


ENGAGEMENT DE L'AVSC

Pour tenter de répondre à certaines de ces questions, l'AVSC a élaboré, en 1988, une stratégie systématique dans le but de définir la place réelle de la vasectomie au Kenya. Nous savons que des attitudes négatives et des obstacles d'ordre culturel existent en matière de vasectomie faisant que, peut-être, cette méthode ne sera jamais aussi populaire au Kenya que dans d'autres pays. Néanmoins, nous pensions que le niveau d'intérêt était assez élevé pour justifier certaines études sur les attitudes ainsi que sur la disponibilité des services dans quelques sites. Les activités qui ont été mises en oeuvre sont les suivantes: l'appui à la recherche sur les attitudes et les connaissances de la population en matière de vasectomie; la formation de chirurgiens en techniques de vasectomie; le financement des services dans un certain nombre d'endroits; l'organisation d'une rencontre entre prestataires de services et décideurs dans le cadre d'un forum national sur l'engagement des hommes en matière de planification familiale et de vasectomie et enfin, l'initiation des essais pilotes sur l'efficacité de l'utilisation des médias pour évaluer l'intérêt suscité par la vasectomie.


Résultats de la recherche

L'AVSC a soutenu des études pour examiner les attitudes des hommes dans les milieux urbains et ruraux face à la vasectomie ainsi qu'un examen de dossiers pour revoir le profil des Kenyans favorables à la vasectomie.


Attitudes des hommes dans les régions urbaines

Une enquête par sondage effectuée en 1989 à Nairobi avec la participation d'environ 400 hommes (y compris un petit sous-échantillon d'agents sanitaires) et portant sur les attitudes et les connaissances des hommes en matière de vasectomie a révélé que 37% d'entre eux avaient entendu parler de la vasectomie (se référer au Tableau 1). Deux fois plus d'hommes avaient entendu parler d'une méthode permanente de planification familiale masculine mais ils n'en connaissaient pas le nom. Environ 35% de ces hommes avaient indiqué qu'ils ne voulaient plus d'enfant et environ un tiers étaient indécis. En tout, 7% ont exprimé un intérêt envers la vasectomie et 46% des hommes interviewés souhaitaient recevoir plus d'informations sur cette méthode. Ces derniers étaient plus jeunes et plus disposés à discuter de la contraception avec leurs épouses. L'enquête a révélé un grand nombre de conceptions erronées sur la vasectomie, en effet, beaucoup d'hommes la confondaient avec la castration. Il est important de mentionner qu'à Nairobi, les agents sanitaires étaient aussi mal informés sur la vasectomie que le public en général (Wilkinson, 1990).


Attitudes des hommes dans les régions rurales

Entre 1988 et 1990, l'AVSC a effectué une recherche opérationnelle à Chogoria, région rurale du Kenya, dans le but d'évaluer la capacité des agents sanitaires à fournir une information précise sur la vasectomie. L'objectif était d'évaluer les connaissances et attitudes des hommes mariés, âgés de 30 à 50 ans, sur la vasectomie (se référer au Tableau 1). L'étude a été effectuée à partir de groupes de discussion et de deux enquêtes communautaires, une enquête initiale en 1988-1989 et une enquête complémentaire en 1990. Environ 300 hommes ont participé à chaque enquête. Le taux de sensibilisation à la vasectomie, de 36% dans l'enquête initiale, était passé à 48% dans l'enquête complémentaire. Environ un tiers des hommes interviewés dans chaque enquête ont indiqué qu'ils pourraient bien envisager l'option de la vasectomie après avoir eu tous les enfants qu'ils désiraient. La plupart des hommes (86% de l'enquête initiale et 88% de l'enquête complémentaire) ont déclaré qu'ils aimeraient recevoir plus d'informations sur la vasectomie (Landry et al., 1990).

Les enquêtes effectuées dans les régions urbaines et rurales ont révélé un intérêt bien plus grand à l'égard de la vasectomie malgré de nombreuses conceptions erronées concernant l'intervention.

Outre ces études, l'Enquête démographique et de santé (op. cit.) a montré que 37% des personnes interviewées avaient déjà entendu parler de la vasectomie et que l'intérêt pour la limitation du nombre d'enfants dans une famille était élevé, 49% des hommes mariés ne voulaient plus d'enfant (National Council for Population and Development et al., 1989).


Profil des Kenyans utilisateurs de la vasectomie

Un examen des dossiers en 1989 a cherché à déterminer le type de Kenyans qui avaient choisi la vasectomie (Parkar, 1990). Pour obtenir un profil démographique, l'enquêteur a examiné, à travers tout le pays, les dossiers des clients qui avaient eu une vasectomie entre janvier 1976 et septembre 1988 et qui pouvaient être retrouvés. Un total de 185 cas ont été recensés et 163 dossiers ont été étudiés. Les informations suivantes ont été obtenues:

  • L'âge moyen des utilisateurs est de 37 ans.
  • 48% des utilisateurs ont plus de six enfants; en moyenne, les utilisateurs ont 5,5 enfants.
  • Les hommes qui optent pour la vasectomie sont dans une relation stable ou sont mariés; la durée moyenne du mariage est de 14 ans.
  • Dans l'ensemble, 49% ont fait des études secondaires ou universitaires.
  • 73% des utilisateurs ont déjà utilisé une autre méthode contraceptive, pour 39% d'entre eux, le condom était la dernière méthode contraceptive qu'ils avaient utilisée.
  • Leurs sources d'information sur la vasectomie variaient: 38% avaient entendu parler de la méthode par un autre vasectomisé, 29% par un agent sanitaire et 16% par les médias.
  • En moyenne, le laps de temps entre le moment où les utilisateurs avaient obtenu l'information sur la méthode et l'intervention chirurgicale était de 24 mois.

Outre l'étude des dossiers, l'enquêteur a pu contacter 27 utilisateurs et déterminer s'ils avaient constaté ou non des changements dans leur état de santé ou dans leurs relations sexuelles après l'intervention. Les réponses suivantes ont été obtenues:

  • 19 enquêtés ont déclaré que leur état général s'était amélioré; pour 15 d'entre eux, la qualité de leurs relations sexuelles n'avait pas changé.
  • Elle s'était améliorée pour 12 d'entre eux.
  • Aucun ne s'est plaint d'une détérioration quelconque de sa santé ou de la qualité de ses relations sexuelles.

Il est évident que l'on ne peut pas généraliser ces résultats vu le petit nombre d'utilisateurs. En tant que pionniers dans le contexte kenyan, ces utilisateurs pourraient bien être atypiques des hommes de leur société. Toutefois, le profil du Kenyan utilisateur de vasectomie reflète celui de l'utilisateur de la vasectomie défini à partir de données internationales, sauf que la plupart des utilisateurs kenyans n'ont pas l'occasion de discuter avec d'autres vasectomisés avant leur propre intervention (Philliber et Philliber, 1985; Mumford, 1983). Le nombre insuffisant d'hommes ayant subi l'intervention rend cette démarche difficile. Les résultats des questionnaires et des discussions avec le groupe échantillon ont révélé qu'avant d'accepter la vasectomie, les clients potentiels aimeraient en discuter avec quelqu'un qui en a déjà fait l'expérience.


Activités de formation

Outre les études et les enquêtes, l'AVSC a soutenu une formation à l'intention des médecins kenyans pour fournir des services de qualité si la demande augmente. Étant donné qu'au Kenya le nombre de cas n'est pas assez élevé pour organiser une formation locale efficace pour la technique sans bistouri, ces chirurgiens ont généralement reçu leur formation en Thaïlande ou au Brésil.

Au total, huit chirurgiens kenyans ont bénéficié de cette formation depuis 1992. Ils font partie du personnel clinique clé d'importantes organisations de planification familiale gouvernementales et non gouvernementales qui en chapeautent plusieurs autres - le ministère de la Santé, l'Association de planification familiale du Kenya et le Christian Health Association of Kenya - ainsi que du secteur privé (AVSC, 1992). Ces chirurgiens forment un cadre de professionnels qualifiés et enthousiastes. Ils peuvent faire face à l'augmentation éventuelle de la demande des services de vasectomie jusqu'à ce que le nombre de clients soit suffisamment élevé pour permettre la formation locale de leurs collègues. Plusieurs d'entre eux ont déjà débuté leurs propres campagnes de sensibilisation au niveau local pour informer la population sur la vasectomie. Dans certaines régions du pays qui ne sont pas encore très favorables à l'idée de la planification familiale, comme Kisii et Mombasa, ces chirurgiens ont réussi à doubler et même à tripler le nombre d'utilisateurs des services de PF.


Services

En plus de la formation des chirurgiens, l'AVSC a assisté plusieurs sites dans l'organisation des services de vasectomie. Cet appui a couvert plusieurs aspects:

  • Les ateliers de formation en counseling pour la vasectomie à l'intention des prestataires de services.
  • Le paiement des fournitures courantes requises pour l'intervention de vasectomie (compresses, anesthésique local, lotions...) pour que l'hôpital ou la clinique qui offre les services de vasectomie n'ait pas à puiser dans son stock.
  • L'élaboration de brochures avec les adresses des cliniques qui offrent les services, destinées aux personnes qui désirent en savoir plus sur l'intervention et à celles qui ont choisi cette méthode.

A l'heure actuelle, l'AVSC examine d'autres activités d'information et d'éducation qui pourraient être utiles.


Réconciliation des activités: l'atelier de vasectomie

Riches de ce que nous savons déjà de l'acceptabilité de la vasectomie par les hommes dans d'autres parties du monde et forts des résultats émanant des différentes études au Kenya qui révèlent un plus grand intérêt envers la vasectomie que nous ne l'avions imaginé, l'AVSC a, en novembre 1990, organisé un atelier à l'échelle nationale sur la vasectomie et la participation des hommes. L'atelier, qui a eu lieu à Nairobi, réunissait le personnel oeuvrant dans le domaine de la vasectomie et de la participation des hommes à la planification familiale, les représentants du ministère de la Santé, de l'Association de planification familiale du Kenya et de Christian Health Association of Kenya, le National Council for Population and Development et l'Université de Nairobi, des prestataires de services et des utilisateurs de la vasectomie.

A l'une des principales questions posées par les participants "Devrions-nous faire plus d'efforts pour impliquer un plus grand nombre d'hommes dans la planification familiale?" La réponse était simple: les hommes sont impliqués dans la planification familiale, pour le meilleur et pour le pire. Lorsqu'ils sont bien renseignés, les hommes font preuve d'un engagement réel. Par contre, lorsqu'ils sont exclus ou mal renseignés, ils s'opposent aux efforts de leurs partenaires en matière d'utilisation des méthodes contraceptives modernes et ils ne risquent guère de les utiliser eux-mêmes.

Une grande partie de l'atelier a été consacrée au travail en petits groupes. L'atelier a mis l'accent sur quatre thèmes majeurs qui sont: les questions médicales, l'organisation des services, le counseling, et enfin, l'information, l'éducation, la communication et les médias.

Chaque groupe a fait ses recommandations, lesquelles ont été ratifiées au cours de la séance plénière et acceptées en tant que normes à mettre en vigueur. Les recommandations principales, énumérées ci-après, sont du reste similaires à celles qui avaient été faites en 1982 lors de la conférence internationale sur la vasectomie au Sri Lanka (Atkins et Jezowski, 1983). Il s'agit des recommandations suivantes:

  • Les prestataires de services et le public en général, y compris les femmes, ont besoin d'être renseignés sur la vasectomie.
  • Les services de planification familiale doivent être orientés davantage vers les hommes.
  • Le matériel d'information et d'éducation traitant explicitement des questions de vasectomie doit être disponible et accessible.
  • Les cours de formation sur la planification familiale à l'intention des professionnels de la santé doivent mettre davantage l'accent sur le rôle de l'homme dans la planification familiale, particulièrement en ce qui concerne la vasectomie.

Le programme national, actuellement en pleine expansion, est sur le point de mettre en application ces recommandations.


Campagne de sensibilisation par l'intermédiaire des médias

L'un des résultats les plus importants de l'atelier a été la levée de l'interdiction sur la publicité de la disponibilité des services de vasectomie au Kenya. En conséquence, l'AVSC, en collaboration avec Innovative Communication Services (ICS), a mis en oeuvre une étude pilote qui utilise les journaux pour évaluer, à partir d'une perspective différente, l'intérêt qu'ont les hommes à rechercher davantage d'information sur la vasectomie. En mai 1991, on a fait paraître de petites annonces deux fois par semaine durant quatre semaines dans un journal d'expression anglaise à tirage national ainsi que dans un journal kiswahili lu par des groupes ruraux et socio-économiquement moins avantagés. Cette publicité a également paru dans les numéros de mai et de juin d'une revue qui vise les lecteurs urbains de classe moyenne.

Les personnes qui désiraient en savoir davantage sur l'intervention devaient découper un petit bulletin inséré dans chacun de ces journaux, le remplir et le retourner à ICS. Étant donné que l'achat d'une enveloppe et d'un timbre constitue une dépense importante, surtout pour un agent rural avec des revenus limités, le fait même que des hommes aient répondu montre le niveau d'intérêt suscité par la campagne. L'ICS a envoyé à chaque demandeur une brochure d'information concernant la vasectomie ainsi qu'une liste des centres où il pouvait se procurer des informations supplémentaires sur l'intervention elle-même.

Cette publicité a, contre toute attente, généré plus de 800 demandes écrites en quelques semaines. Plusieurs demandes provenaient des régions rurales du Kenya, en réponse à la publicité parue dans le journal kiswahili. En outre, 67 lettres de commentaires ont été reçues, toutes en faveur de la campagne de publicité. Le suivi récent de ces demandes a révélé qu'au moins sept correspondants avaient, peu après avoir reçu la brochure, accepté une vasectomie (Wilkinson et al., 1992).


PLANS POUR LA VASECTOMIE AU KENYA

Compte tenu de toutes ces expériences, l'AVSC a planifié et, dans certains cas, déjà mis en oeuvre plusieurs activités supplémentaires:

  • La formation de chirurgiens se poursuit. Ceux qui ont maîtrisé la technique de la vasectomie sans bistouri ont commencé (à un rythme lent, étant donné le petit nombre de cas) à enseigner la technique à leurs collègues.
  • A l'aide des leçons tirées du projet pilote qui avait utilisé les médias, l'AVSC, en collaboration avec l'ICS et le Population Communication Services, est en train de mettre en place une campagne à l'échelle nationale visant à renseigner les gens sur la vasectomie et à leur indiquer les endroits où l'obtenir. Nous sommes en voie d'élaborer et de tester des brochures et des affiches comportant des thèmes unificateurs. Des spots radiophoniques seront également diffusés dans le cadre de cette campagne.
  • Nous sommes encore occupés à contacter les personnes qui ont répondu aux annonces publicitaires de mai 1991 pour nous informer des décisions qu'ils ont prises, le cas échéant, ou pour savoir si leur demande n'était faite qu'à titre d'information.
  • Des séances de formation à l'intention des prestataires de services soutenues par l'AVSC ainsi que des séminaires de mise à jour sur la contraception sont organisés par les principales organisations de planification familiale qui en chapeautent plusieurs autres. Ils mettront l'accent sur l'existence des services de vasectomie et fourniront des détails sur les implications de la vasectomie.
  • L'ICS se chargera du contrôle de la qualité des services de counseling par le biais d'un projet de petite envergure appelé "client mystérieux", au cours duquel un évaluateur, se faisant passer pour un client, s'informera des services disponibles à différents sites et évaluera les données recueillies selon des critères déterminés.
  • Cinq sites soutenus par l'AVSC ouvriront des cliniques à l'intention des hommes seulement et fixeront les heures d'ouverture. Dans plusieurs pays d'Amérique latine, cette approche a relativement bien réussi à encourager les hommes à demander des informations concernant les méthodes de planification familiale, y compris la vasectomie, et à les utiliser (Gallen, Liskin et Kak, 1986). Les hommes d'Amérique latine ont dit se sentir mal à l'aise dans un environnement féminin qui est la configuration de la plupart des centres de planification familiale.
  • Des séances d'orientation et de formation supplémentaires à l'intention des conseillers mettront l'accent sur l'élaboration des techniques pour discuter de la planification familiale, y compris la vasectomie, avec des groupes d'hommes, particulièrement dans leur milieu de travail; ces séances seront également axées sur le counseling des hommes qui désirent une information individuelle sur cette intervention.
  • Nous avons effectué des interviews en profondeur auprès des utilisateurs de la vasectomie et de leurs épouses et nous sommes en train d'analyser les réponses. Cette information sera utilisée au cours de la campagne d'information et d'éducation mentionnée ci-dessus.

CONCLUSION

L'Enquête démographique et de santé au Kenya ainsi que les études et les activités d'introduction des méthodes contraceptives soutenues par l'AVSC révèlent que les Kényans sont intéressés par la planification de leur famille. Malgré le nombre elevé d'informations erronées largement répandues sur la vasectomie, ces études ont toutes indiqué qu'il existe un intérêt considérable pour cette méthode. Lorsque l'information adéquate et complète sera disponible, y compris les voies et moyens, sans oublier les sites où l'on pourra obtenir des services, l'utilisation de la vasectomie risque fort d'augmenter au Kenya.


[Début] [Auteurs] [Références] [Figure 1] [Tableau 1] [Remerciements]

Les cahiers pratiques #4 Auteurs:

Pamela Lynam, M.D. est coordonnateur des programmes spéciaux au Bureau régional de l'AVSC pour l'Afrique à Nairobi. Joseph Dwyer est directeur du Bureau régional de l'AVSC pour l'Afrique. David Wilkinson est directeur des programmes à Innovative Communications Systems à Nairobi. Evelyn Landry est directeur des activités d'évaluation et de recherche au bureau de l'AVSC à New York.


[Début] [Auteurs] [Références] [Figure 1] [Tableau 1] [Remerciements]

Références

Association pour la Contraception chirurgicale volontaire. 1990. Men's involvement in family planning and vasectomy initiatives. Rapport d'un atelier de planification tenu à Nairobi, Kenya, du 14 au 16 novembre 1990. Nairobi: Bureau régional pour l'Afrique.

_________.1992. Service statistics records. Nairobi: Bureau régional pour l'Afrique.

Atkins, B. S., et Jezowski, T. W. 1983. Report on the First International Conference on Vasectomy. Studies in Family Planning 14, no. 3: 89-95.

Bertrand, J.T., N. Mathu, J. Dwyer, M. Thuo et G. Wambwa. 1989. Attitudes towards voluntary surgical contraception in four districts of Kenya. Studies in Family Planning 20, no. 5:281-288.

Caldwell, J.C. et P. Caldwell. 1987. The cultural context of high fertility in Sub-Saharan Africa. Population and Development Review 13, no. 3:409-437.

Gallen, M., L. Liskin et N. Kak. 1986. Men - New focus for family planning programs. Population Reports, série J, no. 33. Baltimore: John Hopkins University, Population Information Program.

Kenya: Bureau central des statistiques, Ministère de la planification et du développement national. 1984. Kenya Contraceptive Prevalence Survey 1984. Nairobi.

Landry, E., C. Fischbacher, G. Bundi, J. Ferguson et T. Williams. 1990. Final report: An information and education strategy to increase knowledge and improve attitudes towards vasectomy in Chogoria, Kenya. New York: Association pour la contraception chirurgicale volontaire.

Mumford, S.D. 1983. The vasectomy decision-making process. Studies in Family Planning 14, no. 3:83-88.

National Council for Population and Development, Ministry of Home Affairs and National Heritage, and Institute for Resource Development. 1989. Kenya Demographic and Health Survey 1989. Columbia, Md.

Parkar, R.T. 1990. Long commentary in gynecology: Vasectomy in Kenya - Acceptance sociodemographic characteristics and psychosocial sequelae. Nairobi. Document inédit.

Philliber, S.G. et W.W. Philliber. 1985. Social and psychological perspectives on voluntary sterilization: A review. Studies in Family Planning 16, no. 1:1-29.

Wilkinson, D. 1990. Statistical survey of urban male attitudes to vasectomy: Nairobi, Kenya, 1989. Nairobi: Population and Health Services.

______.P. Lynam, G. Wambwa et K. Mason. 1992. Using the mass media to disseminate vasectomy information in Kenya. Document présenté lors de la conférence organisée par le National Council for International Health. Juin. Washington, D.C.

[Début] [Auteurs] [Références] [Figure 1] [Tableau 1] [Remerciements]

Obstacles à l'acceptation de la vasectomie au Kenya: principaux résultats obtenus au moyen d'enquêtes et de groupes de discussion


  • Les hommes n'ont que des connaissances limitées sur l'intervention de vasectomie.

  • Les hommes craignent les effets secondaires et les conséquences de la vasectomie sur leur santé, particulièrement la perte de leur désir sexuel. Ils assimilent souvent la vasectomie à la castration.

  • Les hommes craignent qu'au cas où leurs enfants mourraient, ils ne puissent plus en avoir d'autres.

  • Un grand nombre d'hommes estiment que la planification familiale est une responsabilité de la femme.

  • Avant de se faire opérer, les clients potentiels souhaitent avoir la possibilité de discuter avec des personnes qui ont déjà été vasectomisées. Cela s'avère difficile en raison du petit nombre d'utilisateurs de la vasectomie au Kenya.

  • Beaucoup de prestataires de services sont mal informés sur la vasectomie.

  • Les hommes désirent obtenir l'information sur la vasectomie de la part d'agents sanitaires de sexe masculin, mais la plupart des prestataires de services de planification familiale sont des femmes.

  • Les hommes désirent s'entretenir de l'intervention avec des médecins, mais beaucoup de médecins n'ont que très peu de connaissances sur la vasectomie.

Sources: Wilkinson, 1990; Landry et al., 1990.


[Début] [Auteurs] [Références] [Figure 1] [Tableau 1] [Remerciements]
Tableau 1
[Début] [Auteurs] [Références] [Figure 1] [Tableau 1] [Remerciements]

Les cahiers pratiques de l'AVSC ont pour objet de partager son expérience et de diffuser les résultats de la recherche opérationnelle menée par l'AVSC. Nous serions heureux de recevoir vos commentaires et suggestions.

REMERCIEMENTS

Les auteurs tiennent à remercier Terrence W. Jezowski pour ses commentaires judicieux sur le manuscrit. Ils remercient également Lynn Bakamjian, Cynthia Steele Verme, Pamela B. Harper et Hugo Hoogenboom qui ont revu le manuscrit, Dore Hollander qui a édité le manuscrit anglais et Renée Santhouse qui a conçu la publication. Catherine Utz, Beverly Ben Salem, Belinda Arthur et Anna Kurica ont contribué au travail d'édition de la version française.

Ce document peut être reproduit sans permission pourvu que le matériel soit distribué gratuitement et qu'il fasse mention de l'AVSC. Il a été élaboré par l'AVSC, sous les auspices du Bureau de la population de l'Agence pour le Développement International (AID), sous le contrat No. HRN-A-00-98-00042-00. Les points de vue exprimés dans le document sont la responsabilité des auteurs et ne représentent pas la politique de l'AID.

COMITE DE REDACTION

Hugo Hoogenboom, Président
Lynn Bakamjian, Vice-président, Directeur, Opérations de terrain
Pamela B. Harper, Directeur, Communications
Terrence W. Jezowski, Vice-président, Directeur, Planification
Evelyn Landry, Directeur, Recherche et évaluation
Amy Pollack, M.D., Vice-président, Directeur, Division médicale
Cynthia Steele Verme, Directeur, Programmes spéciaux

AVSC International
440 Ninth Avenue
New York, NY 10001
Telephone: 212-561-8000
Fax: 212-561-8067
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