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Exploration du désir sexuel chez quatre femmes dans une perspective féministe

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3.2.3 Le rôle de séduction du vêtement

Le vêtement semble jouer un rôle particulier dans l'univers des femmes. Investi d'un caractère sexuel par le biais entre autre de la mode, le vêtement féminin serait conçu pour séduire. Souvent non fonctionnel et ne correspondant pas au corps réel des femmes, le vêtement féminin chercherait à mettre en valeur le corps de la femme. La femme se servirait de son vêtement pour se mettre en valeur sexuellement. Lui servant à se mettre en valeur et à séduire, le vêtement féminin orienterait l'expression de son désir sexuel. Trois des femmes que nous avons interrogées nous ont fait part de la fonction sexuelle qui semble rattachée aux vêtements qu'elles portent.

Soulignant la manipulation qu'il y aurait des goûts de la femme par rapport à son choix de vêtements, Haug et al. signalent que cette manipulation irait même jusqu'à la création de nouveaux besoins. Celles-ci soulignent le fait que la femme aurait à être perpétuellement concernée par son apparence physique. Partageant cet avis, Collin affirme que la mode ne mettrait pas en valeur le corps réel de la femme et la contraindrait ainsi à une poursuite incessante en vue de correspondre à l'image de "la" femme, image qui varierait toujours: "Chacune connaît des années où il lui faut rallonger tout ce qu'elle achète, lâcher les coutures, ou au contraire reprendre l'ampleur des jupes, ou raccourcir; rares sinon inexistantes sont les années où le corps à la mode rejoint enfin le corps réel." [Françoise Collin, "Le corps v(i)olé", In Le corps des femmes, sous la dir. de Colette Braeckman, Bruxelles, Complexe, 1992, p. 29.]

Partageant cette analyse, Brownmiller questionne principalement le mouvement permis à la femme à l'intérieur de ses vêtements. Citant en exemple la jupe, elle estime que les vêtements féminins ne seraient pas fonctionnels. Exprimant sa frustration d'avoir dû porter des robes lorsqu'elle était jeune, Tara semble croire que la robe ait un caractère non fonctionnel et privatif.

Tsé l'enfant est là. Y'est figé. Y'est assis pis y'a pas le droit de rien faire. Tsé là c'est comme gelé pis euh tu ris pas dans ce temps-là tsé. Tu te dis "câline j'aimerais ben aller jouer avec d'autres enfants tsé pis être en jeans là pis aller me rouler à terre avec lui là". En robe tsé tu peux pas. Tu peux pas te rouler à terre tsé. (sic) (5-36)

Aujourd'hui devenue adulte, Tara semble avoir oublié ces restrictions associées au port de la robe. Elle lui attribuerait une autre vertu. La robe lui permettrait de devenir plus féminine: "Euh premièrement, si je suis en pantalon ordinaire mais euh tsé si t'es en robe, euh t'es plus féminine." (sic) (5-23.1) C'est vêtue d'une robe que la femme montrerait aux autres qu'elle est vraiment une femme: "Pis quand on se met en robe, ben vraiment les femmes c'est plus [...] Mais on dirait que t'es plus portée à te montrer tsé que t'es vraiment une femme, que t'es pas un gars..." (sic) (5-33) À la robe semble rattaché le caractère féminin à la femme. Elle aurait le pouvoir de faire d'une femme, une "vraie" femme. Mais la robe, tout comme les autres vêtements féminins, serait aussi investie d'un caractère sexuel. Trois de nos femmes interrogées ont soulevé ce point que l'on retrouve aussi chez Brownmiller ainsi que chez Haug et al..

Soulignant l'importance qu'occuperait pour elle l'habillement de son corps, Line nous fait part du caractère sexuel des vêtements féminins. Dans ses vêtements résiderait sa capacité de séduction. Toutefois, ce ne serait pas tous les vêtements qui permettraient de séduire. Pour Line, une femme vêtue d'un vêtement sobre, voire discret, est une femme qui ne s'accepterait pas comme personne sexuelle: "Tu veux pas être gênée voire être habillée avec des cols roulés jusqu'au cou. T'acceptes pas ta sexualité." (sic) (3-24) La séduction résidant dans le vêtement, l'échec de la séduction amènerait la femme à changer son habillement. Elle veillerait à mieux choisir ses vêtements: "Elle va changer son physique extérieur tsé s'habiller plus à la mode." (sic) (3-46)

Les vêtements féminins étant empreints d'un caractère sexuel, la femme veillerait à les utiliser de façon appropriée. Lui servant à se mettre en valeur sexuellement, les vêtements seraient choisis et portés selon cette fonction. Toutefois, un caractère dangereux leur serait relié et la femme veillerait à sa sécurité par sa tenue vestimentaire et par sa façon de porter les vêtements. Ainsi, la femme ferait attention à sa posture selon le vêtement qu'elle porte. Tara soulève cette notion de danger reliée à cette sexualisation du vêtement féminin.

Parce que tu peux être en mini-jupe pis assis très bien pis t'es pas aussi euh... Un homme va pas penser autant que si t'es toute "écartillée" pis euh tsé... Faire des gestes ou des façons euh tsé tu déboutonnes ta blouse euh c'est quasiment euh proche de ta brassière pis la montrer. Ben t'attires ben tes problèmes des fois. Sans être féminine aussi euh... (sic) (5-34)

Que c'est pour ça quand je me mets en jeans, je me dis c'est parce que il faut que je bouge. J'suis par euh... tsé faire attention quand t'es en robe. Tsé faut tu te croises les jambes euh... tu peux pas être "écartillée" tsé là devant tout le monde là. Ça laisse à désirer tsé. Faut pas que tu fasses ça. (sic) (5-33)

L'habillement du corps changerait selon que la femme est seule ou en présence masculine. Face aux hommes, les vêtements, plus attirants, plus affriolants seraient de mise. Faisant référence au fait qu'elle n'habite plus avec un homme, France dit: "Si t'as le goût un soir de mettre des vieilles bobettes, tu mets des vieilles bobettes. Si y'avait eu un gars, tu mets pas tes vieilles bobettes." (sic) (2-63) Aujourd'hui elle choisirait ses vêtements en fonction d'elle-même et non plus en fonction de l'autre: "Tsé quand je m'habille, je m'habille pour moi, pas pour un autre." (sic) (2-63)

Tout comme pour les cheveux et pour l'apparence physique, les vêtements que porte la femme démontrent trois axiomes: la sexualisation du corps de la femme, l'objectif de séduction associé à celle-ci et enfin la participation active de la femme. Par le biais des vêtements, le corps de la femme est sexualisé. Selon la mode, les différentes parties de son corps qui seraient sexualisées varieraient: son ventre, ses jambes, ses épaules, son cou, etc.. Cette sexualisation de son corps viserait à plaire à l'homme et à le séduire. C'est par son choix de vêtements et par la façon qu'elle les portera que la femme participera activement à la sexualisation de son corps. Son choix de vêtements et la façon qu'elle les portera décideront aussi de l'expression de son désir sexuel. Nous tenons à rappeler que "son" choix est orienté par la mode et que la femme ne choisit qu'à l'intérieur des limites qui lui seraient fixées. Le prochain article présenté est celui du contrôle du poids. Nous y verrons quels objectifs sont visés par ce contrôle du poids chez la femme et comment il affecte le désir sexuel de la femme.

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Auteur: Nathalie Tremblay

Article original sur http://www.ntic.qc.ca/~blaf/fr/theses/these_NT/index.html
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Cette étude porte sur le désir sexuel féminin. À l'aide d'écrits féministes, nous cherchons à analyser l'influence des facteurs sexistes sur le désir sexuel féminin. Ces facteurs particuliers agiraient de façon à entraver l'expression pleine et entière du désir sexuel de la femme
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