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Exploration du désir sexuel chez quatre femmes dans une perspective féministe

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3.3.1 Être féminine ou être un objet sexuel passif

Nous avons déjà vu comment le corps de la femme est sexualisé, sexualisation qui amènerait la femme à répondre davantage aux besoins de l'autre voire de l'homme plutôt qu'à ses propres besoins et qui orienterait l'expression de son désir sexuel. Dans cet article de notre étude, nous cherchons à comprendre ce que serait la féminité et si celle-ci signifierait, pour la femme, devenir un objet sexuel passif et si la féminité favoriserait l'expression du désir sexuel de la femme.

Irigaray a appelé "mascarade de la féminité", dans son livre Ce sexe qui n'en est pas un, le processus par lequel passerait une femme pour être une femme et avoir une sexualité. Selon elle, cette "mascarade de la féminité" serait l'unique voie laissée à la femme pour être reconnue femme, reconnaissance provenant de l'homme. Ce processus rejoindrait celui identifié par Haug et al. sur le statut d'objet, plus précisément d'objet sexuel, dans lequel la femme se retrouverait. C'est seulement par ce statut d'objet qu'elle pourrait vivre une sexualité et uniquement par lui qu'elle pourrait aller chercher une source de valorisation.

Parmi les femmes que nous avons interrogées, deux d'entre elles ont exprimé le sens que prendrait chez elles la féminité. À travers leurs témoignages, nous sommes à même d'identifier certaines qualités particulières qui correspondraient à la féminité. Entre celles-ci, nous observons un fil conducteur qui serait propre à un statut d'objet, c'est-à-dire la passivité. Semblant devenues par la féminité un objet inerte et passif, ces femmes nous amènent à établir des liens qui existeraient entre leur statut d'objet et l'image qu'elles auraient d'elles-mêmes.

Trois des femmes que nous avons rencontrées ont soulevé le thème de l'image de soi lors de l'entrevue. Elles décrivent comment elles se seraient senties lors de certaines de leurs relations sexuelles. Nous constatons que les femmes semblent être amenées par leur féminité à s'éloigner d'elles-mêmes afin de correspondre aux besoins de l'homme. En tant qu'êtres ayant leurs propres désirs, besoins et envies, elles n'auraient pas leur place. L'unique place qui leur serait réservée serait celle d'objet dénué de toute motivation propre à elles-mêmes. Semblant obligées d'adopter une figure féminine passive qui ne serait pas la leur, elles s'éloigneraient d'elles-mêmes et deviendraient ainsi des objets de désir. L'expression de leur désir sexuel prendrait alors un autre sens.

À l'intérieur de son oeuvre Le corps-à-corps avec la mère, Irigaray a beaucoup questionné la définition de la féminité. Elle y a mis en relief le concept de la passivité. Elle y a aussi différencié le féminin de la féminité. La féminité étant, pour elle, ce que l'homme aurait créé pour la femme afin qu'elle corresponde à ses désirs: "Je distingue. Je différencie féminité et féminin. Parce que la féminité, c'est un mode de représentation de nous-mêmes pour le désir de l'homme. Souvent cela a été un dédale de séduction qui n'était pas une séduction pour nous, mais pour lui et pour eux." [Luce Irigaray, Le corps-à-corps avec la mère, Montréal, La Pleine Lune, 1981, p. 67.]

Myriam et Tara sont celles qui décrivent ce que serait pour elles la féminité. Elles n'établissent pas de liens directs avec la passivité et leur statut d'objet. Mais à travers leurs descriptions des qualités inhérentes à la féminité, nous pouvons y déceler le fil conducteur de la passivité. Dans son analyse de la théorie de Freud sur la femme, Irigaray affirme que la féminité exigerait de la femme qu'elle refoule toute manifestation d'agressivité. Myriam y ferait allusion lorsque reliant ses exigences pour un certain romantisme au fait qu'elle serait féminine, elle affirme n'avoir pas toujours été comprise par les hommes: "Même que j'en parlais, je leur disais ce que je voulais, même ils me regardaient en disant "tu viens-tu d'une autre planète toi?" Non, je suis tout féminine. J'suis normale. Moi c'est ça que je veux." (sic) (4-32) Plus précisément, le romantisme faisant partie de sa féminité, il impliquerait de la douceur: "Romantique pour moi c'est d'être douce, avoir de belles paroles, des massages... Pour moi, c'est ça le romantisme." (sic) (4-20)

Qualité de la féminité par le biais du romantisme, la douceur exclurait son contraire éminemment plus actif que serait la brusquerie ou la dureté. Elle demanderait aussi un certain refoulement d'agressivité: "Euh... j'ai besoin, j'ai besoin d'un romantisme. J'ai besoin qu'on me parle doucement. J'ai, j'ai besoin de ces choses-là parce que je ne suis pas une personne qui est agressive tsé. J'ai, j'ai besoin qu'on, on... J'ai besoin de cela tsé." (sic) (4-48) Dénué d'agressivité et empreint de douceur, le romantisme ne serait pas considéré par Myriam comme une caractéristique dominante chez les hommes: "Euh, y'a le fait aussi que je trouve... moi je trouve que les hommes d'aujourd'hui, en tout cas la plupart, c'est que... ils sont pas romantiques. Comme moi, je suis plus romantique par rapport à ces choses-là." (sic) (4-6)

Beaucoup plus descriptive, Tara relierait la féminité à des qualités telles que la discrétion ou la pondération: "Féminin... ah boy [...] être discrète tsé. Juste euh... au moins t'as caché, t'as caché tes seins là. Mais en même temps aussi pas cachés jusqu'au cou comme si t'avais un col roulé là tsé." (sic) (5.35) "Moi là euh... féminin c'était, féminin c'était ah tu euh... tu pas le temps... t'as pas le droit de jouer." (sic) (5-36) Par le caractère réservé de la discrétion, nous associerions celle-ci à l'esprit de "retenue" dont font état Cixous et al. en parlant de la féminité. Se décrivant comme une femme plus garçonnière que féminine, Tara affirme que ce serait cela qui lui aurait permis de ne pas être transformée par un homme. Elle serait une femme plus forte et aurait une plus grande endurance: "Tsé garçonnière, tsé t'endures plus. Tu te laisseras pas euh aller, détériorer par un autre, par un homme si t'aimes mieux." (sic) (5-39.1)

Décrivant toujours ce qu'est la féminité, Tara semble croire que les femmes dites féminines vivraient dans la peur d'une agression: "Tsé tu te dis "ah non, j'ai peur". Tu y montres que tu as peur pis c'est pire. On dirait que des femmes qui sont vraiment féminines, y'ont trop peur. Y figent, fait que automatiquement, elles se laissent faire. Là ça détériore la tête en tabarnouche là." (sic) (5-40) Trop féminine, une femme serait passive en présence d'un agresseur: "Parce que si quelqu'un m'agresse pis je suis pas capable de me défendre pis euh je suis trop, trop féminine là au point de vue là tsé... tsé j'ai pas le choix de me laisser faire." (sic) (5-42) La féminité se trouverait ainsi reliée à la peur, à l'inaction, à la retenue, à la passivité et à la faiblesse. La femme qui aurait tendance à être plus garçonnière serait alors celle qui serait plus active, plus forte et plus affirmative devant l'agresseur. Elle ne ressentirait pas la peur.

Qualités semblant être inhérentes à la féminité, la douceur, la discrétion, l'inertie et la faiblesse semblent sous-tendre la passivité. Cixous et Clément relieraient la passivité à la mort: "Je résiste: une certaine passivité m'est odieuse, elle me promet la mort." [Hélène Cixous et Catherine Clément, La jeune née: Dessins de mechtilt, Paris, Union générale, 1975, p. 142.] De notre côté, nous estimons que la passivité ne renverrait pas la femme à un statut d'être sexuel mais à un statut d'objet sexuel. Et être un objet sexuel, en plus d'affecter l'expression du désir sexuel féminin, aurait des répercussions sur l'image de soi que les femmes auraient d'elles-mêmes. Trois des femmes que nous avons rencontrées ont soulevé ce point.

Racontant l'investissement personnel qu'elle semble donner à l'intérieur de ses relations sexuelles, Myriam souligne combien elle n'aurait pas senti le même investissement chez les hommes. Semblant avoir toujours à l'esprit les désirs et les besoins de l'autre, elle se retrouverait souvent avec ses propres désirs et ses propres besoins non comblés par l'autre.

Ben si il dit "ben moi j'aime ça comme ça." Oui O.K. si je suis capable, je vais le faire parce que moi je le sais que si, que si j'essaie pour lui... la plupart du temps j'essaie mais je le sais, c'est comme un... un, c'est comme j'aurais un mur. Je vais le faire ses désirs mais il pense pas à moi. Pourtant je lui en ai parlé. Si moi j'ai été capable pour tes fantasmes, ben moi j'aimerais... mettons un exemple, le massage. (sic) (4-36)

Sans établir de parallèle avec le statut d'objet, elle préciserait toutefois avoir connu des relations où elle serait confinée à un statut inférieur qui serait plus passif que celui de l'homme.

Oui, oui. C'est peut-être pour ça aussi. Parce que avant on m'a trop saisie, comme "c'est moi le boss pis on fait ça de même". Non, non, non, non. Plus maintenant. Je suis libre aujourd'hui. C'est moi, c'est ça que je veux. C'est tout. (sic) (4-49)

Pour sa part, France aurait vécu des relations sexuelles satisfaisantes jusqu'à sa grossesse. Quelques mois avant son accouchement, ses besoins auraient changé. Son conjoint n'en n'aurait pas tenu compte. Elle aurait alors vécu des relations sexuelles où elle se serait sentie un objet, une "bébelle" (sic), un réceptacle qu'utilisait son conjoint à l'occasion.

Ça lui prenait 30 secondes. Lui tout ce qu'il voulait en dernier, les quatre derniers mois que j'étais avec, je te le dis, il vidait sa canisse. Ça prenait 30 secondes pis c'était fini. (sic) (2-13)

Parce qu'après l'accouchement, pis euh avant c'était plus pareil. C'était plus pareil. Pour lui, j'étais une chose, une poupée gonflable, n'importe quoi tsé. (sic) (2-9)

Ben par rapport à lui, je me sentais plus une femme... je me sentais un bebelle. (sic) (2-47)

Pour France, ces relations sexuelles auraient servies uniquement à combler les besoins de son conjoint. Soulignant les effets qu'aurait eus sur elle cette utilisation de son corps, elle affirme qu'elle aurait alors préféré que son conjoint ait une relation extraconjugale: "Ben c'est qu'il utilisait mon corps pour euh ses besoins à lui. Mais j'aurais aimé mieux moi... moi j'aurais aimé mieux à cette époque-là qu'il me trompe. Je pense qu'ça m'aurait moins dérangée." (sic) (2-15) Semblant être utilisée comme un objet sexuel, sans besoin propre à elle, elle se questionnerait par rapport au statut et à la valeur qu'elle aurait alors eue pour lui: "Moi dans ma tête, il y a ben des choses qui se sont passées. Je me disais je suis quoi pour lui? Il fait juste se vider sa canisse? C'est tout? Tsé..." (sic) (2-9)

Ces expériences sexuelles vécues à titre d'objet sexuel passif, France les associe à de la violence sexuelle: "Il utilisait mon corps comme bon lui semble lui. Mais pas pour moi. C'est de la violence sexuelle." (sic) (2-20) Durant cette période, elle n'aurait pas ressenti de désir sexuel. Elle n'aurait plus reconnu son conjoint et se serait questionnée sur la gent masculine: "Je me disais "ils font-tu des efforts au début pis après ça ils veulent juste vider leur canisse?"" (sic) (2-13)

À l'intérieur de son ouvrage sur le corps des femmes, Collin rappelle que la relation sexuelle conjugale pourrait être assimilée au viol, du moment où la femme n'aurait pas vraiment désiré la relation sexuelle.

La relation sexuelle traditionnelle, et plus particulièrement conjugale, a pu être assimilée d'une certaine manière au viol ou à la prostitution dans la mesure où trop souvent elle est imposée à la femme par son partenaire plutôt que choisie par elle dans les formes qui lui conviennent. [Françoise Collin, "Le corps v(i)olé", In Le corps des femmes, sous la dir. de Colette Braeckman, Bruxelles, Complexe, 1992, p. 25.]

France, parallèlement à ses expériences, aurait vécu du harcèlement de la part de son conjoint. C'était du harcèlement sexuel qui aurait pris la forme de paroles et d'attitudes. Son refus de participer à la relation sexuelle n'était jamais accepté de son conjoint et ce dernier l'aurait harcelée de façon continue dans une même journée: "Il m'a tellement achalée, harcelée que... c'était effrayant, c'était plusieurs fois par jour qu'il me harcelait là. Il arrêtait pas de m'achaler." (sic) (2-18) L'agresseur demeurant avec elle, France aurait trouvé cela très difficile à vivre. Afin de mettre fin au harcèlement, elle aurait capitulé. Elle serait devenue un objet sexuel passif, démontrant ainsi l'aspect violence à l'intérieur d'un couple, aspect qu'avait déjà soulevé Collin.

Pis c'était toujours le harcèlement parce que je voulais pas, je voulais pas. Il me harcelait, harcelait. Tu capitules parce qu'il te harcèle tout le temps (rires). Ben je pensais pas vivre ça. Je pensais pas que j'étais pour vivre ça, pas du tout. J'ai, j'ai trouvé cela terrible (rires), terrible. Tsé c'est quasiment comme t'as quelqu'un dans la maison qui te court avec un couteau tout le temps là. C'est ça. C'est à peu près la situation. (sic) (2-14)

Semblant très bien répondre à la définition de la "mascarade de la féminité" telle que définie par Irigaray, dans son livre Ce sexe qui n'en est pas un, Line semble aimer se mettre en valeur tel un objet. Elle aimerait se montrer et aimerait qu'on la regarde: "Quand t'es comme, t'es comme toute bien arrangée, tout le monde te regarde. Ça fait ouf. Pas parce que tu veux jouer la snob tsé, c'est comme ah..." (sic) (3-31) Par ses efforts à être une femme sexuelle et par ses stratégies de séduction, nous croyons qu'elle démontre bien le statut d'objet sexuel que confinerait la féminité à la femme. Comme nous l'avons déjà souligné, Line semble devoir se trémousser et faire ressortir ses attributs sexuels afin d'acquérir son statut de femme. Par le fait même, sa valeur lui serait accordée. Cette valeur lui serait assignée à titre d'objet sexuel et non à titre d'être sexuel.

Semblant vouloir amener la femme à un statut d'objet sexuel passif, la féminité conduirait la femme à vivre de l'irrespect voire de la violence pour la personne qu'elle serait vraiment. Tous nos sujets ont vécu de la violence conjugale. Selon le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence congugale, cette violence se distinguerait des autres types de violence faite aux femmes par sa constance, par son escalade et également par le contexte dans lequel elle prendrait place, c'est-à-dire dans le cadre d'une relation amoureuse. Existant sous plusieurs formes, dont la violence sexuelle, la violence conjugale serait caractérisée par le besoin de contrôle des hommes sur leur conjointe. Ce besoin de contrôle enlèverait à ces dernières le statut d'être ayant une personnalité propre pour les enfermer dans un statut d'objet . Il dénoterait entre autres un profond manque de respect envers les femmes.

Dans son livre, où elle tente de redonner un caractère positif au féminin, Leclerc y démontre que tout ce qui toucherait le féminin serait déprécié: "Alors lutter quand on est femme, c'est empêcher que ne gagne la dépréciation, l'insignifiance; la dépréciation de tout ce qui touche au féminin de près ou de loin car c'est bien par là que commence l'exploitation." [Annie Leclerc, Hommes et femmes, Paris, Librairie générale française, 1986, p. 179.] De tous les temps, les hommes se seraient acharnés à amoindrir, à réduire les femmes au plus bas niveau d'humanité possible en les dominant et en les asservissant démontrant ainsi un profond irrespect à leur égard. Chacune des femmes interrogées soulève la question du manque de respect qu'elles auraient vécu. Se référant plus particulièrement à la sphère sexuelle, elles regorgent d'exemples édifiants de dépréciation et de domination de la part des hommes. Le manque de respect vécu se traduirait autant par le non-respect des baisses de désirs, par la vitesse à laquelle aurait lieu la relation sexuelle, par les qualificatifs associés à la sexualité, que par l'obligation d'avoir une relation sexuelle.

C'est parce qu'il était pas capable de respecter mes baisses pis mes montées de désir tsé. (sic) (2-23)

C'est, c'est , c'est que... je sais pas. Ils, ils... je sais pas. Y'a comme un... c'est comme si ils se dépêchaient pour finir. (sic) (4-33)

Tsé c'est comme si c'était une corvée pour eux. (sic) (4-33)

Tout le monde là, t'es vache pis putain tsé. Moi je le sais que j'en suis pas une. C'est de te détériorer au complet. (sic) (5-49)

Fait que il respectait pas ça du tout, du tout. Il me manquait beaucoup de respect par rapport à ça. (sic) (2-23)

Racontant les lendemains de son accouchement, France relate qu'elle avait dû avoir recours à deux reprises aux points de suture après que son conjoint l'eut forcé à avoir une relation sexuelle: "Le docteur a été obligé de me refaire des points de suture. Ben ça, ça ne l'a pas arrêté. Fait que à partir de ce moment-là, j'ai..." (sic) (2-9)

Élaborant sur le sujet du respect, Line affirme que les hommes auraient de la difficulté à ce niveau. Elle l'explique par leur physiologie différente qui les obligerait à se soulager: "Comme j'ai dit lui est obligé de se soulager. Peut-être l'homme y'est plus euh... manque de respect un petit peu plus." (sic) (3-83) Pour elle, comme pour les autres sujets, le respect devrait naturellement exister: "Il faut que t'es plaisir avec l'autre aussi. C'est comme l'autre corps faut que tu le respectes [...] Il t'a pas forcée à faire des affaires." (sic) (3-51) N'ayant jamais vraiment été respectée, Myriam l'exigerait aujourd'hui: "C'est important. Je l'ai jamais eu. Je parle avant. J'ai jamais eu ça, fait qu'aujourd'hui, je l'exige pis c'est ça." (sic) (4-58) Elle se questionnerait sur la force que cela lui aurait demandé de vivre sans respect.

Je me le demande comment j'ai fait pour passer par là. Je me le demande aujourd'hui. C'est comme si je m'aurais réveillée... tsé dire... tsé "oh attends minute là Myriam". Tu y as droit au respect toi là. Y'a pas de supériorité pis d'infériorité là. On est tous égal. Tu as droit à ton respect. (sic) (4-59)

Libérées de leur relation de violence, elles réclameraient à grands cris le respect pour ce qu'elles sont. Ce respect qu'elles se doivent leur demanderait de ne plus être des objets sexuels passifs et impliquerait un retour à soi, à ses propres besoins et à ses propres envies. Il leur faudrait bien identifier leurs besoins et reprendre confiance en elles afin d'être en mesure d'exiger le respect d'elles-mêmes lors d'une future relation: "Pour moi, c'est... pis tant et aussi longtemps que je n'aurai pas ce que je veux vraiment, ça s'arrête là, c'est tout." (sic) (4-48) "Je suis toute seule. Ça fait un an que je fais le point avec moi-même. J'écris mon petit livre... (rires)" (sic) (2-67)

Même si le gars veut me ravoir, il n'en est pas question parce que je lui ai dit ce que je voulais. Je veux qu'il me parle doucement. Je veux ça. Tsé, je lui ai tout enchaîné. Y'a pas un affaire qui... no way. Ça s'arrête tout là. "Ben qu'est-ce qui arrive avec toi?" Laisse faire. Moi je me comprends. C'est ça ou c'est pas pantoute. Moi c'est comme ça. Pour moi, c'est une priorité. (sic) (4-48)

Il serait difficile de savoir ce qu'est le désir sexuel de la femme et pour elle d'y être en contact, lorsque la féminité amènerait la femme à se couper d'elle-même afin d'être un objet. Par son caractère répressif et oppressant, nous considérons que la féminité telle qu'elle serait exigée de la femme représenterait un lieu de contrôle social de l'homme sur la femme. Ce contrôle social s'exercerait sur la sexualité de la femme et par extension sur son désir sexuel, en le canalisant en fonction de la sexualité masculine. Ce que les femmes semblent revendiquer à travers leurs cris serait le droit à définir d'elles-mêmes leur identité, leur sexualité et leur désir sexuel.

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Auteur: Nathalie Tremblay

Article original sur http://www.ntic.qc.ca/~blaf/fr/theses/these_NT/index.html
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Cette étude porte sur le désir sexuel féminin. À l'aide d'écrits féministes, nous cherchons à analyser l'influence des facteurs sexistes sur le désir sexuel féminin. Ces facteurs particuliers agiraient de façon à entraver l'expression pleine et entière du désir sexuel de la femme
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